« L’ère des affaires durables »

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) figure parmi les organisations non gouvernementales les plus anciennes et les plus respectées dans le domaine de la conservation de la nature. Tous les quatre ans, l’UICN (site en anglais) rassemble ses membres dans le cadre du Congrès mondial de la nature, auquel sont aussi conviés tous les autres défenseurs de la nature qui souhaitent participer aux innombrables activités concernant la conservation des espèces et des habitats.

Un édifice sur les rives d’un cours d’eau.

Le Centre des congrès à Honolulu, à Hawaï, aux États-Unis. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

À la réunion de septembre à Honolulu, la portion « autres défenseurs de la nature » tient une place appréciable; 10 000 délégués de 184 pays, représentant 1300 organisations non gouvernementales, s’y sont inscrits.

Immense salle de conférence.

Beaucoup des organisations membres et autres ont des kiosques d’information dans le cadre de cette réunion. Des pavillons offrent aussi un espace plus grand pour des présentations thématiques. Cofinancé par le Musée canadien de la nature, le pavillon Nature pour tous présente des activités visant à rallier les jeunes et les moins jeunes. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

Meg Beckel, Robert Anderson et Mark Graham du Musée canadien de la nature ont assisté à la rencontre, où l’on présentait certains de nos programmes (comme Nature Nocturne) soit dans le pavillon Nature pour tous ou par une présentation électronique sur l’importance de la recherche en taxonomie.

Petite foule dansant dans un stand.

Durant la rencontre, le Musée a organisé, dans le pavillon Nature pour tous, trois soirées Nature Nocturne qui ont remporté un vif succès. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

Nous avons assisté aux réunions de la commission sur la gestion environnementale à titre de membres du thème sur l’Arctique; nous avons présidé le comité de gouvernance de l’assemblée et participé à l’assemblée des membres au sein de la délégation canadienne.

Personnes assises dans une salle de conférence.

Des centaines de membres réunis pour prendre des décisions sur les activités et la gouvernance de l’UICN. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

C’est une assemblée populeuse et dynamique et il y aurait beaucoup de choses à raconter. Mais, au cours d’une séance, une intervention a eu, pour moi, un écho remarquable sur la contribution des musées d’histoire naturelle. De telles rencontres attirent forcément des décideurs de haut niveau. Et l’un d’eux était Sally Jewell, la Secrétaire à l’Intérieur des États-Unis (responsable de la commission géologique, des parcs nationaux et de la gestion des terres). Elle a déclaré que le gouvernement des États-Unis intégrait maintenant la durabilité de l’environnement dans son processus de prise de décision, parce que les services d’un écosystème sain sont garants de notre survie. « Nous entrons dans l’ère des affaires durables » (We are in the forever business), a-t-elle ajouté, ce qui représente un pas en avant très positif et, à mon avis, un signe d’espoir.

Le commentaire de Sally Jewell me rappelle que les musées aussi sont entrés dans l’ère des affaires durables. Demandez à nos conservateurs et à nos restaurateurs combien de temps dureront, à leur avis, leurs collections une fois préparées. Ils répondront sans doute « des centaines d’années ». C’est beaucoup plus que dans bien des domaines. Et ce qui est intéressant, c’est que ces collections et les données qui s’y rattachent jouent souvent un rôle de premier plan pour aider Sally Jewell, et d’autres, à réaliser leurs propres affaires durables. Les collections d’histoire naturelle et les données que l’on échange à leur sujet forment une partie dynamique et intégrante de la communauté scientifique et jouent un rôle essentiel dans les efforts de conservation des décideurs non gouvernementaux et gouvernementaux.

Collage : Plan rapproché d’une femme assise et plan éloigné d’elle entourée de quatre personnes.

Jane Goodall s’adresse à l’assemblée pour souligner l’importance de rallier les jeunes à la cause de la conservation de la nature. Image : Mark Graham © Musée canadien de la nature

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN a attiré aussi des héros de l’environnement. L’inventeur du terme « diversité biologique », E. O. Wilson, par exemple, a donné une allocution et a montré avec force que, à l’âge de 87 ans, il demeure un des phares qui guident notre pensée sur ces questions complexes. Nous avons également écouté avec un vif intérêt Jane Goodall qui, à 82 ans, continue d’inspirer les jeunes et de les inciter à s’engager dans le mouvement de conservation grâce à l’Institut Jane Goodall et au programme Roots and Shoots.

