De la plante à l’article : la suite de l’histoire

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Dans un blogue précédent, j’expliquais qu’une recherche n’ayant pas fait l’objet d’une communication (c’est-à-dire d’une publication) restait inachevée; au Musée, cela implique souvent de faire connaître notre découverte au grand public et dans le milieu scientifique. Dans le premier cas, cela prend la forme d’expositions, de présentations et de blogues; dans le second, l’article soumis à un comité de lecture s’impose.

Un bosquet d’épinettes dans la toundra en été.

Notre expédition au fleuve Coppermine nous a conduits à la limite des arbres, où les épinettes blanches (Picea glauca) parsèment la toundra de transition. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Notre dernier article de groupe publié dans Open Access (en anglais) comprend une liste détaillée et beaucoup de photos couleur des plantes vasculaires du cours inférieur du fleuve Coppermine, destination de notre expédition sur le terrain en 2014. En combinant les plus de 1200 spécimens collectés récemment et ceux des herbiers de tout le pays, nous avons relevé 300 espèces de plantes vasculaires le long de ce segment du fleuve, ce qui en fait une des régions les plus riches en espèces du Nunavut continental que l’on connaisse à ce jour.

Une rivière serpente entre des collines, dans la toundra en été.

Le parc territorial Kugluk (Bloody Falls) qui chevauche le cours inférieur du fleuve Coppermine possède une flore riche et diversifiée. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Beaucoup des nouvelles observations de plantes vasculaires (56) sont attribuables à l’extension des aires de distribution. On a ainsi pu compléter les travaux précédents et circonscrire les nouvelles aires de distribution de ces plantes.

On a repéré la présence de sept nouvelles espèces au Nunavut continental et de 14 autres qui n’avaient jamais été observées dans l’ensemble du territoire.

Collage de trois images montrant des plantes différentes.

Au nombre des espèces dont il est question dans cet article figurent Carex gynocrates, nouvelle au Nunavut continental (en haut à gauche), Allium schoenoprasum, nouvelle au Nunavut (à droite) et Botrychium tunux, nouvelle au Nunavut (en bas, à gauche). Images : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Nous avons trouvé 207 taxons de plantes vasculaires (espèces, sous-espèces et variétés) au parc territorial Kugluk (Bloody Falls) situé juste au sud de Kugluktuk. En plus de son rôle de récréation et de préservation d’une région à l’histoire ancienne et parfois sanglante, le parc peut aussi être considéré comme une aire protégée importante pour les plantes vasculaires indigènes du Bas-Arctique.

Collage de trois images montrant des plantes différentes.

D’autres espèces notables observées au Nunavut. À gauche : Carex capitata, nouvelle au Nunavut; à droite en haut : Cryptogramma stelleri, nouvelle au Nunavut continental; à droite en bas : Eremogone capillaris sous-espèce capillaris, nouvelle au Nunavut. Images : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Grâce à la publication de cet article, les données et les interprétations qu’il contient sont à la disposition des autres scientifiques du monde. Ceux-ci peuvent en prendre connaissance, en faire mention, les citer et, nous l’espérons, s’en servir sur le terrain.

Le projet est terminé, mais les spécimens collectés et les connaissances accumulées serviront pendant plusieurs décennies. Une fois la saison de collecte terminée dans l’Arctique, l’équipe de botanique du Musée s’affaire à presser les plantes, à les examiner au microscope, à en extraire des séquences d’ADN, à publier des résultats et à diffuser largement le fruit de son travail à l’intention de tous les intéressés.

Après tout, les collections du Musée et le savoir ne nous appartiennent pas : ils sont à tout le monde.

Un homme assis dans un hélicoptère regarde dehors.

Jeff Saarela, Ph. D., chef d’expédition et auteur principal de l’étude qui en résulte, examinant la toundra à la recherche de sites riches en végétation où l’hélicoptère pourrait atterrir. À titre de directeur du Centre de connaissance et d’exploration de l’Arctique, ce scientifique poursuit la tradition d’excellence de recherche dans l’Arctique du Musée. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Texte traduit de l’anglais.

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Sur les pas du pèlerin : la collecte de diatomées en Terre sainte

En novembre 2016, j’ai passé un merveilleux séjour de deux semaines en Terre sainte avec mon frère Russell. Nous avons visité Israël, la Palestine et l’Égypte. J’ai saisi cette occasion pour recueillir des diatomées d’eau douce du Moyen-Orient pour le Musée canadien de la nature.

Les diatomées sont des algues unicellulaires microscopiques couvertes d’une coquille de silice que l’on trouve dans les sédiments. Elles produisent de l’énergie et de l’oxygène qu’utilisent d’autres organismes du réseau alimentaire. Les scientifiques s’en servent pour étudier les changements climatiques et la qualité de l’eau. J’avais obtenu un permis de collecte de sédiment de plusieurs réserves naturelles d’Israël.

Collage : vue de Jérusalem; intérieur de l’église de la Nativité, un homme sur une terrasse surplombant une ville; une forteresse sur une montagne.

Israël : En haut, à gauche : vieille ville de Jérusalem; en haut, à droite : lieu de naissance de Jésus, dans l’église de la Nativité à Bethléem; en bas, à gauche : Joe sur le mont Carmel, Haïfa; en bas, à droite : forteresse de Massada. Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Itinéraire de voyage
En Israël et en Palestine, nous avons visité les sites suivants : Jérusalem, Bethléem, Qumrân, Massada, la mer Morte et la ville de Tibériade sur le lac du même nom; le fleuve Jourdain, Haïfa, Tel Dan, Nazareth, Césarée, Tel-Aviv, le Néguev et Eilat.

En Égypte, nous nous sommes rendus au mont Sinaï, à Charm el-Cheikh, puis avons pris l’avion jusqu’au Caire pour voir les pyramides, le Sphinx et le Musée égyptien. Quel merveilleux voyage!

Collage : une plage; un homme devant le Sphinx et une pyramide; des urnes sculptées; des bateaux sur l’eau.

Égypte : en haut, à gauche : la mer Rouge, Charm el-Cheikh; en haut, à droite : Joe devant le Sphinx et la grande pyramide de Guizèh; en bas, à gauche : urnes funéraires au Musée égyptien du Caire; en bas, à droite : croisière sur le Nil. Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Sites de prélèvement en Israël
Note : On peut trouver les diatomées représentées dans de nombreux sites.
Le mot hébreu Nahal signifie ruisseau.
1 µm = 1 micron = 1 millionième de mètre.

Collage : une chute d’eau; trois photos de diatomées vues au microscope.

Nahal David, réserve naturelle Ein Gedi près de la mer Morte. Au milieu : Navicula radiosa (73 µm × 10 µm); à droite, de haut en bas : Cymatopleura elliptica (80 µm × 45 µm); espèce du genre Biddulphia (70 µm × 56 µm). Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Collage : une plage; quatre photos de diatomées vues au microscope.

Rive sud du lac de Tibériade avec le plateau du Golan au fond. À droite, du haut vers le bas : Anomoeoneis sphaerophora (47 µm × 15 µm); Navicula crytocephala (20 µm × 5 µm); Nitzschia obtusa (57 µm × 4 µm); Mastogloia smithii (30 µm × 10 µm). Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Collage : un ruisseau; trois photos de diatomées vues au microscope.

