Grâce à une visiteuse devenue bénévole, la collection de fougères du Musée entre de plein pied dans le 21e siècle

avec la participation de Jennifer Doubt

Il y a trois ans, je suis venue au Musée canadien de la nature pour consulter l’herbier et y trouver une espèce de fougère indigène du Québec. J’y ai découvert beaucoup plus que ce à quoi je m’attendais.

La conservatrice de l’herbier du Musée, Jennifer Doubt, m’a aidée dans ma recherche puis m’a proposé de mettre mes connaissances sur les fougères et mon enthousiasme   au profit d’un projet d’une tout autre envergure. Au fil des ans, les scientifiques ont accru notre compréhension des liens de parenté existant entre diverses fougères, de sorte que de nombreuses espèces possèdent maintenant des noms scientifiques différents. La collection de fougères du Musée devait en conséquence être totalement réorganisée pour tenir compte de ces nouvelles connaissances.

Il s’agissait d’une tâche de taille, puisque la collection de fougères et de lycophytes (lycopodes, sélanigelles et isoètes) provenant de toutes les régions du monde remplit plus de 400 étagères. Mais j’ai visité ce musée pendant presque 50 ans et j’avais là une occasion de m’engager dans deux choses que j’aimais : le musée et les fougères.

À l’instigation de Jennifer, ma modeste requête initiale m’a donc transformée en bénévole officielle du Musée chargée de diriger ce plan de réorganisation des fougères pour le 21e siècle.

Une femme assise à un ordinateur avec des spécimens d’herbier.

Au cours de ces trois années de réorganisation et de mise à jour de la collection de fougères du Musée, la bénévole Erica Eason n’a jamais baissé les bras. Image : Jennifer Doubt, © Musée canadien de la nature.

Nous avons commencé par mettre à jour les noms botaniques des fougères canadiennes.

Il a souvent fallu procéder en plusieurs étapes pour déterminer le nom scientifique d’espèces rares ou anciennes : parcourir les base de données classiques, les ressources en ligne, les sources historiques et solliciter les connaissances des botanistes du Musée et d’autres spécialistes locaux et nationaux.

Une étiquette manuscrite.

Mettre à jour le nom scientifique d’un spécimen de la collection de fougères requiert parfois des talents de détective pour déchiffrer l’étiquette manuscrite originale. Le nom écrit à la main sur cette étiquette conserve tout son mystère. Vous avez une idée ? Image : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature.

J’ai ensuite mis à jour les noms des spécimens provenant des autres pays. Bien qu’ils soient beaucoup moins nombreux dans l’herbier que les plantes canadiennes, les spécimens internationaux représentent beaucoup plus de genres et d’espèces, ce qui implique une recherche « spécimen par spécimen » plus poussée.

J’ai également créé de nouveaux fichiers de couleurs différentes selon les zones géographiques en remplacement des anciens fichiers bleus utilisés pour identifier tous les spécimens qui ne provenaient ni du Canada ni des États-Unis.

Une plante vivante et une plante séchée sur une feuille d’herbier.

On collecte les spécimens botaniques frais et on les fait sécher afin que les utilisateurs des herbiers puissent les utiliser pendant des centaines d’années. Numéro de catalogue : CAN 10004164. Image : Erica Eason © Musée canadien de la nature.

Nous avons finalement réorganisé la collection entière de fougères en fonction des toutes dernières recherches de séquençage ADN.

On a d’abord créé un fichier Excel contenant la liste à jour du contenu de chaque étagère puis on a ajouté les nouveaux noms et les nouveaux numéros des familles (Christenhusz et al., 2011)1 pour chaque genre. On a ensuite réorganisé le fichier en fonction des nouveaux numéros des familles.

Et puis, très vite, nous avons établi le nouvel ordre dans lequel les spécimens devaient être rangés sur les étagères en fonction du nouveau système. Sans cette minutieuse préparation, le classement des spécimens – travail très physique qui impliquait de se pencher, de soulever et de s’étirer – aurait pris des semaines et perturbé considérablement l’accès à la collection au lieu des deux jours que nous y avons consacrés.

Une femme retirant des fichiers de la collection.

L’étudiante en enseignement coopératif de l’Université d’Ottawa Rachel Bergeron retire des spécimens de la collection de fougères mise à jour et réorganisée du Musée. Image : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature.

Une feuille d’herbier et le visage d’une femme.

La stagiaire d’été de l’Université Carleton Brigid Christison pose avec un spécimen de prêle lors de la numérisation de la collection de fougères et de lycophytes de l’Arctique, qui sera accessible en ligne. Numéro de catalogue : CAN 10004196 Image : Brigid Christison © Musée canadien de la nature.

Dès que la réorganisation a été terminée, nous avons attaqué les codes barres et la numérisation de la collection de fougères et de lycophytes de l’Arctique canadien.

Ce qui est merveilleux c’est que, maintenant, les spécimens arctiques sont bien organisés avec leur nom à jour et qu’on sait où les trouver dans la collection.

1 Document cité : Christenhusz, M.J., Zhang, X.C. et H. Schneider, 2011. « A linear sequence of extant families and genera of lycophytes and ferns ». Phytotaxa, 19 (1), pp. 7-54. (pdf).

 

Texte traduit de l’anglais.

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