Publié dans Collections | Tagué , | Laisser un commentaire

Où pousse donc la phippsie des neiges? Partie 2

Lisez la première partie de Où pousse donc la phippsie des neiges?

Nous sommes donc reparties à la recherche de ma petite phippsie arctique à Naujaat (autrefois appelé Repulse Bay), un village du Nunavut situé exactement sur le cercle arctique.

Nous avons trouvé la première population de phippsies arctiques quelques heures après notre arrivée. Les plants étaient considérablement plus gros que ceux d’Arviat et se rencontraient dans une plus grande diversité d’habitats.

Montage montrant des gens assis sur le sol ou accroupis en train de travailler.

Les habitats autour de Nujaat où nous avons trouvé la phippsie arctique :
• En haut à gauche : une région côtière sableuse dans le village
• En haut à droite : le long d’une route de gravier
• En bas à gauche : complètement submergé dans une petite mare sur un affleurement rocheux (une situation inhabituelle sans doute attribuable aux pluies abondantes qui ont précédé notre arrivée)
• En bas à droite : au pied d’un banc de neige qui a tardé à fondre.
Images : Lynn Gillespie, Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

Mais où pousse donc la phippsie des neiges? Les spécimens susceptibles d’être des phippsies des neiges sont, à première vue, très semblables à ceux de la phippsie arctique. Privées de microscope, nous devions nous en remettre à notre loupe et aux observations générales de la forme et de l’habitat.

Nous avons trouvé plusieurs plantes avec des tiges qui se dressaient à moitié plutôt que de s’étendre au sol, ce qui est une caractéristique de la phippsie des neiges. Toutefois, l’examen à la loupe a révélé des fleurons qui semblaient typiques de la phippsie arctique.

Montage d'images montrant des spécimens de plantes, dont certains sont tenus par une personne.

Plants de phippsie arctique de Naujaat :
• En haut à gauche : la plus petite plante récoltée
• En haut au milieu : la plus grosse plante observée
• À droite : la racine incroyablement longue d’un des plants
• En bas à gauche : une population mélangée de plants vert vif et de plants violacés
• En bas au milieu : gros plan d’une inflorescence (fleur).
Images : Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

Sur la toundra, nous cherchions aussi des ostioles (éminences de boue), un habitat plus favorable à la phippsie des neiges, mais nous sommes rentrées bredouilles. Nourrissant de plus en plus de doutes à propos de la présence de la phippsie des neiges au Canada, nous avons quitté Naujaat pour notre destination finale : la capitale du Nunavut.

Ne disposant que de trois jours de recherche à Iqaluit, il nous fallait planifier soigneusement les habitats à explorer. Le premier jour, nous avons découvert plusieurs populations de phippsies arctiques dans des habitats perturbés, humides et sableux, autour et à l’intérieur de la ville. Les plantes étaient de bonne taille avec des inflorescences (fleurs) denses, mais rien qui ressemblait à de potentielles phippsies des neiges.

Montage d'images montrant une personne accroupie qui prend une photo ainsi que des spécimens de plantes.

La dernière collecte de phippsies arctiques à Iqaluit :
• À gauche : photographie de la population
• Au milieu : plante typique de la population
• À droite : gros plan d’une inflorescence (fleur).
Images : Lynn Gillespie, Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

Le jour suivant, j’enserrai (avec quelque réticence) un chercheur que nous venions de rencontrer et qui, avec d’autres VTT, nous emmenait au bout de la Route vers Nulle Part. Nous avons marché dans la toundra vallonnée, scrutant chaque banc de neige et tous les habitats humides et sableux, mais nous n’y avons repéré ni phippsie des neiges ni phippsie arctique. Comment était-ce possible?

Comme il nous restait peu de temps, nous avons occupé le dernier jour à passer au peigne fin les rivages de la baie juste à l’est d’Apex, un village près d’Iqaluit. J’étais presque sûre d’y dénicher tout au moins de la phippsie arctique. Mais à mesure que nous avancions de plus en plus loin dans la baie, mes espoirs s’amenuisaient. Hélas, le temps était venu de retourner à Ottawa.

