Antarctique : une chercheuse d’exception

Le travail de chercheur au Musée canadien de la nature comporte de nombreuses facettes : découvrir la nature, publier les fruits des recherches, superviser des étudiants, faire affaire avec les médias, effectuer des évaluations à titre de pair et ainsi de suite. Il s’agit d’une carrière gratifiante aux tâches multiples.

Une personne au bas d’un immense iceberg.

Iceberg prisonnier de la banquise dans la mer de Ross, en Antarctique. Image : Kathy Conlan © Musée canadien de la nature

Dans la catégorie « évaluation par les pairs », j’ai récemment eu l’honneur de faire partie du comité de sélection du prestigieux prix Martha T. Muse Prize for Science and Policy in Antarctica (en anglais seulement). Accompagnée d’une bourse de 100 000 $ É.-U. financée par la fondation Tinker, cette récompense est le legs de l’Année polaire internationale (en anglais seulement). Elle s’adresse aux scientifiques à la mi-carrière. L’usage des fonds demeure à l’entière discrétion du lauréat : aider des étudiants, aller en Antarctique, réaliser un atelier ou payer une hypothèque.

Iceberg sous l’eau.

Le même iceberg vu de dessous. En tombant dans l’eau, les blocs que transporte l’iceberg dans sa glace permettent de reconstituer son mouvement. Image : Kathy Conlan © Musée canadien de la nature

Nous étions six jurés provenant de divers horizons et avions douze éminents candidats à évaluer. Chacun d’entre eux avait été nommé par un pair qui avait constitué un dossier complet de sa carrière et joint des lettres d’appui provenant d’autres scientifiques. Il a été extraordinairement ardu d’élire le gagnant parmi des chercheurs aux carrières aussi brillantes les unes que les autres et aux évaluations si flatteuses. Le comité scientifique de la recherche en Antarctique (en anglais seulement) qui administre le prix nous a aidés dans notre tâche.

Après de longues délibérations, notre choix s’est posé sur Valérie Masson-Delmotte, Ph. D., une scientifique française qui s’est consacrée à l’étude des changements climatiques anciens en Antarctique et de leur capacité à prédire les climats futurs localement et à l’échelle de la planète.

Photo d’une femme devant un paysage de glace et de neige.

Valérie Masson-Delmotte, Ph. D., lauréate du prix Martha T. Muse 2015. Image : Marc Delmotte © Marc Delmotte

Valérie Masson-Delmotte a étudié les carottes de glace et utilisé divers indices, comme les changements des isotopes stables, pour déterminer l’état du climat et ses variations. Ses travaux ont conduit à des découvertes remarquables. Ils ont notamment révélé que la dernière déglaciation en Antarctique s’est accompagnée d’une hausse des niveaux de dioxyde de carbone dans l’atmosphère, comme cela se produit aujourd’hui. Valérie Masson-Delmotte est une éminente chercheuse dans son domaine, elle supervise de nombreux étudiants, donne des conférences très prisées du public et rédige des livres scolaires pour enfants. Scientifique de renom en France, elle a obtenu en 2013 le prix Irène Joliot-Curie de « femme de science de l’année ».
Ce fut un honneur de faire partie du jury et de contribuer ainsi au rayonnement du Musée canadien de la nature. Félicitations à Valérie Masson-Delmotte!

Texte traduit de l’anglais.

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