Balayés par les vents : Plantes et lichens collectés à Arviat

« Comment c’était dans l’Arctique ? », me demande-t-on invariablement à mon retour de notre expédition estivale annuelle ? Et je réponds normalement : « amusant » « infesté d’insectes » et « merveilleux ». Arviat était tout cela et encore plus. Je devrais ajouter : « plat » et « sympathique » pour rendre un portrait exact de cet incroyable collectivité arctique située sur les rives de la baie d’Hudson.

Deux femmes assises en train de collecter des plantes de la toundra.

Ruth Kaviok et l’étudiante diplômée Sam Godfrey en train de collecter des plantes dans ce qui sera le futur parc territorial Nuvuk à Arviat, au Nunavut. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

De fait, un panneau sur la route de l’aéroport proclame qu’Arviat est le village le plus sympa de l’Arctique et nous avons effectivement été accueillis les bras ouverts ! Nous avons eu l’occasion de tisser des liens avec les habitants : des mots échangés sur le bord des sentiers, des repas partagés sur la toundra (et agrémentés par la bannique locale) et un atelier où les anciens nous ont fait part de leurs connaissances sur les plantes locales. Apprenant que des « spécialistes de plantes » passaient devant chez elle, une enseignante est sortie pour nous montrer sa collection de plantes pressées et séchées.

Lynn Gillespie tient une plante qu’elle a collectée d’une main tout en se penchant vers une table où se trouvent des documents.

Chef d’expédition, Lynn Gillespie, Ph. D., examine la collecte de la journée. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Et pour être « plate», la toundra autour d’Arviat l’est, beaucoup, extrêmement… ce qui laisse le champ libre aux vents furieux mais aussi aux couchers de soleil spectaculaires et qui permet de repérer les ours blancs de loin.

Gros plan d’une plante avec des baies rouges.

Que vous l’appeliez Atungaujat, Kimminait, airelle vigne d’Ida ou airelle rouge, les baies du Vaccinium vitis-idaea ont toutes ce petit goût piquant. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Travaillant sur le terrain avec Ruth Kaviok, notre assistante de terrain locale, et David Beamer, le coordonnateur régional des Parcs territoriaux et endroits spéciaux du Nunavut, notre équipe a collecté plus de 150 espèces de plantes vasculaires dans le futur parc territorial Nuvuk, et plus de 50 autres dans différents types d’habitats des environs d’Arviat.

Trois personnes se tenant en demi-cercle dans la toundra.

Le lichénologue du Musée Troy McMullin, Ph. D., discute des lichens du futur parc Nuvuk avec le coordonnateur régional des parcs du Nunavut David Beamer et l’étudiante diplômée Sam Godfrey. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Les lichens de Troy McMullen et la myriade de mousses et d’algues qui s’ajoutent à notre collection fournissent un portrait plus complet de la flore balayée par les vents (et donc de petite taille) d’Arviat.

Gros plan de deux espèces de lichens de la toundra.

Beaucoup de sites près du futur parc Nuvuk sont dominés par des lichens comme cette longue et sinueuse thamnolie vermiculaire (Thamnolia vermicularis) et cette flavocétraire nivéale de couleur jaune pâle (Flavocetraria nivalis). Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Bien que nous n’ayons pas découvert de plantes nouvelles au Nunavut (nous n’avons toutefois pas terminé de les identifier), nous avons trouvé beaucoup de plantes du Bas-Arctique que peu de membres de l’équipe avait collectées dans le passé, comme la pédiculaire parviflore (Pedicularis parviflora) et l’euphraise de Wettstein (Euphrasia wettsteinii).

Gros plan de la pédiculaire parviflore.

Plus de 200 espèces de plantes à fleurs dont la colorée pédiculaire parviflore (Pedicularis parviflora), croissent sur les rives occidentales de la baie d’Hudson. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Un chercheur accroupi sur un versant en train de collecter des fougères.

L’associé de recherche Geoff Levin, Ph. D., collecte des fougères sur un versant près d’Arviat. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Maintenant que nous sommes de retour à Ottawa et que nos presses sont rangées, nous allons finaliser l’identification de plus de 700 plantes collectées et préparer les spécimens afin qu’ils puissent être déposés dans l’Herbier national du Canada du Musée. Chaque spécimen est la preuve que cette plante poussait à Arviat en 2016 (données précieuses pour les futurs chercheurs); et pour moi, ce sera l’agréable souvenir d’un mois bien rempli.

Maisons d’Arviat au premier plan et coucher du soleil en arrière plan.

À plus de 500 km au sud du cercle arctique, Arviat a comblé notre équipe en lui offrant de nombreux couchers de soleil spectaculaires pendant cette expédition d’un mois. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Cet article, publié dans Arctique, Plantes et algues, Sur le terrain, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s