Une femme faisant une grimace.

Photo prise à notre retour à Apex, en sueur et les mains vides. Cet autoportrait s’intitule La botaniste la plus malheureuse du monde. Image : Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

Et maintenant? Probablement quelques longues nuits à s’arracher les yeux sur un microscope pour distinguer une graminée d’une autre. Heureusement, les spécimens empruntés à divers herbiers du monde commençaient à arriver. L’envoi de Svalbard, en Norvège, où la phippsie des neiges et la phippsie arctique sont morphologiquement distinctes sera un atout précieux.

Je vais séquencer plusieurs régions d’ADN de ces spécimens pour trouver des marqueurs génétiques pouvant être utilisés pour identifier les deux espèces de façon certaine. Je pourrai ensuite repérer ces marqueurs sur les spécimens que j’ai récoltés pendant mon voyage, ainsi que sur d’autres provenant d’Amérique du Nord et du Groenland.

Alors seulement pourrais-je répondre à la question « Où pousse donc la phippsie des neiges? ».

Feuilles de papier au sol couvertes de spécimens de plantes.

Collection de phippsies arctiques de notre voyage au Nunavut, pressées et prêtes à être étudiées au microscope. Les rangées contiennent, de gauche à droite, les spécimens d’Iqaluit, de Naujaat et d’Arviat. Image : Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

Texte traduit de l’anglais.

Publié dans Arctique, Plantes et algues, Recherche, Sur le terrain | Tagué , , , | 1 commentaire

Où pousse donc la phippsie des neiges? Partie 1

Une graminée est une graminée, n’est-ce pas?

En fait, les graminées font partie d’une famille comprenant plus de 12 000 espèces! En tant que botaniste en herbe, je risque d’en perdre mon latin!

Un diagramme.

Anatomie des inflorescences d’une graminée (l’inflorescence est la partie de la plante qui fleurit). L’élément de base de l’inflorescence est l’épillet (en rouge ici), qui contient un ou plusieurs fleurons (en bleu). Les principales parties sont les suivantes :
a) glume supérieure
b) glume inférieure
c) lemme
d) paléole
e) barbe
f) anthère
g) filet
h) stigmate
i) ovaire (qui mûrit dans le fruit appelé grain ou caryopse).
Image : Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

La famille des graminées, ou des poacées, se caractérise par des fleurs réduites et des feuilles simples linéaires. Ajoutez à cela une très forte tendance à l’hybridation, et vous obtenez de longues nuits à vous arracher les yeux au microscope pour distinguer une espèce d’une autre (j’exagère un peu, mais n’empêche…).

Quand on choisit de faire une maîtrise en botanique avec la spécialiste des graminées du Musée canadien de la nature Lynn Gillespie, Ph. D., on peut s’attendre à chausser ses bottes pour découvrir ces plantes sur le terrain.

Et me voici donc, en train d’étudier un petit genre composé de deux espèces : phippsie arctique (Phippsia algida) et phippsie des neiges (Phippsia concinna). Elles sont très étroitement apparentées. Il s’agit dans les deux cas de petites graminées pérennes touffues que l’on rencontre dans les endroits où la neige fond tard et dans les milieux sableux et humides. Elles se reproduisent principalement par autopollinisation; il existe donc peu de variation génétique pour distinguer les deux espèces.

Montage : Deux feuilles de papier sur lesquelles sont fixées des plantes séchées.

Planches d’herbier de la phippsie arctique (à gauche; Phippsia algida) et de la phippsie des neiges (à droite; Phippsia concinna) provenant de Svalbard, en Norvège. Pour distinguer les deux espèces, on regarde normalement la forme de l’inflorescence (partie fleurie) de la plante : étroite et dense chez la phippsie arctique et diffuse et ramifiée chez la phippsie des neiges. Image : Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

La phippsie arctique croît dans l’Arctique circumpolaire, mais compte des populations isolées dans les Rocheuses du Colorado, du Montana et du Wyoming, aux États-Unis.

