À la découverte de Sir John Franklin, hier et aujourd’hui

Le Musée canadien de la nature est le dépôt officiellement désigné des objets archéologiques récupérés du Nunavut. En tant que directeur de la collection archéologique en croissance, j’ai très hâte d’assister à la conférence le 8 octobre 2015 qui sera donnée au musée par l’archéologue sous-marin Ryan Harris. Il était membre de l’équipe de Parcs Canada qui a localisé les vestiges de l’HMS Erebus au fond de la baie de la Reine-Maud dans l’Arctique canadien en septembre 2014. Caitlyn Baikie, une jeune Inuite qui était de l’expédition, y participera également.

Une douzaine de photographies anciennes dans une vitrine.

Des photographies de certains des officiers de l’expédition de Franklin de 1845. Celles-ci sont des reproductions de daguerréotypes prises à Londres juste avant le départ.
La photo de Sir John Franklin est en haut à gauche. L’homme à sa droite est James Fitzjames, le capitaine de l’HMS Erebus. Les photos ont été exposées au Polar Museum. Image : Greg Huyer © Greg Huyer

L’Erebus était le navire-porte-étendard de la légendaire expédition de Sir John Franklin de 1845 pour trouver le passage du Nord-Ouest, et un des deux vaisseaux perdus dans la glace et le froid de l’Arctique avec tout leur équipage.

Un biscuit et une boîte métallique dans une vitrine.

Des équipes à la recherche de Franklin et ses hommes laissaient souvent derrière eux des réserves de nourriture et de fournitures, dans l’espoir que des survivants passeront par là.
Le Polar Museum possède un certain nombre d’exemples de telles fournitures, dont un biscuit de mer qu’on voit ci-dessus portant l’estampille du phéon (large flèche) de la Marine royale et qui a été laissé sur l’île Somerset en 1848 par Sir James Clark Ross.
La boîte ci-dessus contient du pemmican, un mélange de bœuf séché et de lard, préparé pour l’expédition britannique terrestre de 1847 – 1849 à la recherche de Franklin. Image : Greg Huyer © Greg Huyer

Dans mon excitation d’en savoir davantage sur les efforts du gouvernement du Canada de récupérer des objets de l’Erebus et sur les recherches en cours pour trouver son navire-frère, l’HMS Terror, j’ai eu l’idée de partager quelques photos et des réflexions tirées de ma récente visite dans quelques musées britanniques où des expositions racontent l’histoire de Franklin et son dernier voyage en Arctique.

Pendant mon séjour en Angleterre en septembre dernier pour assister à une conférence, j’ai eu l’occasion de visiter le National Maritime Museum, dans le bourg londonien de Greenwich, et le Polar Museum du Scott Polar Research Institute à Cambridge. Ces institutions possèdent d’importantes collections de documents, de matériel et de photographies concernant Sir John Franklin et ses voyages en Arctique (il avait visité l’Arctique trois fois avant l’expédition de 1845, dont deux fois en territoire arctique canadien), et les objets en montre ont provoqué chez moi une réflexion personnelle sur l’impact culturel et historique du dernier périple fatal de Franklin.

Un outil en métal et en bois.

Un couteau à neige inuit construit de matériaux récupérés de l’Erebus ou du Terror après leur abandon. Le manche est formé d’une patte de chaise. Image : Greg Huyer © Greg Huyer

Deux figurines en porcelaine.

Des figures décoratives de Sir John et Lady Franklin au National Maritime Museum. Image : Greg Huyer © Greg Huyer

Au National Maritime Museum, j’ai eu la déception d’apprendre que l’ancienne Galerie des explorateurs, qui contenait une section entière consacrée à Franklin, venait tout juste d’être fermée de façon permanente. Une vitrine dans un hall près de l’entrée principale, toutefois, conservait une petite collection d’objets en montre concernant Franklin. Ces artefacts étaient intégrés dans une exposition dont le thème était l’émotion, en particulier les émotions qu’on pourrait ressentir en évoquant l’histoire maritime et l’exploration des océans. Les objets de l’expédition Franklin avaient été choisis pour représenter l’amour – sans doute pas l’émotion qu’on évoque d’emblée en pensant à l’expédition infortunée de Franklin, à mon avis…

Toutefois, la femme de Franklin, Lady Jane Franklin, a travaillé sans relâche afin de soutenir les efforts pour retrouver son mari disparu. C’est grâce à son dévouement, sa détermination et son espoir que l’histoire de Franklin a mérité sa place dans la vitrine en tant que représentation de l’amour.

Le drapeau encadré suspendu à un mur.

Ce drapeau a été brodé par Lady Jane Franklin et donné à l’une des missions de recherche envoyées dans l’Arctique canadien dans l’espoir de retrouver Sir John Franklin et son équipage vivants. C’est le dernier objet que l’on aperçoit en visitant l’exposition Franklin. Image : Greg Huyer © Greg Huyer

Cette catégorisation inattendue de l’expédition Franklin m’a incité à réfléchir aux nombreuses opinions et réactions suscitées par Franklin, un homme dont la vie, même à son époque, était remplie de contrastes.

Une médaille dans une vitrine.

John Franklin a été sacré chevalier commandeur de l’ordre royal des Guelfes. Le National Maritime Museum expose l’étoile décernée à Franklin en recevant son titre en 1836, qu’il a apportée lors de son voyage de 1845. La médaille a ensuite été récupérée auprès de chasseurs inuits qui l’avaient trouvée. Image : Greg Huyer © Greg Huyer

En tant que gouverneur de Van Diemen’s Land (aujourd’hui la Tasmanie), il était considéré sur le plan politique comme un piètre bureaucrate et chef. Pourtant, les gens de l’île respectaient l’homme et sa femme pour leur sens de la charité et leurs tentatives de réformer la gouvernance de la colonie pénitentiaire. Dans les années suivant sa disparition, bien des gens voyaient Franklin comme un symbole de bravoure et d’héroïsme, alors que d’autres voyaient sa vie comme une histoire d’orgueil et d’échec. Au 21e siècle, l’expédition finale de Franklin est souvent racontée à la manière d’un récit d’aventure et de mystère.

Pour moi, les diverses facettes de la vie de Sir John Franklin et le mythe culturel qui s’est érigé autour de lui incarnent tous à leur façon une partie du portrait.

Pourquoi ne pas venir nous voir le 8 octobre au musée pour découvrir les émotions et les réflexions que Franklin suscitera chez vous?

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