La nature sous toutes ses coutures

La dernière exposition du Musée canadien de la nature propose une incursion audacieuse à l’intérieur même du corps des animaux. Nommée plastination, cette technique permet d’obtenir des spécimens durables, artistiques et attrayants. Les visiteurs curieux peuvent examiner de près différents systèmes biologiques et les comparer d’une espèce à l’autre.

Avant l’invention de cette méthode, les scientifiques ont, pendant des siècles, disséqué des plantes et des animaux en vue de comparer leurs caractéristiques anatomiques et de répondre à leurs interrogations. En plus de nous renseigner sur les divers modes de vie des animaux, la comparaison des traits physiques représente le fondement de la taxonomie, c’est-à-dire l’appellation et la classification des espèces. L’anatomie comparative est le principal outil de la découverte des espèces.

Plusieurs squelettes entassés dans une pièce.

Partie de la collection des squelettes conservée à la Galerie d’Anatomie comparée du Muséum national d’histoire naturelle de Paris. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

La taille d’un élément anatomique (par exemple la longueur d’une mâchoire) ou le nombre de certaines parties (comme le nombre de rayons dans la nageoire d’un poisson) comptent parmi les caractéristiques permettant d’identifier les espèces.

Parfois, les scientifiques doivent creuser davantage pour découvrir des marqueurs d’identité. Les chercheurs s’intéressant aux insectes, par exemple, doivent souvent procéder à une dissection et étudier la forme du système reproducteur pour identifier une espèce. Dans la plupart des cas, il faut repérer une longue liste de caractéristiques pour établir un diagnostic fiable.

Illustration de quatre portions de squelettes : bras humain, patte de chien, aile d’oiseau et nageoire de baleine.

Une comparaison des membres supérieurs de vertébrés. Les structures similaires sont de même couleur. Image : Volkov Vladislav Petrovich © Volkov Vladislav Petrovich (licence: CC BY-SA 4.0)

Une chose dont conviennent tous les biologistes, c’est que les formes de vie comportent une énorme variabilité. Pour bien comprendre les variations de chaque espèce, il importe de disposer d’une vaste collection constituée sur une longue période de temps et sur une aire géographique étendue. On peut ainsi apprécier la variété des formes et des tailles, les différences entre mâles et femelles et les façons dont chaque espèce répond aux conditions de son environnement.

Collage : Dessins de deux poisons.

Saumons sockeyes adultes males, Oncorhynchus nerka. À gauche, lorsqu’il vit dans l’océan. À droite, lorsqu’il retourne en eau douce pour se reproduire. Images : Jmabel, gouvernement des É.-U., et Timothy Knepp, Fish and Wildlife Service, É.-U. © Domaine public

Depuis peu, les chercheurs ont à leur disposition de nouveaux outils qui facilitent la tâche délicate d’identification des espèces. L’analyse du matériel génétique comme l’ADN (acide désoxyribonucléique) se révèle rapide et efficace pour distinguer et comparer des espèces. Les techniques moléculaires sont particulièrement utiles pour comparer des espèces étroitement apparentées qui sont difficiles, voire impossibles, à distinguer à partir des seuls éléments anatomiques. On s’en sert aussi pour les espèces au stade larval, plus dures à identifier que les formes adultes. En raison de ces nouveaux outils et techniques, les musées préservent des tissus et du matériel génétique à des fins de recherche future en plus de conserver les plants et les animaux complets.

Collage de deux espèces de plantes.

Deux espèces de graminées de l’Arctique qu’il est difficile de distinguer par leur seul aspect (à gauche, Puccinellia banksiensis, à droite P. phryganodes). Les scientifiques du Musée ont établi une méthode faisant appel à l’ADN pour reconnaître des centaines de plantes arctiques (lire l’article, en anglais seulement). Images : Roger Bull © Musée canadien de la nature

Les collections d’histoire naturelle se constituent grâce aux collectes sur le terrain et aux échanges avec un vaste réseau de collaborateurs. Les programmes de découverte des espèces élaborés par les musées comprennent la préservation et la mise à disposition des spécimens et des données à des fins scientifiques aujourd’hui et pour l’avenir. Le Musée canadien de la nature a tissé des liens de collaboration scientifique avec l’Alliance des musées d’histoire naturelle du Canada, avec l’Alliance of Natural History Museums of the Arctic ainsi qu’avec des collègues issus d’universités, de laboratoires gouvernementaux et d’autres musées du monde entier. Dans notre passionnante aventure de découverte des espèces, nous examinons la nature sous toutes ses coutures.

Radiographie de trois poissons.

Radiographies de trois espèces de cottidés, de haut en bas : cotte polaire, Cottunculus microps, chaboisseau à dix-huit épines, Myoxocephalus octodecemspinosis et chaboisseau à quatre cornes, M. quadricornis. À voir au Musée : Sous la surface : Radiographies des poissons arctiques. Images : Noel Alfonso, Roger Bull © Musée canadien de la nature

Texte traduit de l’anglais.

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