La phippsie des neiges est bien documentée en Eurasie, mais sa présence au Groenland et en Amérique du Nord fait l’objet de débats depuis les années 1950. Où pousse donc la phippsie des neiges?

Pour répondre à cette question brûlante, je me suis jointe à une équipe de quatre botanistes pour entreprendre un voyage de 30 jours qui a comporté huit vols d’avion et de la recherche sur le terrain dans trois localités du Nunavut : Arviat, Naujaat et Iqaluit.

La chasse à mes deux graminées a commencé à Arviat, la collectivité la plus méridionale du Nunavut continental. Aucune de ces espèces n’avait auparavant été signalée dans cette localité, mais une collection de phippsies arctiques à environ 60 km plus au nord me donnait bon espoir.

Nous avons découvert la précieuse plante quelques jours seulement après notre arrivée. J’avoue que je n’avais aucune idée de ce que je tenais dans les mains malgré les semaines passées à examiner ces fameuses plantes au microscope.

Montage : Une main tenant un spécimen de plante; la même plante au sol.

Phippsie arctique d’Arviat. À gauche : Notre tout premier spécimen. Au milieu : 2e population, commune localement et dominante dans le sable humide. À droite : gros plan d’une inflorescence. Image : Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

La phippsie arctique d’Arviat était petite — environ de la taille d’une pièce de 2 $ ou à peine plus grande — ce qui surprend compte tenu de la latitude méridionale. Nous en avons collecté des spécimens de trois populations, toutes dans des habitats côtiers et sablonneux.

Une femme assise au sol.

En train de photographier la minuscule phippsie arctique sur le rivage sablonneux de la baie d’Hudson à Arviat. Image : Lynn Gillespie © Musée canadien de la nature

Lynn Gillespie et moi-même sommes ensuite parties pour le nord dans deux régions où on avait apparemment déjà récolté les deux espèces de phippsie.

Avons-nous fini par découvrir cette mystérieuse phippsie des neiges dans l’Arctique canadien? Vous le saurez en lisant la prochaine la deuxième partie de ce blogue.

Un panneau souhaitant la bienvenue à Naujaat en inuktitut, en français et en anglais, avec un hélicoptère et un édifice en arrière-plan.

L’aventure se poursuit à Naujaat. Image : Samantha Godfrey © Musée canadien de la nature

Publié dans Arctique, Plantes et algues, Recherche, Sur le terrain | Tagué , , , | 1 commentaire

Une visite des serres de Rideau Hall pour les botanistes du Musée

Le matin du 16 août 2016, un groupe de 14 chercheurs et bénévoles de l’équipe de botanique du Musée canadien de la nature ont participé à une visite guidée spéciale de Rideau Hall et de ses serres. Situé à Ottawa, Rideau Hall est la résidence principale du gouverneur général, Son Excellence le très honorable David Johnston, et de son épouse, Son Excellence Mme Sharon Johnston.
La visite a été organisée par Roger Bull, coordonnateur du Laboratoire de biodiversité moléculaire (laboratoire d’ADN) du Musée et membre de l’équipe de botanique qui étudie la diversité végétale dans l’Arctique canadien. Pendant ses études secondaires, Roger a travaillé pendant un été dans les serres de Rideau Hall.

Vue de l’édifice à travers des clôtures temporaires.

Rideau Hall subit actuellement des rénovations extérieures en préparation pour les célébrations de 2017 entourant le 150e anniversaire du Canada. Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

À l’intérieur de la résidence
Pendant la première partie de la visite, le groupe a parcouru les salles de bal et les salons de la résidence. On y trouve de nombreux magnifiques tableaux, dont des portraits de la reine Victoria, de la reine Elizabeth II et d’anciens gouverneurs généraux. On y trouve également d’intéressants tableaux de paysages et de l’art autochtone.

Une salle tapissée d’un papier peint comportant de larges rayures.

Le groupe à l’intérieur de la « Salle de la Tente », ainsi nommée parce qu’elle imite une tente extérieure. Une copie du portrait de la reine Victoria (à l’origine par l’artiste George Hayter) se trouve sur le mur du fond. On y trouve également des portraits d’anciens gouverneurs généraux, dont Lord Stanley, célèbre pour la Coupe Stanley (non montrés). Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Une salle ornementée, comportant de très hauts plafonds.

