Les Jardins des paysages du Canada

En 2010, l’Édifice commémoratif Victoria – le château du centre-ville du Musée canadien de la nature – a ouvert avec pompe après six ans de rénovations et de renouvellement. Pour la plupart des gens, les festivités qui ont accompagné la réouverture marquaient l’achèvement de ce grand projet et le dévoilement du musée national d’histoire naturelle dans son entièreté et sa nouveauté. Mais pour certains d’entre nous en coulisse, le projet de renouvellement du Musée ne se terminerait qu’avec l’inauguration de la galerie botanique extérieure (Jardins des paysages du Canada) qui se déroulera plus tard cette année.

Carte illustrant les zones des jardins.

Plan des Jardins des paysages du Canada sur le terrain ouest du musée. Image : © Musée canadien de la nature

Unique en son genre dans la région de la capitale nationale, ce jardin transformera l’actuelle pelouse ouest du Musée en petites parcelles de paysages canadiens : la toundra arctique, la prairie pleine de couleurs et la luxuriante forêt boréale. Offrant des aires de jeu, d’exploration et de relaxation, ce jardin saura séduire les visiteurs du Musée et la population d’Ottawa en général.

Ma participation à ce projet remonte à 2011, alors qu’on confiait à l’équipe de botanique la tâche de dresser une liste de plantes indigènes qui illustreraient le Canada dans son ensemble tout en représentant l’ampleur de nos recherches et de nos collections. Au fil du temps, on a réduit le nombre d’espèces et d’idées émanant de ces réunions pour se concentrer sur trois écosystèmes du pays : la toundra arctique, la forêt boréale et la prairie.

Collage de trois espèces de plantes.

La zone de la toundra arctique mettra en évidence des espèces que rencontrent souvent les équipes de chercheurs du Musée dans le Grand Nord. On les a aussi choisies en fonction de leur capacité à prospérer à Ottawa. Elles comprennent le carex miliaire (Carex saxatilis – en haut à gauche), la camarine noire (Empetrum nigrum – en haut à droite), et le bouleau glanduleux (Betula glandulosa – en bas). Images : Roger Bull, Paul Sokoloff, Jeff Saarela © Musée canadien de la nature

La zone arctique, qui nous est aussi chère que familière, sera une des parcelles les plus difficiles à mettre en place avec succès. Les plantes arctiques sont très bien adaptées à leur environnement; souvent, elles possèdent des poils isolants et poussent au ras du sol où l’air est le plus chaud. Ces caractéristiques peuvent menacer leur survie lorsqu’on les transplante dans des milieux plus chauds. Pour surmonter ces difficultés, nous avons collaboré avec l’entreprise CSW (site en anglais seulement), dont les architectes paysagers ont dessiné le jardin et choisi les cultivars de plantes arctiques poussant bien au sud ou croissant à la fois dans les régions arctiques et subarctiques du Canada. Ce petit coin d’Arctique à Ottawa vaut bien le soin supplémentaire que ces plantes nécessitent.

Collage de trois espèces de plantes.

La zone de forêt boréale sur la frange sud du jardin offrira des aires naturelles de jeu et d’exploration. Les visiteurs y découvriront diverses espèces comme le thé du Labrador (Rhododendron groenlandicum – en haut à gauche), la matteucie fougère-à-l’autruche (Matteuccia struthiopteris – en bas à gauche) et l’épinette blanche (Picea glauca – à droite).
Images : Wouter Hagens © Wouter Hagens (licence CC BY-SA 3.0), Andrey Korzun © Andrey Korzun (licence CC BY-SA 3.0), Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

La région de la forêt boréale, des deux côtés de la frange sud du jardin, mettra en vedette les grands conifères, comme les mélèzes, les épinettes et les pins, qui constituent des symboles identitaires de bien des endroits au Canada. Sous leurs branches, un sentier de billots serpentera entre les troncs et les fougères-à-l’autruche, offrant aux visiteurs l’occasion d’explorer et de s’amuser.

Collage de trois espèces de plantes.

La zone de prairie herbeuse dans le centre du jardin constituera, pour les visiteurs et pour les pollinisateurs, un refuge tranquille où pousseront le barbon de Gérard (Andropogon gerardii – à gauche), l’asclépiade incarnate (Asclepias incarnata – en haut à droite) et la rudbeckie hérissée (Rudbeckia hirta – en bas à droite).
Images : Matt Lavin © Matt Lavin (licence CC BY-SA 2.0), Paul Sokoloff, Emma Lehmberg © Musée canadien de la nature

Au beau milieu du jardin, la prairie herbeuse, conçue en collaboration avec le Living Prairie Museum (site en anglais seulement) du Manitoba, procurera une aire colorée propice à la contemplation. Avec le château en arrière-plan, cette troisième zone se compose d’une myriade de graminées et de fleurs, notamment des herbes hautes et courtes typiques de ces écosystèmes et des fleurs sauvages, qui viendront égayer de leurs couleurs l’angle des rues O’Connor et McLeod pendant le printemps, l’été et l’automne.

Les travaux d’aménagement des Jardins des paysages du Canada débuteront cet été. Comme dans le cas de tous les jardins, il faudra attendre plusieurs mois pour qu’ils atteignent leur plein potentiel, mais l’attente en vaudra la peine. Nous nous réjouissons à l’idée de partager avec les visiteurs et les voisins du Musée cette petite parcelle de botanique du Canada.

Texte traduit de l’anglais.

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