Fleuve Jourdain, au sud du lac de Tibériade. À droite, de haut en bas : Placoneis clementis (17 µm × 7 µm); Staurosirella pinnata (10 µm × 5 µm); Aulacoseira granulata (25 µm × 12 µm). Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Collage : des marches menant à un bassin clôturé; trois photos de diatomées vues au microscope.

Site de baptême de Yardenit au bord du fleuve Jourdain. Diatomées collectées dans le fossé de dérivation. De gauche à droite : Navicula capitatoradiata (31 µm × 7 µm); Pinnularia kneuckeri (23 µm × 4 µm); Amphora coffeaeformis (27 µm × 4 µm). Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Collage : un homme au bord d’un étang; quatre photos de diatomées vues au microscope.

Joe prélevant des échantillons dans le réservoir nord de Mezuda, dans la réserve naturelle d’Ein Afek près de la ville d’Acre. Au milieu : Nitzschia acicularis (80 µm × 7 µm); à droite, de haut en bas : Nitzschia compressa (21 µm × 11 µm); Rhoicosphenia curvata (22 µm × 7 µm); Cocconeis placentula (50 µm × 30 µm). Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Collage : un ruisseau près d’un pont en pierre; trois photos de diatomées vues au microscope.

Réserve naturelle Banias Nahal Hermon, au Golan. Au milieu : Navicula tripunctata (45 µm × 8 µm); à droite, de haut en bas : Achnanthes lanceolata (11 µm × 5 µm); Amphora pediculus (9 µm × 6 µm). Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Collage : un homme près d’une fontaine au sol; trois photos de diatomées vues au microscope.

Joe à côté d’une fontaine sur le mont des Béatitudes, en Galilée. Diatomées collectées dans un canal de drainage. De gauche à droite : Navicula recens (25 µm × 6 µm); Nitzschia amphibia (27 µm × 4 µm); Cymbella silesiaca (32 µm × 9 µm). Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Sites de prélèvement en Égypte
J’ai collecté de la boue non sédimentaire dans un plan d’eau du Musée égyptien du Caire, qui contenait quelques diatomées.

Collage : la façade d’un musée; quatre photos de diatomées vues au microscope.

Plan d’eau devant le Musée égyptien du Caire. Au milieu, de gauche à droite : Encyonopsis subminuta (14 µm × 4 µm); Achnanthidium minutissimum (15 µm × 4 µm); à gauche, de haut en bas : Fragilaria construens (5 µm × 3 µm); Cyclotella kuetzingiana (11 µm × 11 µm). Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Conclusion
J’avais déjà vu plusieurs des espèces de diatomées présentées dans ce blogue dans des échantillons prélevés récemment à Ottawa (Ontario) et à Vancouver (Colombie-Britannique).

Les diatomées que je n’avais jamais rencontrées auparavant sont les suivantes : Achnanthidium minutissimum, Amphora coffeaeformis, Cyclotella kuetzingiana, Mastogloia smithii, Nitzschia acicularis, Nitzschia compressa, Pinnularia kneucker et Biddulphia sp.

Il serait intéressant de revisiter ces pays du Moyen-Orient afin de recueillir davantage d’échantillons et de les analyser.

Lisez ces autres blogues de Joe Holmes sur ses récoltes de diatomées dans d’autres endroits:
Des diatomées canadiennes « royales » de l’étang de Rideau Hall, à Ottawa
À la recherche de diatomées « urbaines » à Vancouver : partie 1
À la recherche de diatomées « urbaines » à Vancouver : partie 2
Mes diatomées irlandaises : partie 1
Mes diatomées irlandaises : partie 2

Texte traduit de l’anglais.

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Co-extinction : le cas du châtaignier d’Amérique et du charançon Curculio caryatrypes.

Avec l’augmentation de la population humaine, qui exige davantage d’espace et de ressources alors même que les deux sont de plus en plus limités, les autres créatures qui occupent la planète disparaissent.

Les gens sont généralement sensibilisés au sort malheureux des animaux les plus gros et les mieux connus tels les oiseaux et les mammifères et aux facteurs qui en sont souvent à l’origine comme la perte d’habitat ou l’introduction d’espèces exotiques. Mais ils ignorent la plupart du temps que beaucoup de créatures plus petites et plus discrètes sont en voie de disparition ou déjà éteintes. Le plus souvent, ces petites bêtes sont menacées d’extinction pour les mêmes raisons que les gros animaux, sauf dans une situation : la co-extinction.

Feuillage.

Feuillage et bogues immatures du châtaignier d’Amérique. Image : Daderot © Domaine public

On parle de co-extinction quand une espèce s’éteint en raison de la disparition d’une autre espèce dont elle est tributaire. Ce phénomène est mal compris, car peu de cas ont été étudiés. Malgré tout, on estime que la co-extinction pourrait devenir une des plus grandes menaces à la biodiversité actuelle en raison du lien très étroit qui unit de nombreux parasites à leurs plantes hôtes et de nombreux insectes aux plantes dont ils se nourrissent. Les effets de la co-extinction ne concernent pas uniquement les insectes et les parasites dépendant des plantes, mais risquent de se répercuter sur les réseaux alimentaires et d’entraîner la disparition d’organismes non reliés directement, mais appartenant à la chaîne de dépendance. Il s’agit d’un problème que l’on devrait prendre très au sérieux.

Deux hommes au pied d’immenses arbres.

Photo spectaculaire de châtaigniers d’Amérique prise en 1910 en Caroline du Nord. On a surnommé ces arbres gigantesques les « séquoias de l’est ». Avec la gracieuse permission de la Forest History Society, Durham, Caroline du Nord, États-Unis.

Examinons le cas du châtaignier d’Amérique Castanea dentata. Au tournant du XXe siècle, Castanea dentata était l’une des essences les plus répandues des forêts de l’est de l’Amérique du Nord. À pleine maturité, l’arbre atteignait une hauteur de 30 m et un diamètre de plus de 3 m. On l’appelait le « séquoia de l’est ».

En 1904, un champignon pathogène, Cryphonectria parasitica, ou chancre du châtaignier, a été introduit au parc zoologique de la ville de New York (aujourd’hui le zoo Bronx). En quelques décennies, ce parasite s’est rapidement répandu dans tout l’est des États-Unis, y éliminant la presque totalité des châtaigniers.

Le chancre continue d’infecter les nouvelles pousses qui sortent des racines des arbres morts et les tuent avant qu’elles n’aient le temps de croître et de se reproduire. Quelques arbres de bonne taille ont survécu dans l’aire de répartition originale peut-être en raison de leur isolement ou d’une résistance partielle au chancre, mais le cycle de reproduction de ces arbres n’est pas bien connu.

Feuilles et noix.

