Un petit étang riche en diversité de poissons et en comportements dramatiques

Certains petits plans d’eau contiennent un nombre étonnant d’espèces de poissons, qui sont les vertébrés les plus diversifiés.

À l’édifice de la recherche du Musée canadien de la nature, il y a un étang de la taille d’une piscine olympique qui est peuplé naturellement de 15 espèces de poissons. À titre de comparaison, c’est presqu’un cinquième des 80 espèces que compte le bassin versant de la rivière des Outaouais dans son ensemble.

Vue aérienne de l’édifice de la recherche et des collections du Musée. En médaillon, une femme debout dans l’étang

C’est un petit étang. Il se trouve juste devant l’édifice de la recherche et des collections du Musée (bâtiment rectangulaire au toit blanc apparaissant au centre-gauche inférieur de la photo). En médaillon, Emma Lehmberg, une stagiaire du Musée, en train de collecter des spécimens dans l’étang. Photographie aérienne : Chuck Clark, © Chuck Clark. Médaillon : Cassandra Robillard, © Canadian Museum of Nature.

Parmi ces poissons, huit espèces appartiennent à la famille des ménés (Cyprinidae). Souvent négligés en raison de leur petite taille, les ménés présentent pourtant des comportements fascinants.

Le méné jaune (Notemigonus crysoleucas), par exemple, pond parfois ses œufs dans le nid d’un de ses prédateurs naturels, comme l’achigan à grande (Micropterus salmoides). Aussi dangereuse qu’elle puisse paraître, cette stratégie est avantageuse pour le méné : en défendant son nid d’éventuels pillards, l’achigan à grande bouche protège aussi, sans le vouloir, les oeufs du méné jaune.

Un poisson méné tête-de-boule.

Un mâle tête-de-boule (Pimephales promelas) en période de reproduction avec ses tubercules protubérants. Image : Shalini Chaudhary, © Musée canadien de la nature.

Également présent dans l’étang, le méné tête-de-boule (Pimephales promelas) présente des transformations physiques remarquables en période de reproduction : la tête du mâle prend une couleur plus foncée et s’orne de tubercules osseux. Le mâle veille sur les oeufs pondus par la femelle, chassant des abords du nid les intrus et parfois même sa partenaire!

Un poisson crapet-soleil.

Avec ses motifs colorés, le crapet-soleil (Lepomis gibbosus) n’a rien à envier aux poissons tropicaux. Image : Emma Lehmberg, © Musée canadien de la nature.

Les apprentis pêcheurs connaissent bien le crapet-soleil (Lepomis gibbosus), l’un de nos poissons locaux les plus colorés, qui peuple toute l’Amérique du Nord. Saviez-vous que le crapet-soleil adapte la forme et la structure de certaines parties de son corps en fonction des proies qu’offre son milieu? Par exemple, dans les eaux contenant de grosses espèces à coquille, comme des escargots, le crapet-soleil aura les muscles et les os des mâchoires plus développés que ses congénères ne disposant pas de ce type de proie.

Une barbotte brune

Une barbotte brune (Ameiurus nebulosus) avec ses barbillons hérissés pour inspecter l’environnement de l’aquarium. Image : Francesco Janzen, © Musée canadien de la nature.

Enfin, le petit étang du Musée abrite la très commune barbotte brune (Ameiurus nebulosus).

La barbotte brune et les barbottes en général sont dotées de récepteurs du goût sur le visage avec une concentration élevée de ceux-ci sur leurs barbillons. Ces capteurs s’ajoutent à un odorat développé pour permettre à la barbotte de repérer sa nourriture dans un habitat boueux à visibilité réduite.

Fait encore plus extraordinaire : les barbottes possèdent des récepteurs cutanés capables de détecter les flux électriques, même l’infime activité électrique produite par la contraction d’un muscle de méné en train de nager, ce qui les oriente sans hésitation vers leurs proies.

Cet étang a beau être petit, mais les histoires de poissons qu’il contient sont vraiment remarquables!

Tableau des noms communs et scientifiques des espèces de poissons présentes dans l’étang.

Liste des 15 espèces de poissons peuplant l’étang de l’édifice de la recherche et des collections du Musée. Huit espèces appartiennent à la famille des ménés et deux autres à la famille des achigans et des crapets. Les autres familles ne comptent qu’un représentant. © Musée canadien de la nature

Texte traduit de l’anglais.

Cet article, publié dans Animaux, Eau, Inspiration Nature, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s