Bioblitz, un rendez-vous pour les passionnés de nature

Le samedi 11 juin à 10 h commence une autre fin de semaine Ontario Bioblitz (site en anglais) : les exposants montent leurs kiosques, les bénévoles procèdent à l’inscription et des affiches plantées sur le site attirent les participants passionnés de plantes, d’insectes, de poissons, de lichens et de toutes sortes de créatures.

Un regroupement de plusieurs dizaines de personnes debout.

Dans leur t-shirt bleu officiel, les participants au Bioblitz (réunis ici pour la cérémonie d’ouverture) sont facilement reconnaissables lorsqu’ils travaillent dans le bassin versant. Image : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature

Leur but cette année est de compter autant d’espèces que possible dans 10 sites du bassin de la rivière Credit – géré principalement par la Credit Valley Conservation (site en anglais) – en 24 heures.

Carte du bassin de la rivière.

Le bassin de la rivière s’étend de la région d’Orangeville jusqu’au lac Ontario, en passant par Mississauga. Image : © Ontario BioBlitz 2016

Ces fous de la nature étudiant avidement leurs cartes interrompaient volontiers leur travail pour accueillir les visiteurs. Même s’ils partageaient la même affiche qu’une horde de 50 botanistes s’intéressant aux fleurs, aux arbres et aux fougères, les quatre* membres de l’équipe des bryophytes (mousses et hépatiques) ont réussi à se rassembler.

Une pancarte sur laquelle il est écrit : Plantes & bryophytes.

Les affiches disséminées sur le site Bioblitz aident les naturalistes à trouver leur domaine d’intérêt. Image : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature

Puis ce fut le coup d’envoi : une mer de t-shirts bleus dominée par un essaim de caméras drones. Et puis les gens se sont éparpillés.

L’équipe des bryophytes, qui s’était approchée discrètement de l’auto pendant les discours, a quitté précipitamment le quartier général pour son premier site. Une fois qu’on est dans la nature, loin des autos, notre attention est tout entière accaparée par notre chasse et tout ralentit.

Un homme assis par terre écrit sur un sac de papier.

Allan Aubin, un bryologue de Simcoe, fait une inscription sur un sac de collecte juste quelques minutes après le lancement du blitz. Image : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature

Ceux qui étudient les mousses sont vivement critiqués pour leur lenteur, mais quand il pousse une dizaine d’espèces sur un seul morceau de bois, il est impossible de se déplacer vite tout en les remarquant tous (et si vous pensez que nous sommes lents, attendez de voir les lichénologues).

Nous avions une mission bien précise : il y a 60-120 ans, ce bassin de la Credit a abrité des espèces rares, selon les spécimens des collections comme l’Herbier national du Canada.

Collage de deux étiquettes identifiant des spécimens.

Deux étiquettes de nos spécimens d’herbier datant de 1892 (en haut) et de 1941 (en bas). Images : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature

La présence aujourd’hui de ces espèces rares peut nous renseigner énormément sur la façon dont leur écosystème réagit aux changements de paysages et aider les spécialistes de la conservation à mieux connaître les ressources qu’ils gèrent. Avec cela en tête, nous sommes très vigilants. Leanne Wallis, biologiste à la Credit Valley Conservation et membre de l’équipe des mousses du Bioblitz, nous a fourni des renseignements historiques (où les botanistes en provenance de Toronto pouvaient-ils bien descendre du train en 1941?), des listes d’espèces connues dans la région et une fourchette de sites prometteurs.

Une femme assise par terre dans la forêt.

Leanne Wallis, biologiste à la Credit Valley Conservation, connaît le bassin et ses espèces comme sa poche! Image : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature

L’échéance est le dimanche à midi ! Même à notre rythme ralenti, nous avons recueilli plus de 100 espèces de bryophytes et empaqueté des dizaines d’autres que nous devons examiner sous le microscope avant de les ajouter à notre liste. C’est le record du nombre d’espèces de bryophytes jamais comptées à un Bioblitz de l’Ontario, depuis ses débuts au bassin de la rivière Rouge, qui fera l’objet du prochain blitz en 2017.

Cinq personnes posent assises sur le bord ou les pieds dans une fontaine décorative.

Après le gros blitz, l’équipe des mousses composée (gauche à droite) de Leanne Wallis, Jennifer Doubt, David d’Entremont, Allan Aubin, Linda Ley et du biologiste de CVC David d’Entremont qui s’est joint à eux pour l’occasion, devant une fontaine avant de se séparer jusqu’à l’an prochain. Image : © Musée canadien de la nature

De concert avec des partenaires nationaux comme l’Alliance des musées d’histoire naturelle du Canada, le programme Ontario BioBlitz prévoit de lancer un réseau national Bioblitz en 2017 (site en anglais), à l’occasion du 150e anniversaire du Canada – dont l’un s’effectuera au Musée canadien de la nature. Restez à l’écoute pour en savoir plus !

*En 2013, nous avons atteint notre record de huit. On vous invite à vous joindre à nous … si vous pouvez suivre notre pas (de tortue) !

Texte traduit de l’anglais.

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