La principale salle de bal avec un portrait récent de la reine Elizabeth II. Les membres du cabinet du gouvernement sont assermentés ici. Le plafond est orné d’un lustre en cristal de Waterford de fabrication irlandaise muni de 12 000 pendeloques. Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Un homme pose près d’une peinture exposée sur un mur.

Joe Holmes avec un portrait de l’ancienne gouverneure générale Adrienne Clarkson, par l’artiste terre-neuvienne Mary Pratt. Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Dans les serres
La deuxième partie de la visite s’est déroulée à l’intérieur des serres du gouverneur général. Elles sont remplies de plantes de partout au Canada et d’ailleurs vivant dans un milieu contrôlé. Les serres sont administrées par la Commission de la capitale nationale (CCN). Un membre du personnel était présent pour discuter du fonctionnement et répondre aux questions.

Des gens se promenant dans une serre.

Intérieur de la serre du gouverneur général, avec de nombreuses plantes du Canada et d’ailleurs dans le monde. Certaines ont été soigneusement taillées pour représenter des formes intéressantes. Photo : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Des fougères en pot et dans une plate-bande.

Des fougères de Boston parmi d’autres plantes luxuriantes et des arbustes taillés. Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Des palmiers dans une serre.

Plus loin à l’intérieur de la serre, on trouve des palmiers. Il y a également un grand bol contenant des plantes aquatiques (non montré). Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Les terrains extérieurs
À l’extérieur, les membres du groupe ont parcouru l’arboretum où de nombreux dignitaires ont planté des arbres au fil des ans à l’occasion d’une visite à Ottawa. Au moment de la plantation, il s’agissait sans doute de chicots, mais ceux-ci sont devenus plutôt grands avec le temps.

Le tronc massif d’un arbre.

Cet arbre spécial, un chêne rouge, Quercus rubra, a été planté par le président John F. Kennedy il y a plus de 55 ans, le 16 mai 1961. On trouve également un arbre planté par sa femme Jacqueline Kennedy (non montré). Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Texte traduit de l’anglais.

Publié dans Histoire | Tagué , , | Laisser un commentaire

Comment ces moules se sont-elles rendues jusqu’à l’étang du Musée?

Vers 2005, Noel Alfonso, le coordonnateur du programme de surveillance environnementale du Musée canadien de la nature (PSE), avait déjà remarqué la présence de coquilles de moules autour de l’étang de l’édifice de la recherche et des collections du Musée à Gatineau, au Québec.

Ce n’est toutefois qu’en 2015 que ces grosses moules, appelées grandes anodontes, ont été officiellement recensées par les stagiaires du programme. Pendant deux étés consécutifs, nous avons fait des petits tours à l’étang à quelques semaines d’intervalle pour collecter les coquilles que les rats musqués avaient abandonnées sur les berges après s’en être régalé.

Cette collecte régulière et l’analyse des spécimens nous ont fourni une approximation de la population et de son âge.

Une coquille de moule vide, ouverte.

Grande anodonte, Pyganodon grandis, collectée sur les berges de l’étang du Campus du patrimoine naturel. Image : Carly Casey © Musée canadien de la nature

Comme l’étang du Campus du patrimoine naturel n’existait pas avant 1997, ces moules y sont apparues en un court lapse de temps compte tenu de l’âge de certains spécimens.

Cette découverte ne manque pas d’intérêt puisque, dans la collection du Musée, les spécimens de grandes anodontes, Pyganodon grandis, trouvées le plus près du Campus proviennent du lac des Fées dans le parc de la Gatineau.

Mais comment ces moules ont-elles bien pu se déplacer sur plusieurs kilomètres pour atteindre l’étang? Ce ne peut être une tâche facile pour ces animaux qui se traînent sur les fonds des lacs et des cours d’eau à l’aide de leur « pied extensible »!

Un étang entouré de végétation.

