La dinomanie renaît grâce au Monde jurassique

Nous sommes en juin 1993 et je viens de terminer ma 5e année. Mon père m’amène voir Le Parc jurassique au cinéma en guise de récompense pour mon année scolaire. Je suis abasourdi par le réalisme des dinosaures à l’écran, si bien que je renverse mon maïs soufflé quand Tyrannosaurus rex déchire la clôture électrifiée. Je rentre ce soir-là et j’annonce à ma mère que je vais devenir paléontologue quand je serai grand.

Avançons maintenant 22 ans dans le temps, et Le Monde jurassique vient de sortir dans les cinémas. Or, malgré ses débuts fracassants aux guichets, nombre d’adeptes des dinosaures lui font la vie dure. En effet, il a été sévèrement critiqué pour ses nombreuses inexactitudes : des rapaces sans plumes, des mosasaures incroyablement gros et des dinosaures cornus galopants, entre autres maladresses. Ces critiques ne sont pas sans fondement; nous avons beaucoup appris sur les dinosaures depuis le film original, et ceux dépeints dans la dernière mouture ont l’air tristement dépassés. D’aucuns ont décrit Le Monde jurassique comme une occasion ratée de faire de la sensibilisation scientifique, et je pense qu’ils ont raison. Il n’y avait pas lieu d’omettre le plumage sur Vélociraptor à ce stade de la série. Pour le justifier dans l’intrigue, on aurait pu faire semblant de découvrir de l’ADN supplémentaire codant pour les plumes. Il n’est pas nécessaire de sacrifier la continuité pour préserver l’exactitude scientifique.

En même temps, la dinomanie qui accompagne inévitablement les films « jurassiques » présente une occasion en or de faire de la sensibilisation scientifique; Le Monde jurassique est une occasion ratée si nous la laissons filer. Le film original a été démoli de la même façon par les puristes parce qu’on y voit un Dilophosaurus crachotant, un Vélociraptor géant et un Tyrannosaurus rex qui fait trembler la terre. Et pourtant, malgré ces inexactitudes, il a inspiré une génération de jeunes paléontologues, dont moi-même. L’émerveillement de voir des dinosaures vivants à l’écran était suffisant pour qu’on prenne d’assaut les bibliothèques et les musées (c’était l’époque avant l’internet) pour en apprendre davantage sur leur compte. Le nouveau Monde jurassique est sûrement assez captivant pour en faire de même. Vous voulez en savoir plus sur ces fascinants rapaces, mosasaures et dinosaures cornus que vous venez de voir sur le grand écran? Rendez-vous à la galerie des fossiles du Musée canadien de la nature et voyez-les pour vous-même!

Pour ce que ça vaut, j’ai bien aimé le nouveau film. Les effets spéciaux étaient réussis et le fan service a vraiment frappé dans le mille. Je pense qu’on y soulève d’intéressants enjeux moraux concernant le génie génétique et les droits des animaux qui auraient pu être approfondis davantage, mais cela alimentera tout de même les discussions autour du refroidisseur d’eau. J’ai particulièrement hâte de discuter avec les jeunes paléontologues en devenir à propos de leurs scènes préférées du film. Je vous attends cet été au musée!

Suivez Jordan et ses travaux sur le terrain sur Twitter @Jordan_Mallon.

Texte traduit de l’anglais.

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