« Papa, qu’est-ce qu’il collectionne, ton musée? »

Ma réponse immédiate : le Musée canadien de la nature collectionne des spécimens d’histoire naturelle, des artéfacts de culture matérielle, en plus de livres et de fonds d’archives qui rendent compte de l’évolution de la biodiversité sur la planète. Bien entendu, c’est les collections d’histoire naturelle qui ont piqué sa curiosité. Au fil des jours et des semaines, pourtant, je me suis demandé si cette réponse simple ne représentait pas qu’une partie de la vérité. Est-ce que le Musée ne collectionne pas autre chose?

J’ai compris depuis, que plus que tout autre chose, le Musée collectionne des données. Certes, les collections sont remarquables (allez donc les voir en ligne… allez : j’ai tout mon temps!), mais ce sont les données connexes, par exemple le lieu où l’élément a été recueilli, la date à laquelle il l’a été ainsi que le nom de la personne qui l’a recueilli, ce qui donne aux chercheurs la capacité de les analyser et de les comprendre. Sans ces données, spécimens, artéfacts et fonds ne sont que de jolies choses. Le véritable fonds de commerce du Musée, c’est donc cette information, appelée métadonnées.

 

Carte interactive montrant l’emplacement des établissements qui ont collaboré au développement des collections du Musée.
Carte interactive montrant l’emplacement des établissements qui ont collaboré au développement des collections du Musée. Image: Rick Leir © Musée canadien de la nature

https://leirtech.com/example/leaf/?l=fr

 

Or si nous collectionnons des données, ne faudrait-il pas déployer tous les efforts pour les rendre accessibles? Je ne parle pas que de l’information sur un spécimen donné, mais de l’information sur la façon dont ce spécimen fait le tour de la communauté des chercheurs et sert à bâtir les réseaux mondiaux de la recherche scientifique.

C’est précisément à cette fin que je travaille avec Rick Leir, un bénévole du Musée. Nous analysons l’information numérique sur les acquisitions et les prêts de collections par le Musée. Notre but est de voir les données sous un autre angle et de diffuser cette information abondante qui complète les spécimens matériels.

 

Carte interactive montrant l’emplacement des établissements qui aident le Musée à développer ses collections. À chaque point correspond un graphique à barres qui se dresse à la surface de la planète pour indiquer le nombre d’établissements collaborateurs à cet endroit précis.
Globe interactif montrant l’emplacement des établissements qui ont collaboré aux collections du Musée. Le globe permet de voir le nombre de ces collaborateurs dans un endroit donné. Image: Rick Leir © Musée canadien de la nature

https://leirtech.com/example/globe/?l=fr

 

Initialement, nous avons décidé que la meilleure façon de présenter l’information est de proposer des cartes et des globes, puis de laisser les usagers en tirer de nouvelles conclusions par eux-mêmes. D’un coup d’œil, Rick et moi avons pu repérer les collaborateurs les plus importants du Musée, leur emplacement et le nombre de fois où nous avons collaboré avec chacun.

 

Carte interactive montrant l’emplacement des établissements qui ont emprunté ou prêté des spécimens au Musée canadien de la nature, à des fins de recherche ou d’exposition. Les données, qui vont de 1960 à 2020, sont ventilées par décennie pour éviter un affichage trop touffu.
Carte interactive montrant l’emplacement des établissements qui nous emprunté ou prêté des spécimens, à des fins de recherche ou d’exposition. Image: Rick Leir © Musée canadien de la nature

https://leirtech.com/example/conn/?l=fr

 

Cette nouvelle forme de partage de données ajoute à tout ce que faisait déjà le Musée pour faire connaître ses collections et ses spécimens en ligne (j’insiste : allez voir!), par l’entremise du Système mondial d’information sur la biodiversité (GBIF), de la bibliothèque patrimoniale de la biodiversité (Biodiversity Heritage Library), de WorldCat, des projets science citoyenne (Zooniverse), de notre travail avec les universités par l’intermédiaire de l’informatique du Patrimoine Culturel et de nos publications.

Ce genre d’information aide beaucoup le Musée à accomplir sa mission, qui est de sauver le monde pour les générations futures, en montrant à quel point nous y consacrons d’efforts.