Cet étang se trouve sur le terrain du Campus du patrimoine naturel à Gatineau, au Québec, qui abrite les installations de recherche et de collections du Musée. Image : Carly Casey © Musée canadien de la nature

En fait, les moules se font aider! Les grandes anodontes libèrent dans l’eau des larves qui se fixent sur les branchies et les nageoires des poissons.

Une fois parvenues à l’état juvénile, les jeunes moules se détachent de leur hôte et s’installent sur le substrat où elles atteindront l’âge adulte.

La grande anodonte est une espèce généraliste, qui peut s’accommoder de faibles niveaux d’oxygène dissous et d’une variété de substrats. Et c’est la même chose pour le choix des poissons sur lesquels se fixent les larves.

Des 27 espèces hôtes potentielles, on en trouve cinq dans l’étang du Campus. Le scénario le plus probable est donc que les anodontes ont profité d’un transport gratuit sur certains de ces poissons.

De petits poissons nageant en eau peu profonde.

Des poissons nageant à contre-courant dans le fossé longeant le chemin Pink, sur lequel se trouve l’édifice de la recherche et des collections du Musée. Image : Geoffrey Carter © Musée canadien de la nature

Une excursion au lac des Fées nous a confirmé que les grands anodontes s’y trouvent encore. Mais même pour les poissons du lac des Fées, ce n’est pas une mince affaire de se rendre à l’étang.

Ils doivent d’abord monter le ruisseau Betty à contre-courant, puis prendre vers l’ouest, toujours contre le courant, dans le fossé du chemin Pink pour atteindre l’étang.

Ce fossé est en général inondé, mais il peut être difficile de naviguer en certains endroits surtout par un été sec comme celui qu’on vient de connaître.

La vidéo ci-desous vous montre un aperçu de ce parcours.

L’odyssée d’une larve de moule dans le fossé du chemin Pink

Une carte comportant des tracés de couleurs différentes.

Cette carte montre la route de colonisation la plus probable de la grande anodonte vers l’étang. Image : Geoffrey Carter © Musée canadien de la nature. Source : Esri, DigitalGlobe, GeoEye, Earthstar Geographics, CNES/Airbus DS, USDA, USGS, AEX, Getmapping, Aerogrid, IGN, IGP, swisstopo et les utilisateurs du SIG.

On peut estimer l’âge de ces moules assez facilement, un peu à la façon dont on compte les anneaux d’un arbre : une rayure foncée sur la coquille marque chaque saison de croissance.

Avec cette technique, on peut toutefois sous-estimer l’âge réel d’une moule de la moitié. Certains de nos spécimens pourraient donc avoir jusqu’à 20 ans. Ce qui signifie qu’il se serait écoulé très peu de temps entre la création de l’étang en 1997 et l’arrivée des premières moules.

Le tuyau d’un ponceau laissant passer un filet d’eau.

Un ponceau que les poissons auraient eu beaucoup de mal à franchir avec la sécheresse de cet été. Image : Carly Casey © Musée canadien de la nature

Tout un voyage ! On ne peut que s’émerveiller devant les efforts que déploient les poissons et les moules pour coloniser de nouveaux territoires.

Texte traduit de l’anglais.

Publié dans Animaux, Recherche, Sur le terrain | Tagué , , | Laisser un commentaire

Des diatomées canadiennes « royales » de l’étang de Rideau Hall, à Ottawa

Un homme posant devant une fontaine et un édifice.

Joe Holmes devant la résidence du gouverneur général. Le drapeau canadien flottant au sommet de l’édifice indique que le gouverneur se trouve à l’extérieur de la ville. Autrement, c’est l’étendard royal (pourpre avec un lion) qui s’y déploie.
Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

En tant que bénévole au Musée canadien de la nature, je participe depuis le printemps 2016 à un projet visant à collecter des échantillons de diatomées dans plus de 80 sites dans la région d’Ottawa.

Nous avons visité lacs, rivières, canaux et étangs pour y collecter des diatomées. Celles-ci ont ensuite été traitées, photographiées et ajoutées à la collection du Musée qui compte déjà quelque 120 000 échantillons.

La préparation des échantillons, l’identification des espèces et la saisie des données et des photos dans la base de données de phycologie du Musée sont en cours.