Feuilles et fruits du châtaignier d’Amérique, Castanea dentata. Image : Timothy Van Vliet © Timothy Van Vliet (CC BY-SA 3.0)

Comme la plupart des espèces d’arbres, le châtaignier d’Amérique est l’hôte de plusieurs insectes qui se nourrissent exclusivement sur lui ou presque, notamment quelques espèces de papillons de nuit et au moins deux espèces de charançons : Curculio caryatrypes et Curculio sayi.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, l’extinction du châtaignier d’Amérique, due à l’impossibilité de se reproduire, a entraîné la perte simultanée d’au moins deux papillons de nuit Ectodemia castanea et Ectodemia phleophaga, ainsi que vraisemblablement d’au moins cinq autres espèces dont certaines ont été observées pour la dernière fois en 1936.

Le cas des charançons n’a pas fait l’objet d’étude jusqu’à maintenant. On sait que Curculio sayi existe toujours. Il se reproduit dans les fruits d’autres espèces du genre Castanea, comme le châtaignier de Chine (Castanea mollissima) qui a été introduit, ainsi que le chinquapin indigène (Castanea pumila) et ses parents du sud.

Collage de deux photos d’insectes.

Curculio caryatrypes : le mâle (à gauche) et la femelle (à droite). On reconnaît ce charançon du genre Curculio à sa grande taille et au second segment du funicule de l’antenne (partie située sous le coude) bien plus long que le premier segment. La femelle se sert de son rostre, très long, pour creuser des trous profonds dans les châtaignes et y déposer ses oeufs. Images : Francois Genier © Musée canadien de la nature

Lors de la dernière étude taxonomique du genre Curculio portant sur des milliers de spécimens de musée, il a été impossible de trouver un seul spécimen de Curculio caryatrypes collecté après 1956. Pareillement, les efforts de collecte de cette espèce sur les châtaigniers d’Amérique survivants ont été vains.

Aiguillonné par cette absence, j’ai récemment réuni nombre de collections d’insectes provenant de l’aire de répartition du châtaignier d’Amérique pour voir si on avait ajouté, depuis, des spécimens de cette espèce de charançon qui se distingue par sa taille. Malheureusement, après 1950, seuls deux spécimens ont été recueillis : ils l’ont été au printemps 1987 par le spécialiste des lépidoptères d’Ottawa Eugene Munroe, aujourd’hui décédé, et sa femme Isobel, sur les fruits d’un grand châtaignier d’Amérique (aujourd’hui mort) dans le comté de Prince George au Maryland.

Il existe de nombreuses observations de charançons sur des châtaigniers exotiques et sur les chinquapins indigènes, mais il s’agit toujours du plus petit des charançons du châtaignier : Curculio sayi. En dépit de commentaires affirmant le contraire dans de vieux documents d’agriculture, il est vraisemblable que Curculio caryatrypes ait été associé uniquement à Castanea dentata et qu’il ait donc subi le même sort que la plante qui assurait sa survie.

Quelques insectes sur deux fruits piquants.

Curculio caryatrypes mâles et femelles sur des bogues de châtaignier d’Amérique. On comprend la raison d’être du long rostre chez la femelle qui doit se frayer un chemin parmi les piquants pour creuser son trou de ponte. Image : © Brooks et Cotton 1929, ministère de l’Agriculture des États-Unis

Il est toujours malheureux d’annoncer la disparition d’une espèce. Aujourd’hui, je crois qu’il faut ajouter le charançon Curculio caryatrypes aux deux espèces de papillons de nuit déjà sur la liste des créatures éteintes. On devrait se préoccuper sérieusement, avant qu’il ne soit trop tard, de la menace de co-extinction qui pèse sur le frêne et sur ses insectes associés en raison de l’introduction de l’agrile du frêne, Agrilus planipennis.

Texte traduit de l’anglais.

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Des armoires, encore des armoires : la suite de l’histoire

par Kathlyn Stewart et Michelle Coyne

Le transfert de certaines collections nationales de la Commission géologique du Canada (CGC) de leurs locaux de la rue Booth, à Ottawa, jusqu’au campus de la recherche et des collections du Musée canadien de la nature se poursuit!

Spécimens de plantes fossilisées dans un tiroir d’entreposage.

Certains des spécimens types de plantes fossiles qui se trouvent maintenant dans les installations du Musée. Image : Kathy Stewart © Musée canadien de la nature

Dans un blogue précédent, j’évoquai l’arrivée des États-Unis d’un premier lot de 225 armoires Lane au Campus du patrimoine naturel, à Gatineau, au Québec. C’est ici que l’on conserve les collections du Musée et que se déroulent les activités de recherche.

Ces armoires abriteront une partie des immenses collections de plantes et d’invertébrés fossiles de la Commission. Nous avons trouvé de l’espace et rebaptisé les lieux « réserve de la Commission géologique du Canada ». Depuis cet envoi initial, nous avons reçu 225 armoires de plus et disposons donc d’un total de 450 cabinets dans nos réserves.

Une plaque sur une porte.

Nouvelle plaque de la réserve 2 de notre édifice de la recherche et des collections, qui abritera la collection nationale de plantes fossiles types de la Commission géologique du Canada. Image : Michelle Coyne © Commission géologique du Canada

Mais il était impossible de les placer dans la réserve avant d’y terminer les travaux, alors où les mettre en attendant? La photo ci-dessous montrant une rangée infinie d’armoires le long d’un corridor répond à la question!

Des armoires alignées le long d’un corridor.

Des centaines d’armoires alignées dans les principaux corridors de l’édifice de la recherche et des collections du Musée, à Gatineau, au Québec. Image : Kathy Stewart © Musée canadien de la nature

Sous la supervision experte de Martin Leclerc et de Pascale Sénéchal du Musée, la réserve a subi plusieurs modifications : installation d’équipement pour maximiser l’entreposage, la sécurité, le contrôle de paramètres environnementaux, ainsi qu’une nouvelle couche de peinture. Le tout garantit les meilleures conditions de conservation.

Un système d’entreposage en voie d’installation.

L’installation du système d’entreposage dans la réserve de la CGC. Image : Michelle Coyne © Commission géologique du Canada

Pendant les rénovations, les premières collections nationales de la Commission sont arrivées de la rue Booth. Deux collections petites mais précieuses, celle des météorites et des tectites et celle des plantes fossiles types, plus une collection de coquillages du Quaternaire ont été emballées et expédiées en camion à notre édifice à la fin de 2015 et au début de 2016.

Ce premier arrivage était en partie un projet pilote permettant de mettre à l’essai l’empaquetage, les exigences de conservation et les méthodes de déménagement des autres collections.

Météorites! La collection de roches et de fragments de fer provenant de l’espace de la Commission a suscité l’intérêt de la population et des scientifiques depuis ses débuts. La naissance de la collection date de 1855 alors que Sir W. E. Logan faisait l’acquisition d’une masse de 167,8 kg de la météorite de Madoc, la première reconnue au Canada.

Un morceau de météorite sur un socle de pierre.

Le principal morceau de la météorite de Madoc, acquise par W. E. Logan. Image : Michelle Coyne © Commission géologique du Canada

Très peu de temps après sa découverte, la météorite fut présentée à l’Exposition universelle de Paris de 1855, en France, ce qui lui conféra une réputation internationale.

Cette météorite restera à la salle Logan de la Commission, à la rue Booth, pendant les célébrations du 175e anniversaire de cette institution. Elle sera ensuite transportée dans nos réserves de Gatineau.

