La maladie de la pyrite : Un défi pour les conservateurs des musées

La pyrite, aussi appelée l’or des fous, a confondu les prospecteurs pendant des millénaires. Aujourd’hui, elle pose un problème aux conservateurs des musées.

La pyrite est un minéral très commun, qui est présent dans une grande variété de roches dans le monde entier. La collection du Musée canadien de la nature en compte 800 spécimens. Tous possèdent la même formule chimique (disulfure de fer – FeS2). Les conditions variables dans lesquelles chaque spécimen se forme lui confèrent sa forme particulière, le cube étant la plus courante.

Un spécimen de pyrite dans une boîte sur l’étagère d’une armoire.

Un excellent spécimen de pyrite de forme cubique et d’une belle couleur or. Numéro de catalogue : CMNMC 43372. Image : Christian Capehart © Musée canadien de la nature.

Avec sa couleur dorée aux reflets métalliques, la pyrite ressemble beaucoup à de l’or. Et pour ajouter à la confusion, ce minéral se rencontre fréquemment dans des gisements d’or. De nombreux prospecteurs ont cru faire fortune alors qu’ils n’avaient mis au jour qu’un filon de pyrite, d’où son surnom « or des fous ».

De nos jours, le personnel du Musée fait face à une autre particularité ennuyeuse de ce minéral : la rouille.

Quand on l’expose à de l’air humide, la pyrite réagit avec l’oxygène et l’eau pour former du sulfure de fer (la rouille), de l’acide sulfurique très corrosif ainsi que du dioxyde de soufre, un gaz dangereux. En raison de cette réaction chimique, que l’on appelle maladie de la pyrite, les spécimens se fissurent et finissent par se désagréger complètement si rien n’est fait.

De par leur effet corrosif, les acides et les gaz peuvent en outre endommager les contenants dans lesquels sont rangés les spécimens et même attaquer les minéraux placés à côté. C’est pour cette raison qu’on appelle cette réaction « maladie » de la pyrite : elle agit comme une infection contagieuse. Les acides et les gaz constituent aussi un danger pour la santé du personnel du Musée.

Un spécimen de pyrite fissuré et décoloré.

Un spécimen de pyrite fissuré et décoloré atteint de la maladie de la pyrite. Image : Christian Capehart © Musée canadien de la nature.

Le Musée conserve des spécimens de pyrite d’un grand intérêt scientifique et d’une grande beauté, aussi importe-t-il de prendre des mesures proactives pour les préserver.

Comme l’air humide provoque l’oxydation de la pyrite, le meilleur moyen de prévenir l’apparition de la maladie de la pyrite est de limiter le taux d’humidité dans la salle des collections et de conserver les spécimens dans des contenants secs et imperméables.

Grâce à ces précautions, les spécimens du Musée pourront encore leurrer les fous pendant encore quelques millénaires.

 

Texte traduit de l’anglais.

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