La période d’incertitude actuelle me fait réfléchir aux modèles auxquels les scientifiques se fient – qu’ils soient épidémiologistes, biologistes ou météorologues – pour prédire des réponses aux questions que tout le monde se pose.

Ces prédictions s’appuient sur les meilleures données disponibles, mais ce sont des hypothèses que l’on peut raffiner à l’aide de données plus « propres » et d’une analyse approfondie. Plus on dispose d’information, mieux c’est.

Pendant que le personnel du Musée canadien de la nature se retrouve en télétravail en raison de la pandémie, plusieurs membres de l’équipe Recherche et collections s’occupent de nettoyer des données et d’en faire une nouvelle analyse.

Grâce aux données tirées des collections d’histoire naturelle, qui contiennent plus de 14,6 millions de spécimens, le Musée canadien de la nature peut offrir une aide appréciable lorsqu’il s’agit de faire des prédictions et de répondre aux questions de recherche relatives à la sécurité et à la santé du monde naturel.

Devant un mur de briques, une femme en vêtements d’hiver écrit dans un cahier rouge.
Jackie Madill rédige des notes de terrain pendant l’étude sur la moule zébrée. Image : Jacqueline Madill © Musée canadien de la nature

Notre équipe construit la collection du Musée, la documente et la préserve pour qu’elle puisse traverser les siècles et servir aux générations futures d’analystes. Les spécimens de nos diverses collections peuvent aussi faire l’objet de prêts à d’autres chercheurs et être consultés en ligne, où les images et les données sont en libre accès. Le personnel et les bénévoles dévoués du Musée veillent également à actualiser nos bases de données dans la foulée des découvertes faites par d’autres scientifiques.

Une grande partie de cette information est largement partagée par l’entremise du Système mondial d’information sur la biodiversité. Chaque année, des milliards de points de données sont exploités dans le cadre de recherches sur des sujets tels que la sécurité alimentaire, la dynamique des populations, les espèces envahissantes et les ravageurs, ainsi que la conservation des espèces en péril.

Près de 800 études publiées par an utilisent ces données.

Notre propre collection est extrêmement précieuse pour la communauté scientifique. Notre Compte rendu de la recherche 2018 recense plus de 250 études publiées ayant utilisé des données de notre collection.

Deux personnes âgées assises devant un ordinateur de bureau travaillent sur une base de données.
Les bénévoles Yolande Hachez et John Davies travaillent sur la base de données Portfolio de la collection d’œuvres d’art de la nature. Image : Susan Goods © Musée canadien de la nature

L’Internet est une bénédiction pour les scientifiques, qui peuvent maintenant puiser dans de vastes réseaux de données numérisées, ce qui s’avère très pratique quand on doit travailler à la maison. Le biologiste Edward O. Wilson fait l’observation suivante sur l’ampleur des données réseautées :

« Nous nous noyons dans l’information et nous avons soif de sagesse. Désormais, le monde sera dirigé par des “synthétiseurs”, des personnes capables de réunir les bonnes informations au bon moment, d’en tirer une réflexion critique et de faire des choix importants d’une façon avisée. »

Edward O. Wilson

Ces choix débutent par les millions de spécimens et de données connexes hébergés dans les musées d’histoire naturelle du Canada, y compris ceux du Musée canadien de la nature, qui sont une mine d’or pour les modélisateurs et les autres universitaires qui cherchent à sauver le monde.

Un homme en sarrau blanc tient le crâne d’un animal devant des tiroirs contenant d’autres os d’animaux.
Kamal Khidas présente l’un des nombreux spécimens de la collection de vertébrés au Campus du patrimoine naturel du Musée canadien de la nature. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

Comme pour les pandémies humaines, nous espérons éviter les crises environnementales, aujourd’hui et pour l’avenir. Mais si une crise se produit ou est prédite, les musées d’histoire naturelle du Canada et du monde entier possèdent une solide base de connaissances qui permet aux scientifiques de créer ensemble des modèles et de prédire des réponses aux questions que nous nous poserons de nouveau.