La collection des météorites de la Commission s’est considérablement développée depuis ses débuts. Elle comprend aujourd’hui plus de 3000 échantillons issus de 1035 météorites provenant de 87 pays.

La collection comprend 52 météorites canadiennes, dont les récentes acquisitions de Buzzard Coulee, en Saskatchewan, et du lac Tagish près d’Atlin, en Colombie-Britannique, attribuables à R. Herd, Ph. D, ancien conservateur.

Les tectites, c’est-à-dire les débris causés par l’impact de la météorite, font aussi partie de cette collection.

Un homme insère un tiroir d’échantillons dans une armoire.

Ian Beitz, étudiant de l’Université Carleton et bénévole à la Commission, range un tiroir d’échantillons de météorites dans une des nouvelles armoires. Image : Michelle Coyne © Commission géologique du Canada

La collection des plantes fossiles types a aussi effectué le trajet entre la rue Booth et nos installations de Gatineau. Les spécimens ont été déballés par le personnel et les bénévoles de la Commission. Ils ont été rangés dans 22 armoires avec la collection de paléobiologie en attendant leur place dans la réserve de la CGC. Comme toutes les autres collections du Musée, elles sont accessibles aux scientifiques et au public.

La collection des plantes fossiles types comprend des espèces fossiles qui ont été nommées et illustrées et qui ont fait l’objet d’une publication scientifique. Walter A. Bell (1889–1969) a été à la Commission de 1920, alors qu’il était encore étudiant, jusqu’en 1954, date de sa retraite. Ce paléobotaniste a aussi occupé le poste de directeur de la Commission. En 1962, il a publié le premier catalogue exhaustif des spécimens types et de spécimens figurés de mégaplantes et microplantes fossiles de la collection de la CGC.

Deux femmes près d’une rangée d’armoires de collections.

Michelle Coyne, conservatrice de la Commission, et Alexandria Gaucher-Loksts, bénévole, avec la collection de plantes fossiles types nouvellement arrivée. Image : Kathy Stewart © Musée canadien de la nature

La collection de plantes fossiles types de la Commission revêt un grand intérêt pour le Musée car beaucoup de ces spécimens végétaux proviennent des mêmes sites que les fossiles de vertébrés de la collection du Musée et fournissent donc des renseignements sur l’environnement dans lequel évoluaient ces vertébrés.

Aujourd’hui, plus d’un an après le précédent blogue, nous avons accompli beaucoup mais la tâche est loin d’être terminée. Il faut mettre constamment à jour les bases de données en ligne et les bases de références des collections de la Commission. Il reste encore beaucoup de préparation en prévision du « grand » déménagement. On prévoit qu’en 2017 le reste des collections de minéraux et d’invertébrés fossiles commenceront à remplir les 450 armoires.

Texte traduit de l’anglais.

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À la chasse aux charançons au Texas

En mars de cette année, j’ai rendu visite à mon collègue à la retraite Charlie O’Brien, chez lui en Arizona, pour consulter son exceptionnelle collection de charançons. Alors que j’identifiais des spécimens d’un groupe que j’avais étudié pour ma thèse de Ph. D. dans les années 1980, j’ai rencontré une série de cinq insectes collectés au lac McKenzie dans le comté de Gaines, au Texas, en octobre 2004. Comme je connaissais bien ce groupe, j’ai immédiatement reconnu qu’il s’agissait d’une nouvelle espèce, voire d’un nouveau genre.

Un insecte.

Nouveau genre? Une espèce non décrite (et vraisemblablement un genre non décrit) de Cleonini du comté de Gaines, au Texas. Image : François Génier © Musée canadien de la nature

Connaissant le site et la date de la collecte, je me suis rendu le mois dernier sur les lieux afin de découvrir d’autres renseignements sur la biologie et peut-être les plantes hôtes de ces charançons. J’ai réservé la semaine du 19 octobre (qui correspond à la date de collecte en 2004) et me suis envolé vers le Texas pour une partie de chasse.

Paysage semi-désertique.

Rives sableuses. Les terres basses salées et sableuses de la rive nord du lac McKenzie. Les taches blanches sont des dépôts de sel laissés lors des montées des eaux. Image : Robert Anderson © Musée canadien de la nature

À Dallas, j’ai loué une auto pour me rendre dans le comté de Gaines, situé dans les hautes plaines de l’ouest du Texas. Après des kilomètres de champs de coton, je suis arrivé dans la région du lac McKenzie, véritable oasis naturelle de quelque 1600 hectares de prosopis, d’armoise, de gutierrézie faux-sarothra et d’une myriade d’autres plantes se plaisant dans les milieux arides.

Comme les charançons avaient été collectés par Dave Brzoska, un passionné des cicindélidés, je passai la majeure partie du premier jour à scruter les habitats sablonneux ouverts qu’affectionnent ces prédateurs volants aux couleurs vives, dans l’espoir de rencontrer des charançons.

Rive sablonneuse d’un plan d’eau.

Un bon territoire de chasse? Les berges du lac McKenzie. Les insectes (dont des charançons) et autres débris s’accumulent le long des rives avec le vent. Image : Robert Anderson © Musée canadien de la nature

Après cinq heures de recherche et cinq litres d’eau, j’ai trouvé mon premier spécimen, mort parmi les débris et autres insectes échoués sur le rivage. Malheureusement, j’ai passé trois autres longues journées à examiner diverses plantes et à arpenter les rives du lac sans trouver un seul autre spécimen.

Champ de coton.

Champ de coton. Un des nombreux champs de coton entourant l’habitat naturel bordant le lac. Dans l’ouest du Texas, on peut rouler pendant des heures dans les champs de coton. Image : Robert Anderson © Musée canadien de la nature

J’avais aussi prévu de passer quelques jours chez un entomologiste de mes amis, Darren Pollock, à Portales, au Nouveau-Mexique, pour examiner sa collection. J’ai eu la chance d’y découvrir un spécimen de la même espèce. Il l’avait collecté en mars dernier dans le comté de Quay, au Nouveau-Mexique.

Bien que je n’aie pas réussi à me renseigner davantage sur la biologie ou les plantes hôtes de ce charançon, j’ai obtenu un deuxième spécimen et je sais maintenant que son aire de distribution excède la région du lac McKenzie et qu’il est actif au printemps et en automne. Avec sept spécimens connus, je possède maintenant une série suffisante pour entamer une description de l’espèce et pour me faire une idée du genre auquel elle appartient.

Broussailles.

Idéal pour les charançons. L’habitat d’arbustes de prosopis qui borde le lac. On a collecté de nombreux charançons lorsqu’ils viennent se nourrir sur les petits buissons à fleurs jaunes dans la fraîcheur et l’humidité de la nuit. Image : Robert Anderson © Musée canadien de la nature

Bien que je n’aie obtenu que deux spécimens de l’espèce visée, j’ai aussi collecté, au lac McKenzie, des centaines d’autres charançons fort intéressants de diverses espèces, la majorité avec un filet alors qu’ils venaient, dans l’air plus frais et moins sec de la nuit, se nourrir sur des plantes dégageant de l’humidité.

