Plantes, fossiles, récits et plus : L’expédition dans l’Arctique 2015 Students on Ice

de Paul Sokoloff et Kieran Shepherd

Le Musée canadien de la nature est partenaire de Students On Ice (SOI) depuis la toute première expédition dans le Nord il y a 15 ans. Les spécialistes du Musée participent à cette expérience éducative à titre d’éducateurs, de mentors, d’assistants et même parfois de gardiens d’ours.

Collage : Trois personnes. Village aux maisons multicolores.

En haut, l’équipe du Musée canadien de la nature lors de l’expédition dans l’Arctique Students On Ice 2015 : Paul Sokoloff (à gauche), assistant de recherche en botanique, Ailsa Barry (au centre), vice-présidente, Expérience et engagement, et Kieran Shepherd (à droite), conservateur de paléobiologie. Cette 15e croisière s’est effectuée dans le passage du Nord-Ouest de Kangerlussauq au Groenland à Resolute au Nunavut. En bas, des élèves se promenant à Sisimiut, la deuxième plus grande collectivité du Groenland et la troisième escale de l’expédition. Images : Martin Lipman © Martin Lipman, Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Bien que le départ ait eu lieu à Ottawa, où près de 200 élèves et le personnel ont lié connaissance, l’expédition en tant que telle n’a vraiment commencé qu’une fois à bord de l’Ocean Endeavour.

Collage : Fleurs mauves, ainsi qu’une espèce de fleurs jaunes et bourgogne.

Parmi la flamboyante flore du Groenland figurent la campanule à feuilles rondes (Campanula rotundifolia, à gauche) et la pédiculaire flammée (Pedicularis flammea, à droite). Images : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Paul : Chaque magnifique journée dans l’Arctique commençait avec une triade de notes joyeuses suivie de la voix mélodieuse de Geoff Green, fondateur de SOI et chef de l’expédition, qui souhaitait le bonjour à l’équipe.

Plusieurs personnes dans un canot pneumatique devant un iceberg.

Les membres de l’expédition circulent en canot pneumatique parmi les icebergs du glacier Jakobshavn (aussi appelé Sermeq Kujalleq) près d’Ilulissat, dans l’ouest du Groenland. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Paul : Après la réunion matinale, les élèves pouvaient rester à bord et suivre un atelier sur le sujet qui les intéressait. Ailsa Barry dirigeait des ateliers sur l’art de raconter une histoire par voie numérique, tandis que Kieran Shepherd, Lucie Metras – une bénévole du Musée en botanique – et moi-même étions souvent dans le laboratoire. Toutefois, quand nous jetions l’ancre près d’un rivage digne d’intérêt (et qu’aucun ours blanc ne nous barrait le passage), nous sautions dans les canots pneumatiques pour accoster.

Glaces flottant sur un vaste cours d’eau devant un paysage dénudé et montagneux.

En regardant attentivement, vous percevrez un ours blanc en train de nager parmi les glaces de l’inlet Navy Board, entre les îles Baffin et Bylot au Nunavut. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

De fait, les moments les plus intéressants de l’expédition sont souvent survenus à terre, où nous avons interprété l’environnement arctique d’hier et d’aujourd’hui.

Personnes marchant dans les herbes basses près d’un cours d’eau.

Kieran Shepherd emmène les élèves à la recherche de fossiles sur l’île Bylot, au Nunavut. Image : Martin Lipman © Martin Lipman

Paul : J’ai beaucoup aimé le caractère interactif de mes ateliers de botanique. Quand peut-on chercher des plantes arctiques tout en écoutant le personnel et les élèves du Nord nous faire part de leur savoir et de leurs points de vue et en grignotant des feuilles d’oxyrie de montagne (Qungulit – Oxyria digyna).

Le biologiste du Musée, Paul Sokoloff explique l’importance de l’expédition et de la recherche en Arctique pour l’avancement de la science et pour l’avenir des jeunes (en anglais seulement). Vidéo : © Student on Ice Foundation

Kieran : J’ai dirigé des ateliers sur la prospection de fossiles, dont l’un des meilleurs est attribuable au hasard.

Nous avions en effet accosté à un endroit où il était inutile de chercher des fossiles. J’ai donc décidé de faire un atelier sur « l’ologie ». Ce travail de groupe consistait à dresser la liste de toutes les disciplines scientifiques qui peuvent intervenir dans l’étude de la région. À la fin, nous avons identifié la minéralogie, la bryologie (mousses), la lichénologie (lichens), l’archéologie, la paléontologie, la zoologie et l’ostéologie (os). La zoologie, la botanique et la géologie de l’Arctique sont très particulières.

Collage : Quatre habitations de bois au milieu d’un paysage dénudé. Un homme regarde un fossile avec une loupe.

En bas, l’avant-poste abandonné de la Gendarmerie royale dresse sa silhouette fantomatique à l’entrée orientale du passage du Nord-Ouest. En haut, Kieran Shepherd examine un fossile de plage sur les côtes de l’île Beechey, au Nunavut. Images : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature, Martin Lipman © Martin Lipman

Paul : L’atelier de Kieran Shepherd sur « l’ologie » a eu un grand succès et a mis en lumière les innombrables liens interdisciplinaires que rendait possibles l’expédition. L’atelier d’Ailsa Barry sur l’art de raconter une histoire par voie numérique a été également très apprécié : quel meilleur moyen de faire connaître cette expédition qu’un fascinant récit (en anglais seulement) croqué sur le vif!

Collage : Mousse poussant sous et à côté d’os.

Les os fournissent nutriments et abri aux petites communautés de mousses qui ne pourraient autrement subsister dans ce désert polaire hostile. Image : Kieran Shepherd © Musée canadien de la nature

Pour nous, un des champs d’intérêt de cette expédition était la rencontre de nos compagnons de voyage. Nous espérons avoir suscité au moins une vocation scientifique (on se croise les doigts). Chose certaine, nous savons que le Nord connaîtra un avenir enviable si ces jeunes esprits inspirés deviennent la force motrice du changement, et ce, quel que soit le domaine qu’ils choisissent.

Collage : Groupe de personnes près de ruines, un bateau est en arrière-plan et plan rapproché de fossiles.

La dernière de nos principales escales s’est effectuée à l’île Beechey. Les élèves ont pu s’immerger dans l’histoire de l’Arctique avec les ruines de la maison Northumberland datant de l’expédition de Franklin (à gauche) et avec les fossiles de coraux (à droite) qui, eux, témoignent d’une ère plus ancienne, celle de l’Ordovicien alors que l’île se trouvait sous les eaux. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Texte traduit de l’anglais.

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