Visite de Rideau Hall, la résidence du gouverneur général

Dans le cadre de ce projet, nous avons collecté des diatomées dans d’intéressants sites de la ville. En juin, j’ai visité Rideau Hall, la résidence principale du gouverneur général, Son Excellence le très honorable David Johnston, et de son épouse, Son Excellence Mme Sharon Johnston.

Une porte ouverte dans une grille de fer forgé au bord d’une route.

À Rideau Hall, la porte sud de la rue MacKay offre un accès public au terrain.
Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Alors que je faisais le tour de la propriété (qui fait 31,6 hectares), j’ai appris d’un membre du personnel qu’il y avait un étang sur le terrain. Il se trouvait toutefois dans la section privée et il fallait une permission spéciale pour y accéder. Comme Rideau Hall est un endroit d’intérêt national, je suis allé de l’avant et j’ai demandé au centre des visiteurs l’autorisation de me rendre à l’étang pour y recueillir des diatomées.

Une diatomée vue au microscope.

Cette diatomée a été collectée à Rideau Hall. Il s’agit de Caloneis silicula (taille : 47 µm × 7 µm). Les diatomées sont des algues unicellulaires microscopiques qui ont une coquille de silice. Il en existe de nombreuses espèces qui arborent des tailles et des formes diverses. On les trouve dans les boues des lits de tous les plans d’eau. Situées au bas du réseau alimentaire, les diatomées convertissent la radiation solaire et le CO2 en oxygène. Elles constituent la principale source d’alimentation de petites créatures, qui transmettent l’énergie aux échelons supérieurs du réseau. Les scientifiques et les botanistes utilisent les diatomées pour étudier l’ADN, les changements climatiques, l’évolution, la qualité de l’eau et la salubrité de l’environnement.
Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Peu de temps après, on me proposait une visite de l’étang pour collecter mes échantillons de diatomées. En juillet, un aimable employé m’a escorté vers un étang en forme de fer à cheval situé dans un boisé appelé l’Érablière à sucre. Cela se trouve juste à l’ouest de l’endroit où l’on installe la patinoire extérieure chaque hiver. L’étang semble isolé, il est donc vraisemblablement alimenté par les eaux de pluie ou par la nappe phréatique.

Un étang.

L’étang de Rideau Hall, situé dans un boisé dans la section privée de la propriété.
Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Résultats de l’échantillonnage

De retour au laboratoire, j’ai traité les échantillons de boue et préparé des lamelles pour microscope. J’ai photographié les diatomées avec un appareil monté sur microscope optique avec grossissement allant jusqu’à 1600. Dans l’ensemble, nos résultats ont été très satisfaisants; certaines diatomées correspondaient même à des espèces que j’avais recueillies en Irlande et à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Ensemble de diatomées vues au microscope.

Certaines diatomées trouvées dans l’étang de Rideau Hall (1 µm = 1 micron = 1 millionième d’un mètre):
1. Diploneis ovalis (17 µm × 7 µm)
2. Gomphonema acuminatum (51 µm × 10 µm)
3. Gomphonema insigne (44 µm × 10 µm)
4. Pinnularia viridis (73 µm × 15 µm)
5. Rhopalodia gibba (65 µm × 7 µm)
6. Placoneis abiskoensis (44 µm × 10 µm)
7. Reimeria sinuata (36 µm × 7 µm)
8. Frustulia rhomboides (59 µm × 15 µm).
Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Comme le gouverneur général est le représentant de la reine Elizabeth II au Canada, les diatomées de Rideau Hall apporteront une « touche royale » à notre projet de diatomées d’Ottawa, qui englobe d’autres sites, notamment le canal Rideau, les rivières des Outaouais et Rideau, les lacs Mud et MacKay et la Mer bleue.

Notre projet bénéficiera aux étudiants et aux scientifiques du monde entier qui s’intéressent aux diatomées de la région d’Ottawa et de l’Amérique du Nord. Le Musée collabore souvent avec des étudiants de botanique de l’université Carleton, de l’Université d’Ottawa, ainsi que d’autres établissements qui étudient les diatomées.

Texte traduit de l’anglais.