Beaucoup ont une aire de distribution limitée aux hautes plaines occidentales du Texas et sont rares dans les collections. Pour les collecter, il me fallait simplement veiller à ce que ma lampe frontale ne tombe pas en panne. Je devais aussi ne pas me laisser distraire par les charançons ou les coyotes qui hurlaient au loin au point de mettre le pied sur un serpent à sonnette.


Une oasis naturelle dans une mer de coton. Une brève vidéo panoramique du lac McKenzie et des alentours, dans le comté de Gaines au Texas. Vidéo: Robert Anderson © Musée canadien de la nature

Texte traduit de l’anglais.

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Des héros de la nature récompensés par les prix Inspiration Nature

Il importe de célébrer nos héros. Ils méritent notre reconnaissance, non seulement pour leurs réalisations bénéfiques mais pour la considérable inspiration qu’ils procurent. Certains d’entre eux usent de leur talent pour créer des oeuvres d’art capables de susciter l’émotion par leur pure beauté ou leur incroyable imagination. D’autres nous émerveillent par leur capacité physique à littéralement flotter au-dessus de la glace d’une patinoire ou à remonter en trombe un terrain de soccer.

Il y a aussi les héros de la nature, beaucoup moins connus mais néanmoins capables de changer le monde autour d’eux grâce à leurs réalisations, aux raisons qui les motivent et à la passion qui les anime.

Les finalistes et les lauréats des prix Inspiration Nature debout dans un escalier.

Les finalistes, les lauréats et les membres du jury des prix Inspiration Nature 2016 rassemblés dans le cadre du gala de remise des prix. Martin Lipman © Musée canadien de la nature.

Ces héros de la nature sont des particuliers, des groupes ou des organisations. Ils sont jeunes ou vieux. Ils se perçoivent comme une partie intégrante du monde naturel. Leur enthousiasme à l’égard de la nature et à la perspective d’une plus grande durabilité les a poussés à créer de nouvelles façons de prendre part à la vie. Ils le font pendant toute leur vie ou s’assurent que ces valeurs s’inscrivent au cœur de leur organisation. Ils entraînent de nombreuses autres personnes dans leur sillage.

Le Musée a trouvé le moyen de récompenser certains de ces héros grâce à ses prix Inspiration Nature. Chaque année, nous sommes confrontés au choix difficile de désigner, parmi une longue liste de candidats méritants, les lauréats qui seront récompensés lors du gala. La découverte des accomplissement des postulants a de quoi étonner. Le fait de prendre connaissance de cette grande variété d’activités et de réalisations procure une nouvelle perspective sur nos capacités en tant qu’êtres humains et inspire un sentiment d’humilité.

Le gala de cette année a eu lieu le 9 novembre. Les lauréats des prix Inspiration Nature 2016 sont les suivants :

  • Jeunes : Ta’Kaiya Blaney, une dynamique adolescente, qui est à la fois figure de proue des Premières Nations, actrice, chanteuse-compositrice et jeune ambassadrice de l’organisme Native Children’s Survival. Dans le cadre de ses diverses fonctions, elle prend souvent la parole sur la scène internationale. Son tout dernier projet musical et visuel intitulé Earth Revolution est une démarche forte visant à susciter le respect envers la Terre Mère.


  • Adulte : John Lounds, président et PDG de Conservation de la nature Canada, organisme qu’il a transformé en une importante force nationale. Cette organisation sans but lucratif a permis de préserver plus d’un million d’hectares (2,8 millions d’acres) de terres présentant un intérêt écologique au Canada.
John Lounds, tenant un trophée, debout à côté de  Meg Beckel.

John Lounds en compagnie de la présidente-directrice du Musée Meg Beckel au gala 2016 des prix Inspiration Nature. Martin Lipman © Musée canadien de la nature.

  • Hommage : Neal Jotham a consacré plus de 50 ans de sa vie à combattre la cruauté envers les animaux, notamment à titre de directeur de la Fédération des sociétés canadiennes d’assistance aux animaux. Grâce à ses efforts pour mettre au point des techniques de piégeage indolore, il a éliminé les souffrances de millions d’animaux à fourrure sauvages en Amérique du Nord, en Russie et dans l’Union européenne et a considérablement réduit le piégeage des espèces non ciblées.


  • Organisations à but non lucratif (petites et moyennes): Natural Step Canada encourage l’instauration d’une société durable. Ses programmes fournissent des instructions sur la façon d’intégrer au mieux la durabilité dans les stratégies, le fonctionnement, les produits, les services et la planification des collectivités, des entreprises et des groupes. Ses programmes d’apprentissage ont tiré parti de la participation et des compétences de milliers de chefs de file et de praticiens.
  • Organisations à but non lucratif (grandes) : Situé à l’Université Dalhousie, l’Ocean Tracking Network est un projet de développement et une plateforme de recherche et de technologie internationale. Ce réseau de scientifiques facilite la gestion durable, à l’échelle nationale et internationale, d’animaux marins tels que mammifères, tortues, calmars, crustacés, requins, esturgeons, anguilles, thons, saumons et morues. Il atteint son but en fournissant des données sur les mouvements, les migrations, l’utilisation de l’habitat et la survie des espèces marines.
Une femme, un trophée à la main, se tient debout à côté d’un homme parlant à un podium, avec un écran à l’arrière.

Sara Iverson, Ph. D., et Fred Whoriskey, Ph. D. (au podium) reçoivent le prix Inspiration Nature 2016 au gala qui a eu lieu le 9 novembre 2016 au Musée canadien de la nature. Martin Lipman © Musée canadien de la nature.

  • Entreprises (petites et moyennes) : SK Films se spécialise dans la création et la diffusion de productions multimédias de haute qualité sur l’histoire naturelle. Cette entreprise bien établie relie ses productions éducatives novatrices avec des actions de conservation en vue de renforcer et d’améliorer l’expérience du spectateur. SK collabore régulièrement avec des scientifiques et des éducateurs, tisse des liens avec les groupes scolaires et les familles et s’intéresse à la science citoyenne.
Un homme serre la main d’une femme qui reçoit un prix.

John Geiger, PDG à la Société géographique royale du Canada, décerne le prix Inspiration Nature 2016, catégorie Entreprises (petites et moyennes), à Wendy MacKeigan et Jonathan Barker de SK Films. Image: Martin Lipman © Musée canadien de la nature.

  • Entreprises (grandes) : Teck Resources est une entreprise diversifiée du secteur des ressources qui prône une exploitation responsable des mines et des minéraux. Ses compétences s’étendent aux domaines de l’exploration, de l’exploitation, de l’extraction et du traitement des minéraux, ainsi qu’à ceux de la protection de l’environnement, de la recherche, de l’intendance et du recyclage des matériaux. Teck s’efforce de minimiser son empreinte et de limiter les effets de ses opérations, de façon à laisser aux générations futures un environnement productif.

Le Musée canadien de la nature adresse des félicitations bien méritées à tous les lauréats des prix 2016. Renseignez-vous sur ces héros et visionnez les vidéos sur leurs accomplissements à nature.ca. Puissent leurs réalisations et les pouvoirs de la nature vous inspirer!

Si vous connaissez une personne ou une organisation susceptible d’être candidate aux prix 2017, ne manquez pas l’appel de candidatures en février 2017.

