À la recherche de mammifères fossiles dans le parc national des Prairies

Le parc national des Prairies dans le sud de la Saskatchewan est réputé pour son paysage vallonné, ses impressionnants badlands et ses chiens-de-prairie inquisiteurs. Une pancarte avertit les visiteurs de faire fuir les chiens-de-prairie avec véhémence. Mais le parc est aussi un des endroits au monde les plus propices pour étudier comment ce petit mammifère et tous ses parents mammaliens à fourrure sont parvenus à remplacer les dinosaures.

Une vue des badlands dans le bloc est du parc national des Prairies.

Une vue des badlands dans le bloc est du parc national des Prairies. À l’été 2017, une équipe dirigée par le Musée canadien de la nature a effectué une première incursion dans cette région à la recherche d’affleurements fossilifères prometteurs. Image : Danielle Fraser, © Musée canadien de la nature.

C’est parce que le parc est très riche en fossiles qui nous renseignent sur les changements environnementaux et fauniques prodigieux qui ont eu cours depuis la disparition des dinosaures.

L’été dernier, j’ai dirigé une petite équipe d’intrépides femmes paléontologues avec lesquelles j’ai exploré le parc dans le cadre de ma recherche sur l’évolution des mammifères.

Cinq chercheurs se tenant dans le parc national des Prairies

L’équipe 2017 du Musée à la recherche de mammifères éteints, de gauche à droite : Brigid Christison, étudiante à l’Université Carleton, Margaret Currie, technicienne du Musée, Danielle Fraser, scientifique du Musée et Abigail Hall, étudiante de l’Université de Calgary. À l’extrême droite se tient Emily Bamforth, adjointe à la conservation au T. Rex Discovery Centre à East End, en Saskatchewan, qui a aimablement fourni un aperçu de la stratigraphie et de la topographie du bloc est au début de l’expédition. Image : Joshua Erikson, © Joshua Erikson.

À chaque fois que nous sommes allées dans le bloc est (le parc se divise en deux parties, est et ouest), il était difficile de manquer la couche de charbon qui marque la frontière entre le Crétacé et le Paléogène, il y a environ 66 millions d’années, alors qu’ont disparu les dinosaures et qu’a débuté l’ère des mammifères. À certains moments, nous trébuchions littéralement sur le moment où les dinosaures se sont éteints.

Un petit affleurement de la couche de charbon

Un petit affleurement de la couche de charbon qui marque la frontière entre le Crétacé et le Paléogène (KPg) et l’extinction des dinosaures. Image : Danielle Fraser, © Musée canadien de la nature.

Les roches de cette frontière entre le Crétacé et le Paléogène (KPg) témoignent d’un environnement beaucoup plus tropical que l’actuel et d’une faune de mammifères très différente.

Au sommet des collines, nous avons mis au jour le premier site fossilifère du parc datant de 20 millions d’années. Ces formations beaucoup plus récentes révèlent un environnement qui nous apparaîtrait familier aujourd’hui, avec un mélange de forêts et de prairies. Ce milieu abritait une variété de mammifères à sabots, dont les chevaux tridactyles, les rhinocéros (oui, tout à fait!) et un parent de l’actuelle antilocapre.

L’équipe du Musée sur une colline ans le parc national des Prairies

L’équipe du Musée est à la recherche de fossiles sur une colline de roches postérieures à la frontière Crétacé-Paléogène (KPg). L’été prochain, la scientifique du Musée Danielle Fraser poursuivra ses recherches dans le cadre d’un projet pluriannuel consistant à mettre au jour et à décrire des fossiles de mammifères dans le parc national des Prairies. Image : Danielle Fraser, © Musée canadien de la nature.

Dans nos prochaines expéditions dans le parc national des Prairies, nous continuerons de chercher les roches datant d’une période immédiatement postérieure à la frontière KPg qui contiennent des fossiles des premiers mammifères ressemblant à des primates (Plésiadapiformes) et d’autres lignées éteintes de mammifères.

À gauche : Un modèle du mammifère primitif. À droite : Dent d’un cheval tridactyle fossile couverte de lichen.

À gauche : Un modèle du mammifère primitif disparu Plesiadapis. De la taille d’un écureuil, ce petit mammifère appartient à un groupe éteint qui était peut-être précurseur des primates, dont l’humain fait partie. Image : M. De Stefano © MUSE-Museo delle Scienze (CC BY-SA 3.0).
À droite : Dent d’un cheval tridactyle fossile couverte de lichen. Ce fossile appartient vraisemblablement à un membre du genre Archaeohippus, un petit cheval à peu près de la taille d’un chien moyen, qui vivait il y a quelque 20 millions d’années. Numéro de terrain : GNP2017-WM2-18-1. Image : Brigid Christison © Musée canadien de la nature.

En comparant ces spécimens avec des fossiles provenant de couches supérieures plus récentes, nous tenterons de découvrir comment les mammifères ont réagi à l’extinction des dinosaures et aux changements environnementaux extrêmes qui se sont produits  au cours de ces 66 millions d’années.

Nous apprendrons alors comment tout cela s’est combiné pour donner naissance à ce curieux petit chien-de-prairie.

Texte traduit de l’anglais.

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