Des armoires, encore des armoires : la suite de l’histoire

par Kathlyn Stewart et Michelle Coyne

Le transfert de certaines collections nationales de la Commission géologique du Canada (CGC) de leurs locaux de la rue Booth, à Ottawa, jusqu’au campus de la recherche et des collections du Musée canadien de la nature se poursuit!

Spécimens de plantes fossilisées dans un tiroir d’entreposage.

Certains des spécimens types de plantes fossiles qui se trouvent maintenant dans les installations du Musée. Image : Kathy Stewart © Musée canadien de la nature

Dans un blogue précédent, j’évoquai l’arrivée des États-Unis d’un premier lot de 225 armoires Lane au Campus du patrimoine naturel, à Gatineau, au Québec. C’est ici que l’on conserve les collections du Musée et que se déroulent les activités de recherche.

Ces armoires abriteront une partie des immenses collections de plantes et d’invertébrés fossiles de la Commission. Nous avons trouvé de l’espace et rebaptisé les lieux « réserve de la Commission géologique du Canada ». Depuis cet envoi initial, nous avons reçu 225 armoires de plus et disposons donc d’un total de 450 cabinets dans nos réserves.

Une plaque sur une porte.

Nouvelle plaque de la réserve 2 de notre édifice de la recherche et des collections, qui abritera la collection nationale de plantes fossiles types de la Commission géologique du Canada. Image : Michelle Coyne © Commission géologique du Canada

Mais il était impossible de les placer dans la réserve avant d’y terminer les travaux, alors où les mettre en attendant? La photo ci-dessous montrant une rangée infinie d’armoires le long d’un corridor répond à la question!

Des armoires alignées le long d’un corridor.

Des centaines d’armoires alignées dans les principaux corridors de l’édifice de la recherche et des collections du Musée, à Gatineau, au Québec. Image : Kathy Stewart © Musée canadien de la nature

Sous la supervision experte de Martin Leclerc et de Pascale Sénéchal du Musée, la réserve a subi plusieurs modifications : installation d’équipement pour maximiser l’entreposage, la sécurité, le contrôle de paramètres environnementaux, ainsi qu’une nouvelle couche de peinture. Le tout garantit les meilleures conditions de conservation.

Un système d’entreposage en voie d’installation.

L’installation du système d’entreposage dans la réserve de la CGC. Image : Michelle Coyne © Commission géologique du Canada

Pendant les rénovations, les premières collections nationales de la Commission sont arrivées de la rue Booth. Deux collections petites mais précieuses, celle des météorites et des tectites et celle des plantes fossiles types, plus une collection de coquillages du Quaternaire ont été emballées et expédiées en camion à notre édifice à la fin de 2015 et au début de 2016.

Ce premier arrivage était en partie un projet pilote permettant de mettre à l’essai l’empaquetage, les exigences de conservation et les méthodes de déménagement des autres collections.

Météorites! La collection de roches et de fragments de fer provenant de l’espace de la Commission a suscité l’intérêt de la population et des scientifiques depuis ses débuts. La naissance de la collection date de 1855 alors que Sir W. E. Logan faisait l’acquisition d’une masse de 167,8 kg de la météorite de Madoc, la première reconnue au Canada.

Un morceau de météorite sur un socle de pierre.

Le principal morceau de la météorite de Madoc, acquise par W. E. Logan. Image : Michelle Coyne © Commission géologique du Canada

Très peu de temps après sa découverte, la météorite fut présentée à l’Exposition universelle de Paris de 1855, en France, ce qui lui conféra une réputation internationale.

Cette météorite restera à la salle Logan de la Commission, à la rue Booth, pendant les célébrations du 175e anniversaire de cette institution. Elle sera ensuite transportée dans nos réserves de Gatineau.

La collection des météorites de la Commission s’est considérablement développée depuis ses débuts. Elle comprend aujourd’hui plus de 3000 échantillons issus de 1035 météorites provenant de 87 pays.

La collection comprend 52 météorites canadiennes, dont les récentes acquisitions de Buzzard Coulee, en Saskatchewan, et du lac Tagish près d’Atlin, en Colombie-Britannique, attribuables à R. Herd, Ph. D, ancien conservateur.

Les tectites, c’est-à-dire les débris causés par l’impact de la météorite, font aussi partie de cette collection.

Un homme insère un tiroir d’échantillons dans une armoire.

Ian Beitz, étudiant de l’Université Carleton et bénévole à la Commission, range un tiroir d’échantillons de météorites dans une des nouvelles armoires. Image : Michelle Coyne © Commission géologique du Canada

La collection des plantes fossiles types a aussi effectué le trajet entre la rue Booth et nos installations de Gatineau. Les spécimens ont été déballés par le personnel et les bénévoles de la Commission. Ils ont été rangés dans 22 armoires avec la collection de paléobiologie en attendant leur place dans la réserve de la CGC. Comme toutes les autres collections du Musée, elles sont accessibles aux scientifiques et au public.

La collection des plantes fossiles types comprend des espèces fossiles qui ont été nommées et illustrées et qui ont fait l’objet d’une publication scientifique. Walter A. Bell (1889–1969) a été à la Commission de 1920, alors qu’il était encore étudiant, jusqu’en 1954, date de sa retraite. Ce paléobotaniste a aussi occupé le poste de directeur de la Commission. En 1962, il a publié le premier catalogue exhaustif des spécimens types et de spécimens figurés de mégaplantes et microplantes fossiles de la collection de la CGC.

Deux femmes près d’une rangée d’armoires de collections.

Michelle Coyne, conservatrice de la Commission, et Alexandria Gaucher-Loksts, bénévole, avec la collection de plantes fossiles types nouvellement arrivée. Image : Kathy Stewart © Musée canadien de la nature

La collection de plantes fossiles types de la Commission revêt un grand intérêt pour le Musée car beaucoup de ces spécimens végétaux proviennent des mêmes sites que les fossiles de vertébrés de la collection du Musée et fournissent donc des renseignements sur l’environnement dans lequel évoluaient ces vertébrés.

Aujourd’hui, plus d’un an après le précédent blogue, nous avons accompli beaucoup mais la tâche est loin d’être terminée. Il faut mettre constamment à jour les bases de données en ligne et les bases de références des collections de la Commission. Il reste encore beaucoup de préparation en prévision du « grand » déménagement. On prévoit qu’en 2017 le reste des collections de minéraux et d’invertébrés fossiles commenceront à remplir les 450 armoires.

Texte traduit de l’anglais.

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