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« Les squelettes sortent des placards » à l’édifice de la recherche et des collections du Musée

Chaque année, le Musée canadien de la nature ouvre au grand public son édifice de la recherche et des collections situé à Gatineau, au Québec (secteur d’Aylmer). Ces installations sont beaucoup plus grandes que le bâtiment familier du Musée au centre d’Ottawa. On y trouve plusieurs laboratoires de recherche ainsi que les collections du Musée.

Visiteurs regardant le squelette sur pied d’un mastodonte.

Dans l’entrée de l’édifice de la recherche et des collections, les visiteurs sont accueillis par un squelette de mastodonte. Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Aux « portes ouvertes » du Musée, les conservateurs, le personnel scientifique et les bénévoles sont à pied d’œuvre pour répondre aux questions et transmettre leurs connaissances. Cet événement, qui comporte plusieurs activités pour les familles avec enfants, connaît un vif succès et attire normalement quelque 3700 visiteurs.

On peut y admirer des présentations sur divers sujets : dinosaures, mammifères, insectes, minéraux, créatures aquatiques, botanique, ADN, Arctique. On y découvre aussi des objets très anciens et merveilleux rarement exposés.

Nous vous présentons en images quelques-uns des points saillants des dernières portes ouvertes du Musée, qui ont eu lieu en octobre 2016.

Collage : Gros squelettes de vertébrés; squelette et modèle d’un poisson à pattes; boeuf musqué naturalisé; crânes et os de dinosaures.

Les squelettes sortent des placards :
En haut à gauche : Spécimens de la collection des vertébrés, dont des squelettes d’orignal, de bison et de phoque.
En haut à droite : Modèle de Tiktaalik roseae, un poisson à pattes fossile de 375 millions d’années mis au jour dans l’Arctique en 2004. C’est le premier poisson à s’être aventuré sur la terre ferme. Le conservateur de paléobiologie Kieran Shepard a répondu aux questions des visiteurs.
En bas à gauche : Deux boeufs musqués naturalisés, Ovibos moschatus. Originaire d’Eurasie, ce mammifère a probablement atteint l’Amérique du Nord par le détroit de Béring. Il est merveilleusement bien adapté aux conditions arctiques avec, notamment, sa silhouette compacte et son épaisse fourrure.
En bas, à droite : Crânes de dinosaures à cornes et autres os de dinosaures.
Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Des spécimens aquatiques dans des bocaux, disposés sur des tables dans un laboratoire.

Une exposition de spécimens aquatiques préservés dans des bocaux d’éthanol. Le laboratoire de poisson du Musée prête ses spécimens aux établissements de recherche du monde entier. Comme l’a expliqué Noel Alfonso, chercheur adjoint principal en zoologie, on retire le spécimen de son bocal, on l’enveloppe dans une étamine, on met le tout dans un sac et on l’envoie par avion à sa destination. Cela devient un « poisson volant »! Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Des rangées d’insectes dans une vitrine.

Aimez-vous les coléoptères? Le Musée possède des centaines de tiroirs remplis de milliers de coléoptères et d’autres insectes collectés dans le monde entier. Bob Anderson, Ph. D., chercheur en zoologie, a répondu aux questions des visiteurs. Des photos de scarabées en gros plans sont exposées à l’édifice principal du Musée à Ottawa. Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Collage : un homme discute avec des visiteurs devant des étagères contenant des gaines de plâtre; une carapace de tortue fossile (en avant-plan) et un adolescent (à l’arrière-plan); une femme assise derrière une table d’information; un homme assis près d’une table où repose un crâne de dinosaure fossile.

Spécialistes des fossiles répondant aux questions.
En haut à gauche : Le paléontologue Xiao-chun Wu, Ph. D., présente des crânes de dinosaures primitifs à de jeunes visiteurs. Sur les étagères derrière lui se trouvent des centaines de fossiles protégés par une gaine de plâtre. Ces spécimens provenant de fouilles n’ont pas encore été développés.
En haut à droite : Le bénévole William McDonald, dont le père Alan est technicien des collections au Musée, décrit la marche à suivre pour préparer les fossiles. À l’avant plan se trouve la carapace assemblée d’une tortue ancienne.
En bas à gauche : La technicienne des collections Margaret Currie expose l’origine des glaciations et compare le mammouth laineux au mastodonte et aux éléphants modernes.
En bas à droite : Le chercheur en paléobiologie Jordan Mallon, Ph. D., décrit un crâne et une griffe de dinosaure (et un crâne de T-Rex, qui n’est pas sur la photo).
Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Collage : Un visiteur touchant un fossile; un homme à côté d’un modèle d’escargot géant.

À gauche : Le visiteur Ed Gregory touche un os fossile de dinosaure ornithopode herbivore vieux de 70 millions d’années sous l’oeil attentif de deux bénévoles. Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature
À droite : Joe Holmes, bénévole au laboratoire des diatomées du Musée, se tient à côté d’un modèle d’escargot géant dans le corridor de l’aire des collections et de la préservation. Dans cette zone, il est interdit d’apporter des boissons ou de la nourriture afin de prévenir l’introduction d’insectes, lesquels pourraient s’attaquer aux collections. Image : Ed Gregory © Musée canadien de la nature

Collage : outils préhistoriques, météorites et une roche lunaire.

Outils, météorites et une roche lunaire.
À gauche : Scott Rufolo, Ph. D., assistant de recherche en paléobiologie, parle des sites archéologiques dans l’Arctique et notamment de celui de l’expédition de Franklin. Sur la table sont exposés des outils préhistoriques mis au jour dans l’Arctique.
Au milieu : Le bénévole Christian Rochford montre des météorites et une roche lunaire à des visiteurs curieux.
À droite : Une plaque avec une roche lunaire recueillie lors de la mission Apollo 17 dans la vallée Taurus-Littrow, ainsi qu’un drapeau canadien comme celui qui avait été transporté lors de cette même mission. Les inscriptions contiennent un souhait de paix dans le monde de la part du peuple américain et une dédicace de la plaque à la population canadienne signée par le président américain Richard Nixon en 1973.
Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Images: À l’intérieur du laboratoire de l’ADN.

À l’intérieur du laboratoire de l’ADN : « Un renard en vitrine ». L’affiche au-dessus montre une partie du code génétique qui distingue le renard roux des autres mammifères. À gauche, Roger Bull, assistant de recherche principal en botanique et coordonnateur du laboratoire de la biodiversité moléculaire, qui dirige le laboratoire de l’ADN. Le Musée effectue des analyses génétiques sur les plantes, les animaux, les algues et les diatomées. Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Texte traduit de l’anglais.

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« Arachnophilie » : les araignées du campus de recherche du musée

Les araignées forment un groupe diversifié et étonnant d’arthropodes qui composent l’ordre des Araneae. Ce ne sont pas des insectes. Elles suscitent souvent de fortes réactions chez les gens, mais les morsures d’araignées dangereuses sont très rares. 

Cette année, le Programme de surveillance environnementale du Musée canadien de la nature a commencé à répertorier les araignées sur le terrain de 76 ha qui entoure le campus des collections et de la recherche à Gatineau au Québec. Les araignées ont des styles de vie très diversifiés; certaines creusent des tunnels, beaucoup utilisent des toiles pour capturer leurs proies et d’autres se servent de leur soie comme voile pour se mouvoir. Certaines espèces vivent même sous l’eau!

