À la recherche de diatomées « urbaines » à Vancouver : Partie 1

En décembre 2015, mon épouse et moi avons pris l’avion pour Vancouver, en Colombie-Britannique, pour y passer Noël avec notre fille Sheila, qui y travaille. Notre fils David nous y a rejoints de Toronto. La dernière fois que nous nous sommes retrouvés à Vancouver tous ensemble remonte à avril 2004, alors que nous avions traversé le Canada en train depuis Ottawa. Cette fois, nous avons fêté Noël, visité l’aquarium de Vancouver et assisté à une partie de hockey : les Canucks contre les Oilers d’Edmonton. Comme on s’y attendait, le temps était assez doux et pluvieux.

Vue de Vancouver et de False Creek.

Une magnifique vue de Vancouver et de False Creek, à partir de notre hôtel sur Broadway Ouest. Image : Joe Holmes © Joe Holmes

Collecte de diatomées et recherche

Ce voyage était aussi une occasion pour moi, à titre de bénévole pour Paul Hamilton, au laboratoire de diatomées (Gatineau, Québec) du Musée canadien de la nature, de collecter des échantillons de diatomées « urbaines » dans les eaux douces de lacs, d’étangs et de cours d’eau de la région de Vancouver.

Les diatomées sont des algues unicellulaires microscopiques enveloppées d’une coquille de silice. Il en existe un éventail de formes et de tailles allant d’environ 5 à 100 microns (1 micron = un millionième de mètre). Les diatomées sont présentes dans tous les plans d’eau, des tropiques aux régions polaires. Situées au bas de la chaîne alimentaire, elles convertissent la lumière solaire en énergie et le CO2, en oxygène. Leur corps plein d’énergie est une source alimentaire de premier ordre pour les petites créatures qui, à leur tour, sont les proies d’animaux plus gros et ainsi de suite en remontant la chaîne alimentaire.

Les diatomées sont très importantes pour les scientifiques qui étudient les changements climatiques, l’évolution, la qualité de l’eau et l’environnement. Le Musée possède une vaste collection de nombreuses espèces provenant de toutes les parties du monde. Paul Hamilton s’intéresse notamment à une espèce de l’Ouest canadien en forme de « S » appelée Gyrosigma. Mes efforts ont été couronnés de succès. Parmi les 20 échantillons collectés dans la région de Vancouver, quelques-uns contenaient la très prisée Gyrosigma. Je prélève les échantillons en aspirant les boues riches en diatomées à l’aide d’une poire à jus. De retour au labo, ces échantillons sont préparés sous lamelles, photographiés, analysés et ajoutés à la collection du Musée.

Laboratoire d’ADN de Gatineau.

Le laboratoire d’ADN de Gatineau, au Québec, où sont analysées les diatomées. Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Nous aimerions retourner en Colombie-Britannique pour obtenir des échantillons vivants à des fins d’analyse d’ADN. Le Musée dispose d’un laboratoire consacré aux analyses génétiques. Une fois collectées, les diatomées vivantes ne survivent que de 3 à 7 jours. Si le voyage dure une semaine ou plus, il faut envoyer les échantillons à Gatineau, où on peut prolonger leur temps de survie (dans la ferme de diatomées de Paul Hamilton). Comme de nombreuses espèces de diatomées se ressemblent, il sera aussi intéressant de comparer les espèces de la Colombie-Britannique à celles d’autres régions d’Amérique du Nord ou du monde (notamment avec celles d’Irlande, où j’ai collecté des échantillons en septembre dernier. Voir mon blogue Mes diatomées irlandaises : des sites fructueux aux quatre coins de l’île).

Mes enfants m’ont aidé avec enthousiasme à recueillir des échantillons dans les alentours. La veille de Noël, Sheila nous a conduits dans l’après-midi, David et moi, à divers endroits propices : le fleuve Fraser, Vancouver West Side, le parc Stanley et West Vancouver. Nous avons tous apprécié l’expérience. Mes enfants s’empressaient de m’aider, surtout lorsqu’ils craignaient que je tombe en récupérant les échantillons. Voici quelques exemples de lieux intéressants où j’ai prélevé des diatomées, seul ou avec mes enfants, et de nos trouvailles.

Fleuve Fraser

Nous avons d’abord collecté deux échantillons au parc Fraser River. À cet endroit se trouve un bras du delta du fleuve où se mélangent eau douce et eau salée. Les diatomées étaient intéressantes mais essentiellement marines. Quelques espèces marines du genre Gyrosigma figuraient dans ces échantillons. Pour avoir de l’eau douce à 100 %, il faut remonter le Fraser jusqu’à Mission, mais nous n’avons pas eu le temps de le faire. Ce sera pour une autre fois. Mais à part les échantillons du Fraser, tous les autres provenaient d’eau douce.

Collage : Un homme devant une rivière glacée et une diatomée.

Joe Holmes devant un bras du fleuve dans le parc Fraser River. Ici, on trouve un mélange d’eau douce et d’eau salée. Même si je cherchais en priorité des diatomées d’eau douce, cette espèce marine, Stephanopyxis corona (dimension : 32 μm), était très intéressante avec sa structure en nid d’abeille semblable à un œil de mouche. Images : Sheila Holmes © Joe Holmes, Joe Holmes © Musée canadien de la nature

West Side

Dans la région du West Side, nous avons collecté des échantillons au lac du parc Jericho Beach. Un autre jour, j’en ai recueilli dans les étangs le long du sentier Island Park Walk près de False Creek. Ci-dessous des photos prises au parc Vanier et à un étang appelé The Lagoons et les diatomées qu’on y a trouvées. On a récolté d’autres échantillons aux étangs Charleson et Sutcliffe.

Collage : Canards sur un lac et une diatomée.

Lac au parc Jericho Beach. La diatomée qu’on y a trouvée est une Nitzschia brevissima (dimension : 32 μm). Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Collage : Un cours d’eau et une diatomée.

Près du Musée maritime de Vancouver, une vue sur les eaux calmes de l’étang du parc Vanier, avec au loin la sculpture représentant les portes du passage du Nord-Ouest. J’y ai trouvé cette grosse diatomée, Pinnularia neomajor (dimension : 170 μm). Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Collage : Lagune bordant des résidences et une diatomée.

Le long de False Creek, l’étang The Lagoons et un banc public près de l’île Granville. Un échantillon prélevé près du banc a donné d’intéressants spécimens, comme Epithemia adnata (dimension : 90 μm). Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Texte traduit de l’anglais.

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3 commentaires pour À la recherche de diatomées « urbaines » à Vancouver : Partie 1

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