Cent lichens gaspésiens sont nouveaux au Québec, au Canada et en Amérique du Nord

En 2007, lors d’une excursion de ski dans le parc national de la Gaspésie dans l’est du Québec, j’ai remarqué une diversité de lichens étonnamment riche. Cette découverte m’a incité à entreprendre une étude sur les lichens de ce parc.

Je n’étais pas le premier scientifique à m’intéresser aux lichens gaspésiens. À la fin du XIXe siècle, John Macoun, le premier botaniste officiel du Dominion, qui était aussi lichénologue, a collecté des spécimens dans la région qui est devenue l’actuel parc. Au début du XXe siècle, le botaniste et professeur de l’université Harvard Merrit Fernald a dirigé plusieurs expéditions dans la même zone pour y étudier les plantes et les lichens.

Un groupe de chercheurs pose dans un champ en 1923.

Merritt Fernald (à l’extrême gauche) et son équipe lors de l’expédition de 1923 en Gaspésie. Image : © Gray Herbarium Archives, Harvard University.

Ces pionniers ont été suivis par plus de 40 chercheurs qui ont étudié les lichens du parc. Quand j’ai commencé ma recherche, on y avait recensé presque 300 espèces. On en dénombre aujourd’hui plus de 600, ce qui range ce parc parmi les sites les plus riches en lichens de toute l’Amérique du Nord.

Beaucoup des nouvelles découvertes ont été faites avec l’aide de mes collègues au cours de notre réunion annuelle de lichénologues : l’atelier Tuckerman. Nous avons trouvé dans le parc 100 espèces de lichens dont la présence n’avait jamais été signalée au Québec (site en anglais). Douze d’entre elles, n’avaient jamais été identifiées au Canada et six en Amérique du Nord.

Un lichen jaune à côté d’une carte des spécimens connus en Amérique du Nord.

La répartition nord-américaine de la vulpicide calcaire, Vulpicida juniperinus. La population du parc national de la Gaspésie est marquée d’un triangle rouge. Image : R. Troy McMullin © Musée canadien de la nature.

La richesse du biote de lichens du parc national de la Gaspésie est attribuable à ses habitats variés, qui comprennent notamment des boisés anciens, divers types de forêts, des vallées luxuriantes et des écosystèmes soumis à l’influence des côtes. On trouve également, au sommet des montagnes, des environnements arctiques et alpins qui abritent des espèces croissant normalement dans les montagnes de l’Ouest ou dans l’Arctique. C’est par exemple dans le parc que la vulpicide calcaire (Vulpicida juniperinus)(site en anglais). atteint sa limite de répartition méridionale en Amérique du Nord. La population la plus proche se trouve à 1000 km au nord.

Vue sur une forêt luxuriante à partir du sommet d’une montagne.

Parc national de la Gaspésie vu du sommet du mont Albert. Image : R. Troy McMullin © Musée canadien de la nature.

J’entends poursuivre mon étude sur les lichens du parc jusqu’à ce que tous les coins soient explorés et que les découvertes de nouvelles espèces deviennent rares.

Texte traduit de l’anglais.

Cet article, publié dans botanique, Recherche, Sur le terrain, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s