De la plante à l’article : la suite de l’histoire

Dans un blogue précédent, j’expliquais qu’une recherche n’ayant pas fait l’objet d’une communication (c’est-à-dire d’une publication) restait inachevée; au Musée, cela implique souvent de faire connaître notre découverte au grand public et dans le milieu scientifique. Dans le premier cas, cela prend la forme d’expositions, de présentations et de blogues; dans le second, l’article soumis à un comité de lecture s’impose.

Un bosquet d’épinettes dans la toundra en été.

Notre expédition au fleuve Coppermine nous a conduits à la limite des arbres, où les épinettes blanches (Picea glauca) parsèment la toundra de transition. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Notre dernier article de groupe publié dans Open Access (en anglais) comprend une liste détaillée et beaucoup de photos couleur des plantes vasculaires du cours inférieur du fleuve Coppermine, destination de notre expédition sur le terrain en 2014. En combinant les plus de 1200 spécimens collectés récemment et ceux des herbiers de tout le pays, nous avons relevé 300 espèces de plantes vasculaires le long de ce segment du fleuve, ce qui en fait une des régions les plus riches en espèces du Nunavut continental que l’on connaisse à ce jour.

Une rivière serpente entre des collines, dans la toundra en été.

Le parc territorial Kugluk (Bloody Falls) qui chevauche le cours inférieur du fleuve Coppermine possède une flore riche et diversifiée. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Beaucoup des nouvelles observations de plantes vasculaires (56) sont attribuables à l’extension des aires de distribution. On a ainsi pu compléter les travaux précédents et circonscrire les nouvelles aires de distribution de ces plantes.

On a repéré la présence de sept nouvelles espèces au Nunavut continental et de 14 autres qui n’avaient jamais été observées dans l’ensemble du territoire.

Collage de trois images montrant des plantes différentes.

Au nombre des espèces dont il est question dans cet article figurent Carex gynocrates, nouvelle au Nunavut continental (en haut à gauche), Allium schoenoprasum, nouvelle au Nunavut (à droite) et Botrychium tunux, nouvelle au Nunavut (en bas, à gauche). Images : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Nous avons trouvé 207 taxons de plantes vasculaires (espèces, sous-espèces et variétés) au parc territorial Kugluk (Bloody Falls) situé juste au sud de Kugluktuk. En plus de son rôle de récréation et de préservation d’une région à l’histoire ancienne et parfois sanglante, le parc peut aussi être considéré comme une aire protégée importante pour les plantes vasculaires indigènes du Bas-Arctique.

Collage de trois images montrant des plantes différentes.

D’autres espèces notables observées au Nunavut. À gauche : Carex capitata, nouvelle au Nunavut; à droite en haut : Cryptogramma stelleri, nouvelle au Nunavut continental; à droite en bas : Eremogone capillaris sous-espèce capillaris, nouvelle au Nunavut. Images : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Grâce à la publication de cet article, les données et les interprétations qu’il contient sont à la disposition des autres scientifiques du monde. Ceux-ci peuvent en prendre connaissance, en faire mention, les citer et, nous l’espérons, s’en servir sur le terrain.

Le projet est terminé, mais les spécimens collectés et les connaissances accumulées serviront pendant plusieurs décennies. Une fois la saison de collecte terminée dans l’Arctique, l’équipe de botanique du Musée s’affaire à presser les plantes, à les examiner au microscope, à en extraire des séquences d’ADN, à publier des résultats et à diffuser largement le fruit de son travail à l’intention de tous les intéressés.

Après tout, les collections du Musée et le savoir ne nous appartiennent pas : ils sont à tout le monde.

Un homme assis dans un hélicoptère regarde dehors.

Jeff Saarela, Ph. D., chef d’expédition et auteur principal de l’étude qui en résulte, examinant la toundra à la recherche de sites riches en végétation où l’hélicoptère pourrait atterrir. À titre de directeur du Centre de connaissance et d’exploration de l’Arctique, ce scientifique poursuit la tradition d’excellence de recherche dans l’Arctique du Musée. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Texte traduit de l’anglais.

Cet article, publié dans Arctique, Plantes et algues, Recherche, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s