Échanger sur la nature à 15 000 km de distance

Si on vous demandait de donner une conférence à l’autre bout du monde, qu’en diriez-vous? Réponse simple : oui, c’est pour quand? Prendre contact avec n’importe qui partout à travers le monde est devenu un événement routinier souvent quotidien, grâce aux outils tels que Skype, WeChat et QQ international.

Les musées sont dans le domaine de l’éducation et toujours à l’affût de moyens pour atteindre leur public lointain et rapproché. Il y a quelques mois, on m’a demandé de donner une conférence sur l’empreinte écologique de la conservation, de la préservation et de la biodiversité à l’Universitas Tadulako, à Sulawesi en Indonésie. Il y avait toutefois un hic de taille : j’étais à 15 000 km de là et sans ressources pour m’y rendre.

Des adultes assis regardent un écran à l’avant d’une classe.

Grâce aux nouvelles technologies de communication, Skype dans ce cas particulier, j’ai pu donner une conférence et échanger avec une classe de l’Universitas Tadulako à Sulawesi, en Indonésie. La professeur Nilawati, assise à l’avant, a agi comme interprète. Image : © Universitas Tadulako, reproduite avec leur aimable permission

Après quelques discussions avec le doyen Tantu et le professeur Nilawati, il a été convenu que je donnerais la conférence à l’aide de Skype. En partant des réussites obtenues à tenir des réunions et de courtes présentations sur Skype dans toute l’Amérique du Nord et l’Europe, on se disait : pourquoi ne pas l’essayer en Indonésie? Certes, l’infrastructure internet indonésienne n’est pas aussi perfectionnée que celle en Amérique, mais on se disait qu’on pourrait tenter notre chance.

Ensuite, il a fallu discuter de l’horaire. Le cours de troisième année se donnait à 11 h tous les mercredis, ce qui équivalait à 23 h le mardi pour moi en Amérique du Nord. Pour commencer une conférence, en effet, ce pourrait être une heure intéressante… On est arrivé au compromis de commencer le cours deux heures plus tôt; la conférence débuterait donc pour moi à 21 h le mardi soir.

Collage : des adultes assis en rangées, des images sur un écran, un ordinateur sur une table.

Voici la classe avec laquelle j’ai pu discuter, ainsi que la vue qui était projetée à l’écran et ce que je voyais dans mon ordinateur. Images : © Universitas Tadulako, reproduite avec leur aimable permission; Paul Hamilton © Musée canadien de la nature

Le 6 mai, donc, à l’heure dite, une connexion Skype a été établie. Elle a fonctionné pendant deux minutes. C’était plutôt mal parti. Une nouvelle connexion a été établie qui a duré moins d’une minute. Je réfléchissais au nombre de tentatives ratées pour réunir 4 ou 5 personnes en conférence téléphonique au Canada…

Finalement, après quelques tentatives de plus, une bonne connexion a été établie. Après une brève introduction par le professeur Nilawati, la conférence a débuté. L’expérience de préparer une conférence sur Powerpoint pour des étudiants et la prononcer en parlant à mon écran d’ordinateur a été intéressante, même si je l’ai déjà faite avec un petit groupe. Je pouvais observer les étudiants dans une petite fenêtre dans le coin supérieur droit de mon écran, mais il y avait un décalage.

Une femme est debout, un micro à la main, devant un écran montrant plusieurs images.

Ma présentation Powerpoint à l’écran et la professeur Nilawti qui agissait au besoin comme interprète. Image : © Universitas Tadulako, reproduite avec leur aimable permission

La conférence s’est déroulée ainsi, parfois ponctuée de traductions en indonésien au besoin. J’ai défini les notions de protection et de conservation de l’environnement. Ces notions sont des concepts et mesures créés par l’homme. On distingue les catastrophes naturelles comme les feux, les séismes et les tsunamis de la « pollution » des perturbations humaines, qui font partie de nos initiatives de protection et de conservation. Tout au long de la conférence, les exemples de conservation que j’ai donnés étaient tirés d’activités de recherche au Musée canadien de la nature.

À la fin, il y a eu une longue discussion qui a duré une heure de plus. C’était de loin la partie la plus importante de l’événement. La possibilité d’échanger avec la classe par l’entremise d’internet était décisive. Deux doyens de l’université se sont joints à la classe à ce stade. Les thèmes variaient de l’importance de l’empreinte écologique humaine (y compris l’empreinte aquatique) à la manière dont on peut développer davantage les liens entre le Canada et l’Indonésie sur le plan de l’éducation. J’étais impressionné et à 0 h 30, j’ai terminé la conférence fin seul dans le laboratoire des algues à Ottawa.

L’importance de cette première connexion a été manifeste dans la couverture médiatique en Indonésie. C’était une première pour l’Universitas Tadulako et le Musée canadien de la nature. La couverture médiatique dans les journaux de la ville de Palu et de l’université montre l’importance que l’université attribue à l’événement : une initiative éducative en temps réel mettant en relation deux côtés opposés du globe! Espérons que nous pourrons développer de meilleures communications qui feront mondialement la différence.

Un collage de plusieurs articles de journaux.

Images : © Universitas Tadulako, reproduites avec leur aimable permission



Texte traduit de l’anglais.

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