Parlons de l’Arctique : les réflexions de directeurs de musée

En janvier, j’ai rencontré mes homologues de partout dans le monde à une rencontre annuelle de musées de l’Arctique à Washington, DC. C’était un tourbillon d’activités de 36 heures qui s’est avéré tout à la fois éclairant, productif, intéressant et inspirant.

Meg Beckel et trois collègues assis à une table.

Un déjeuner des puissances arctiques! Meg Beckel avec (de gauche à droite) Mark Brzezinski, directeur général, Comité directeur des États-Unis sur l’Arctique; Jan Olov Westerberg, directeur général, Musée d’histoire naturelle de Suède; Kirk Johnson, directeur, Musée Smithsonian d’histoire naturelle. Image : Meg Beckel © Musée canadien de la nature

Pour des directeurs à la tête d’importants musées, cette réunion est une des rares occasions qui nous permet de regarder au-delà de nos responsabilités quotidiennes accaparantes—l’administration, la collecte de fonds et la résolution de problèmes—pour envisager notre travail globalement. Nous avons mis l’accent sur la manière dont les musées agissent concrètement afin de contribuer à l’accroissement des connaissances et du dialogue sur l’évolution de l’environnement arctique.

Meg Beckel debout avec d’autres directeurs de musée.

Coucher de soleil et iceberg près du fjord Nachvak au Labrador. Image : Caroline Lanthier © Musée canadien de la nature

Heureusement que la réunion coïncidait avec l’événement Arctic Matters de la National Academy of Sciences et le symposium « Arctic Crashes » (site en anglais) du musée Smithsonian. Ces deux événements ont permis d’avoir un réel aperçu des dernières recherches et approches concernant la communication des résultats de recherches sur l’Arctique aux experts et au public.

Nous avons également confirmé notre présence à la réunion annuelle de l’Alliance des musées d’histoire naturelle s’intéressant à l’Arctique, qui aura lieu à Fairbanks en Alaska, du 13 au 15 mars, lors de la semaine du Sommet sur les sciences arctiques. (site en anglais). Notre alliance mettra l’accent sur le rehaussement de la visibilité de nos programmes de recherche respectifs au cours de la semaine et à d’autres forums sur la recherche arctique.

Des enfants traversent une carte géante de l’Arctique.

Cette carte au sol géante de l’Arctique a été réalisée par le Musée canadien de la nature et l’organisation Canadian Geographic. C’est un projet éducatif qui met à profit les recherches du musée pour enseigner l’histoire naturelle de l’Arctique canadien aux écoliers. Image : Jessica Finn © Canadian Geographic.

Nous allons également nous pencher sur la numérisation de nos collections pour en faciliter l’accès. De plus en plus de gouvernements adhèrent aux principes des données ouvertes et nous avons maintenant l’occasion de partager nos données de collection par l’intermédiaire de portails axés sur l’Arctique. Parmi ceux-ci on compte l’ArcticPortal de l’Université de l’Arctique, le Système mondial d’informations sur la biodiversité (SMIB) et l’Encylopédie de la Vie.

Logo du congrès mondial de 2016

Image : © UICN

Enfin, nous allons nous assurer que la préservation d’espèces arctiques est représentée au congrès mondial de L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature, qui aura lieu à Hawaii en septembre 2016.

Beaucoup de choses ont donc été accomplies. Mais après avoir passé 36 heures parmi mes collègues directeurs du Musée d’histoire naturelle de Suède et du Musée Smithsonian d’histoire naturelle, j’ai fait quelques prises de conscience :

  • Les musées d’histoire naturelle s’emploient vraiment à sauver le monde. Chaque jour, nous faisons la différence par notre apport en preuves scientifiques, en connaissances et en inspiration et je suis fière d’en faire partie.
  • Les musées d’histoire naturelle collectionnent les données de notre monde naturel (nos collections de spécimens), et ce, depuis des centaines d’années.
  • Les musées d’histoire naturelle sont une source de connaissances tirées de l’étude scientifique de ces données.
  • Enfin, nous sommes une source d’inspiration, celle d’explorer et de découvrir le monde naturel qui nous entoure et d’établir un lien avec celui-ci, dans l’espoir d’inspirer une compréhension et un respect à l’égard de la nature.
Un botaniste du musée, accroupi, recueille des plantes dans l’Arctique.

Le botaniste du Musée canadien de la nature, Jeff Saarela, Ph. D., collecte des plantes près de Cape Dorset au Nunavut à l’été 2015. Saarela est codirecteur d’un projet de recherche international pour documenter les plantes de l’Arctique canadien et du nord de l’Alaska. Image Roger Bull © Musée canadien de la nature.

Cela ressemble à une approche en trois volets. Élémentaire vous dites? En réalité, comme je l’ai constaté tout au long de ma carrière, cela devient simple une fois que vous vous attardez sur ce qui compte.

Meg Beckel debout avec d’autres directeurs de musée.

Meg Beckel avec (de gauche à droite) Jan Olov Westerberg, directeur général, Musée d’histoire naturelle de Suède; Kirk Johnson, directeur, Musée Smithsonian d’histoire naturelle et Mark Brzezinski, directeur général, Comité directeur des États-Unis sur l’Arctique (tenant une défense de narval!). Image: Meg Beckel © Musée canadien de la nature.

Ce qui compte vraiment est de comprendre notre monde naturel et apprendre à y vivre de façon équilibrée dès maintenant et dans l’avenir. C’est justement ce que font les musées d’histoire naturelle, au moyen de preuves, de connaissances et d’inspirations scientifiques. La manière de collecter les données dépend des types de collections que nous conservons et étudions. Les connaissances que nous créons et partageons dépendent de l’expertise des chercheurs que nous cumulons avec le temps. Notre façon d’inspirer les nombreux publics que nous touchons varie également selon le thème, l’endroit, la grandeur de l’espace, le financement, les partenaires et la structure de gouvernance.

Alors que je contemple l’année à venir et le travail en cours des scientifiques du Musée canadien de la nature, je suis confiante que nous allons continuer d’éclairer les débats sur le climat mondial et la biodiversité et galvaniser les collectivités à nous aider à devenir de véritables citoyens en marche vers un meilleur avenir naturel.

Texte traduit de l’anglais.

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