« Arachnophilie » : les araignées du campus de recherche du musée

Les araignées forment un groupe diversifié et étonnant d’arthropodes qui composent l’ordre des Araneae. Ce ne sont pas des insectes. Elles suscitent souvent de fortes réactions chez les gens, mais les morsures d’araignées dangereuses sont très rares. 

Cette année, le Programme de surveillance environnementale du Musée canadien de la nature a commencé à répertorier les araignées sur le terrain de 76 ha qui entoure le campus des collections et de la recherche à Gatineau au Québec. Les araignées ont des styles de vie très diversifiés; certaines creusent des tunnels, beaucoup utilisent des toiles pour capturer leurs proies et d’autres se servent de leur soie comme voile pour se mouvoir. Certaines espèces vivent même sous l’eau!

Une araignée au milieu de sa toile.

Une araignée orbitèle (famille des Araneidae) trouvée près de l’édifice des collections et de la recherche à Gatineau au Québec. Image : Carly Casey & Geoff Carter © Musée canadien de la nature

Les étudiants du Programme de surveillance environnementale ont commencé à recueillir des araignées, en plus de poursuivre l’enrichissement des collections de coléoptères. Elles ont été collectées à l’aide des mêmes pièges à fosse que nous utilisons pour recueillir des carabes. Le gaulage est une deuxième méthode de capture d’araignées que nous avons essayée cette saison. La technique consiste à tenir une feuille de papier sous un arbre pendant qu’on secoue celui-ci vigoureusement. Les araignées qui tombent sur la feuille doivent être rapidement aspirées à l’aide d’un aspirateur. Ceci demande beaucoup plus de temps et d’énergie que les pièges à fosse au fonctionnement passif.

Collage de deux photos : Un homme debout regarde une feuille de papier. Un homme accroupi place une installation au sol.

Geoff Carter examine sa feuille après avoir secoué les arbres (à gauche) et tendu un piège à fosse (à droite) sur le campus de la recherche du musée. Le piège à fosse, utilisé également pour piéger des coléoptères, guide les bestioles le long d’un plexiglas dans des verres remplis de propylène-glycol, une substance qui les tue et les préserve. Images : Carly Casey © Musée canadien de la nature

Les observations scientifiques indiquent que les assemblages d’araignées changent avec l’évolution de leur environnement. Une modification dans la composition des espèces d’araignées reflète un changement environnemental dans notre forêt.

Une fois recueillis, nos spécimens ont été préservés dans de l’éthanol et rapportés au labo pour être triés. Lorsqu’on identifie les familles d’araignées, il y a quelques caractéristiques essentielles à surveiller. Souvent, la disposition des yeux indique la famille d’appartenance. La famille des araignées-loups, Lycosidae, par exemple, possède quatre grands yeux postérieurs qui, vus de haut, forment un rectangle. Les quatre yeux antérieurs beaucoup plus petits forment une rangée vue de face.

Plan rapproché de la tête et du corps d’une araignée.

Vue de face d’une araignée-loup mâle (famille des Lycosidae) recueillie par les étudiants du Programme de surveillance environnementale pendant la campagne sur le terrain 2016. Image : François Genier © Musée canadien de la nature

Les spécimens de la famille des araignées-crabes sont faciles à reconnaître par leur forme corporelle et leurs premières et deuxièmes pattes qui ressemblent à celles d’un crabe. D’autres familles peuvent s’avérer plus difficiles à identifier, exigeant de compter le nombre de grands poils, macrosetae, sur un segment d’une patte en particulier.

Plan rapproché, vu de haut d’une araignée.

Vue dorsale d’une araignée-crabe mâle (famille des Thomisidae) recueillie par les étudiants du Programme de surveillance environnementale pendant la campagne sur le terrain 2016. Image : François Genier © Musée canadien de la nature

Pour identifier l’espèce d’une araignée, il faut examiner les organes sexuels de plus près, car ces structures sont très spécifiques à chaque espèce.

Avant de s’accoupler, les mâles tissent une toile sur laquelle ils déposent leur sperme, puis recueillent celui-ci et l’emmagasinent dans leurs organes sexuels secondaires, appelés les pédipalpes, près de la tête. Ces pédipalpes sont des structures très spécialisées, ressemblant à de délicates verreries ou à des confiseries, qui sont introduites dans l’épigyne de la femelle lors de l’accouplement. Les organes sexuels fonctionnent à l’image d’une clef ne pouvant ouvrir qu’une serrure.

Après la reproduction, certains mâles se sauvent en laissant un palpe derrière eux. Ceci permet effectivement d’empêcher tout autre mâle de s’accoupler avec la femelle.

Plan rapproché du dessous d’une patte d’araignée.

Vue ventrale d’un pédipalpe d’une araignée-patineuse mâle (famille des Pisauridae) recueillie par les étudiants du Programme de surveillance environnementale pendant la campagne sur le terrain 2016. Image : François Genier © Musée canadien de la nature

Il y a plus de 100 familles et 35 000 espèces d’araignées dans le monde. Si vous les examinez de plus près sous un microscope, vous pouvez observer à quel point ces espèces diffèrent entre elles. Les araignées ne sont peut-être pas appréciées par tous, mais les étudiants du Programme de surveillance environnementale posent maintenant sur elles un regard passionné, curieux et admiratif.

Texte traduit de l’anglais.

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