Une araignée au milieu de sa toile.

Une araignée orbitèle (famille des Araneidae) trouvée près de l’édifice des collections et de la recherche à Gatineau au Québec. Image : Carly Casey & Geoff Carter © Musée canadien de la nature

Les étudiants du Programme de surveillance environnementale ont commencé à recueillir des araignées, en plus de poursuivre l’enrichissement des collections de coléoptères. Elles ont été collectées à l’aide des mêmes pièges à fosse que nous utilisons pour recueillir des carabes. Le gaulage est une deuxième méthode de capture d’araignées que nous avons essayée cette saison. La technique consiste à tenir une feuille de papier sous un arbre pendant qu’on secoue celui-ci vigoureusement. Les araignées qui tombent sur la feuille doivent être rapidement aspirées à l’aide d’un aspirateur. Ceci demande beaucoup plus de temps et d’énergie que les pièges à fosse au fonctionnement passif.

Collage de deux photos : Un homme debout regarde une feuille de papier. Un homme accroupi place une installation au sol.

Geoff Carter examine sa feuille après avoir secoué les arbres (à gauche) et tendu un piège à fosse (à droite) sur le campus de la recherche du musée. Le piège à fosse, utilisé également pour piéger des coléoptères, guide les bestioles le long d’un plexiglas dans des verres remplis de propylène-glycol, une substance qui les tue et les préserve. Images : Carly Casey © Musée canadien de la nature

Les observations scientifiques indiquent que les assemblages d’araignées changent avec l’évolution de leur environnement. Une modification dans la composition des espèces d’araignées reflète un changement environnemental dans notre forêt.

Une fois recueillis, nos spécimens ont été préservés dans de l’éthanol et rapportés au labo pour être triés. Lorsqu’on identifie les familles d’araignées, il y a quelques caractéristiques essentielles à surveiller. Souvent, la disposition des yeux indique la famille d’appartenance. La famille des araignées-loups, Lycosidae, par exemple, possède quatre grands yeux postérieurs qui, vus de haut, forment un rectangle. Les quatre yeux antérieurs beaucoup plus petits forment une rangée vue de face.

Plan rapproché de la tête et du corps d’une araignée.

Vue de face d’une araignée-loup mâle (famille des Lycosidae) recueillie par les étudiants du Programme de surveillance environnementale pendant la campagne sur le terrain 2016. Image : François Genier © Musée canadien de la nature

Les spécimens de la famille des araignées-crabes sont faciles à reconnaître par leur forme corporelle et leurs premières et deuxièmes pattes qui ressemblent à celles d’un crabe. D’autres familles peuvent s’avérer plus difficiles à identifier, exigeant de compter le nombre de grands poils, macrosetae, sur un segment d’une patte en particulier.

Plan rapproché, vu de haut d’une araignée.

Vue dorsale d’une araignée-crabe mâle (famille des Thomisidae) recueillie par les étudiants du Programme de surveillance environnementale pendant la campagne sur le terrain 2016. Image : François Genier © Musée canadien de la nature

Pour identifier l’espèce d’une araignée, il faut examiner les organes sexuels de plus près, car ces structures sont très spécifiques à chaque espèce.

Avant de s’accoupler, les mâles tissent une toile sur laquelle ils déposent leur sperme, puis recueillent celui-ci et l’emmagasinent dans leurs organes sexuels secondaires, appelés les pédipalpes, près de la tête. Ces pédipalpes sont des structures très spécialisées, ressemblant à de délicates verreries ou à des confiseries, qui sont introduites dans l’épigyne de la femelle lors de l’accouplement. Les organes sexuels fonctionnent à l’image d’une clef ne pouvant ouvrir qu’une serrure.

Après la reproduction, certains mâles se sauvent en laissant un palpe derrière eux. Ceci permet effectivement d’empêcher tout autre mâle de s’accoupler avec la femelle.

Plan rapproché du dessous d’une patte d’araignée.

Vue ventrale d’un pédipalpe d’une araignée-patineuse mâle (famille des Pisauridae) recueillie par les étudiants du Programme de surveillance environnementale pendant la campagne sur le terrain 2016. Image : François Genier © Musée canadien de la nature

Il y a plus de 100 familles et 35 000 espèces d’araignées dans le monde. Si vous les examinez de plus près sous un microscope, vous pouvez observer à quel point ces espèces diffèrent entre elles. Les araignées ne sont peut-être pas appréciées par tous, mais les étudiants du Programme de surveillance environnementale posent maintenant sur elles un regard passionné, curieux et admiratif.

Texte traduit de l’anglais.

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« L’ère des affaires durables »

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) figure parmi les organisations non gouvernementales les plus anciennes et les plus respectées dans le domaine de la conservation de la nature. Tous les quatre ans, l’UICN (site en anglais) rassemble ses membres dans le cadre du Congrès mondial de la nature, auquel sont aussi conviés tous les autres défenseurs de la nature qui souhaitent participer aux innombrables activités concernant la conservation des espèces et des habitats.

Un édifice sur les rives d’un cours d’eau.

Le Centre des congrès à Honolulu, à Hawaï, aux États-Unis. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

À la réunion de septembre à Honolulu, la portion « autres défenseurs de la nature » tient une place appréciable; 10 000 délégués de 184 pays, représentant 1300 organisations non gouvernementales, s’y sont inscrits.

Immense salle de conférence.

Beaucoup des organisations membres et autres ont des kiosques d’information dans le cadre de cette réunion. Des pavillons offrent aussi un espace plus grand pour des présentations thématiques. Cofinancé par le Musée canadien de la nature, le pavillon Nature pour tous présente des activités visant à rallier les jeunes et les moins jeunes. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

Meg Beckel, Robert Anderson et Mark Graham du Musée canadien de la nature ont assisté à la rencontre, où l’on présentait certains de nos programmes (comme Nature Nocturne) soit dans le pavillon Nature pour tous ou par une présentation électronique sur l’importance de la recherche en taxonomie.

Petite foule dansant dans un stand.

Durant la rencontre, le Musée a organisé, dans le pavillon Nature pour tous, trois soirées Nature Nocturne qui ont remporté un vif succès. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

Nous avons assisté aux réunions de la commission sur la gestion environnementale à titre de membres du thème sur l’Arctique; nous avons présidé le comité de gouvernance de l’assemblée et participé à l’assemblée des membres au sein de la délégation canadienne.

Personnes assises dans une salle de conférence.

Des centaines de membres réunis pour prendre des décisions sur les activités et la gouvernance de l’UICN. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

C’est une assemblée populeuse et dynamique et il y aurait beaucoup de choses à raconter. Mais, au cours d’une séance, une intervention a eu, pour moi, un écho remarquable sur la contribution des musées d’histoire naturelle. De telles rencontres attirent forcément des décideurs de haut niveau. Et l’un d’eux était Sally Jewell, la Secrétaire à l’Intérieur des États-Unis (responsable de la commission géologique, des parcs nationaux et de la gestion des terres). Elle a déclaré que le gouvernement des États-Unis intégrait maintenant la durabilité de l’environnement dans son processus de prise de décision, parce que les services d’un écosystème sain sont garants de notre survie. « Nous entrons dans l’ère des affaires durables » (We are in the forever business), a-t-elle ajouté, ce qui représente un pas en avant très positif et, à mon avis, un signe d’espoir.

Le commentaire de Sally Jewell me rappelle que les musées aussi sont entrés dans l’ère des affaires durables. Demandez à nos conservateurs et à nos restaurateurs combien de temps dureront, à leur avis, leurs collections une fois préparées. Ils répondront sans doute « des centaines d’années ». C’est beaucoup plus que dans bien des domaines. Et ce qui est intéressant, c’est que ces collections et les données qui s’y rattachent jouent souvent un rôle de premier plan pour aider Sally Jewell, et d’autres, à réaliser leurs propres affaires durables. Les collections d’histoire naturelle et les données que l’on échange à leur sujet forment une partie dynamique et intégrante de la communauté scientifique et jouent un rôle essentiel dans les efforts de conservation des décideurs non gouvernementaux et gouvernementaux.

Collage : Plan rapproché d’une femme assise et plan éloigné d’elle entourée de quatre personnes.

Jane Goodall s’adresse à l’assemblée pour souligner l’importance de rallier les jeunes à la cause de la conservation de la nature. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN a attiré aussi des héros de l’environnement. L’inventeur du terme « diversité biologique », E. O. Wilson, par exemple, a donné une allocution et a montré avec force que, à l’âge de 87 ans, il demeure un des phares qui guident notre pensée sur ces questions complexes. Nous avons également écouté avec un vif intérêt Jane Goodall qui, à 82 ans, continue d’inspirer les jeunes et de les inciter à s’engager dans le mouvement de conservation grâce à l’Institut Jane Goodall et au programme Roots and Shoots.

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Où pousse donc la phippsie des neiges? Partie 2

Lisez la première partie de Où pousse donc la phippsie des neiges?

Nous sommes donc reparties à la recherche de ma petite phippsie arctique à Naujaat (autrefois appelé Repulse Bay), un village du Nunavut situé exactement sur le cercle arctique.

Nous avons trouvé la première population de phippsies arctiques quelques heures après notre arrivée. Les plants étaient considérablement plus gros que ceux d’Arviat et se rencontraient dans une plus grande diversité d’habitats.

Montage montrant des gens assis sur le sol ou accroupis en train de travailler.

Les habitats autour de Nujaat où nous avons trouvé la phippsie arctique :
• En haut à gauche : une région côtière sableuse dans le village
• En haut à droite : le long d’une route de gravier
• En bas à gauche : complètement submergé dans une petite mare sur un affleurement rocheux (une situation inhabituelle sans doute attribuable aux pluies abondantes qui ont précédé notre arrivée)
• En bas à droite : au pied d’un banc de neige qui a tardé à fondre.
Images : Lynn Gillespie, Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

Mais où pousse donc la phippsie des neiges? Les spécimens susceptibles d’être des phippsies des neiges sont, à première vue, très semblables à ceux de la phippsie arctique. Privées de microscope, nous devions nous en remettre à notre loupe et aux observations générales de la forme et de l’habitat.

Nous avons trouvé plusieurs plantes avec des tiges qui se dressaient à moitié plutôt que de s’étendre au sol, ce qui est une caractéristique de la phippsie des neiges. Toutefois, l’examen à la loupe a révélé des fleurons qui semblaient typiques de la phippsie arctique.

Montage d'images montrant des spécimens de plantes, dont certains sont tenus par une personne.

Plants de phippsie arctique de Naujaat :
• En haut à gauche : la plus petite plante récoltée
• En haut au milieu : la plus grosse plante observée
• À droite : la racine incroyablement longue d’un des plants
• En bas à gauche : une population mélangée de plants vert vif et de plants violacés
• En bas au milieu : gros plan d’une inflorescence (fleur).
Images : Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

Sur la toundra, nous cherchions aussi des ostioles (éminences de boue), un habitat plus favorable à la phippsie des neiges, mais nous sommes rentrées bredouilles. Nourrissant de plus en plus de doutes à propos de la présence de la phippsie des neiges au Canada, nous avons quitté Naujaat pour notre destination finale : la capitale du Nunavut.

Ne disposant que de trois jours de recherche à Iqaluit, il nous fallait planifier soigneusement les habitats à explorer. Le premier jour, nous avons découvert plusieurs populations de phippsies arctiques dans des habitats perturbés, humides et sableux, autour et à l’intérieur de la ville. Les plantes étaient de bonne taille avec des inflorescences (fleurs) denses, mais rien qui ressemblait à de potentielles phippsies des neiges.

Montage d'images montrant une personne accroupie qui prend une photo ainsi que des spécimens de plantes.

La dernière collecte de phippsies arctiques à Iqaluit :
• À gauche : photographie de la population
• Au milieu : plante typique de la population
• À droite : gros plan d’une inflorescence (fleur).
Images : Lynn Gillespie, Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

Le jour suivant, j’enserrai (avec quelque réticence) un chercheur que nous venions de rencontrer et qui, avec d’autres VTT, nous emmenait au bout de la Route vers Nulle Part. Nous avons marché dans la toundra vallonnée, scrutant chaque banc de neige et tous les habitats humides et sableux, mais nous n’y avons repéré ni phippsie des neiges ni phippsie arctique. Comment était-ce possible?

Comme il nous restait peu de temps, nous avons occupé le dernier jour à passer au peigne fin les rivages de la baie juste à l’est d’Apex, un village près d’Iqaluit. J’étais presque sûre d’y dénicher tout au moins de la phippsie arctique. Mais à mesure que nous avancions de plus en plus loin dans la baie, mes espoirs s’amenuisaient. Hélas, le temps était venu de retourner à Ottawa.

Une femme faisant une grimace.

Photo prise à notre retour à Apex, en sueur et les mains vides. Cet autoportrait s’intitule La botaniste la plus malheureuse du monde. Image : Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

Et maintenant? Probablement quelques longues nuits à s’arracher les yeux sur un microscope pour distinguer une graminée d’une autre. Heureusement, les spécimens empruntés à divers herbiers du monde commençaient à arriver. L’envoi de Svalbard, en Norvège, où la phippsie des neiges et la phippsie arctique sont morphologiquement distinctes sera un atout précieux.

Je vais séquencer plusieurs régions d’ADN de ces spécimens pour trouver des marqueurs génétiques pouvant être utilisés pour identifier les deux espèces de façon certaine. Je pourrai ensuite repérer ces marqueurs sur les spécimens que j’ai récoltés pendant mon voyage, ainsi que sur d’autres provenant d’Amérique du Nord et du Groenland.

Alors seulement pourrais-je répondre à la question « Où pousse donc la phippsie des neiges? ».

Feuilles de papier au sol couvertes de spécimens de plantes.

Collection de phippsies arctiques de notre voyage au Nunavut, pressées et prêtes à être étudiées au microscope. Les rangées contiennent, de gauche à droite, les spécimens d’Iqaluit, de Naujaat et d’Arviat. Image : Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

Texte traduit de l’anglais.

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