Publié dans Plantes et algues, Recherche, Sur le terrain | Laisser un commentaire

Balayés par les vents : Plantes et lichens collectés à Arviat

« Comment c’était dans l’Arctique ? », me demande-t-on invariablement à mon retour de notre expédition estivale annuelle ? Et je réponds normalement : « amusant » « infesté d’insectes » et « merveilleux ». Arviat était tout cela et encore plus. Je devrais ajouter : « plat » et « sympathique » pour rendre un portrait exact de cet incroyable collectivité arctique située sur les rives de la baie d’Hudson.

Deux femmes assises en train de collecter des plantes de la toundra.

Ruth Kaviok et l’étudiante diplômée Sam Godfrey en train de collecter des plantes dans ce qui sera le futur parc territorial Nuvuk à Arviat, au Nunavut. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

De fait, un panneau sur la route de l’aéroport proclame qu’Arviat est le village le plus sympa de l’Arctique et nous avons effectivement été accueillis les bras ouverts ! Nous avons eu l’occasion de tisser des liens avec les habitants : des mots échangés sur le bord des sentiers, des repas partagés sur la toundra (et agrémentés par la bannique locale) et un atelier où les anciens nous ont fait part de leurs connaissances sur les plantes locales. Apprenant que des « spécialistes de plantes » passaient devant chez elle, une enseignante est sortie pour nous montrer sa collection de plantes pressées et séchées.

Lynn Gillespie tient une plante qu’elle a collectée d’une main tout en se penchant vers une table où se trouvent des documents.

Chef d’expédition, Lynn Gillespie, Ph. D., examine la collecte de la journée. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Et pour être « plate», la toundra autour d’Arviat l’est, beaucoup, extrêmement… ce qui laisse le champ libre aux vents furieux mais aussi aux couchers de soleil spectaculaires et qui permet de repérer les ours blancs de loin.

Gros plan d’une plante avec des baies rouges.

Que vous l’appeliez Atungaujat, Kimminait, airelle vigne d’Ida ou airelle rouge, les baies du Vaccinium vitis-idaea ont toutes ce petit goût piquant. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Travaillant sur le terrain avec Ruth Kaviok, notre assistante de terrain locale, et David Beamer, le coordonnateur régional des Parcs territoriaux et endroits spéciaux du Nunavut, notre équipe a collecté plus de 150 espèces de plantes vasculaires dans le futur parc territorial Nuvuk, et plus de 50 autres dans différents types d’habitats des environs d’Arviat.

Trois personnes se tenant en demi-cercle dans la toundra.

Le lichénologue du Musée Troy McMullin, Ph. D., discute des lichens du futur parc Nuvuk avec le coordonnateur régional des parcs du Nunavut David Beamer et l’étudiante diplômée Sam Godfrey. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Les lichens de Troy McMullen et la myriade de mousses et d’algues qui s’ajoutent à notre collection fournissent un portrait plus complet de la flore balayée par les vents (et donc de petite taille) d’Arviat.

Gros plan de deux espèces de lichens de la toundra.

Beaucoup de sites près du futur parc Nuvuk sont dominés par des lichens comme cette longue et sinueuse thamnolie vermiculaire (Thamnolia vermicularis) et cette flavocétraire nivéale de couleur jaune pâle (Flavocetraria nivalis). Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Bien que nous n’ayons pas découvert de plantes nouvelles au Nunavut (nous n’avons toutefois pas terminé de les identifier), nous avons trouvé beaucoup de plantes du Bas-Arctique que peu de membres de l’équipe avait collectées dans le passé, comme la pédiculaire parviflore (Pedicularis parviflora) et l’euphraise de Wettstein (Euphrasia wettsteinii).

Gros plan de la pédiculaire parviflore.

Plus de 200 espèces de plantes à fleurs dont la colorée pédiculaire parviflore (Pedicularis parviflora), croissent sur les rives occidentales de la baie d’Hudson. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Un chercheur accroupi sur un versant en train de collecter des fougères.

L’associé de recherche Geoff Levin, Ph. D., collecte des fougères sur un versant près d’Arviat. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Maintenant que nous sommes de retour à Ottawa et que nos presses sont rangées, nous allons finaliser l’identification de plus de 700 plantes collectées et préparer les spécimens afin qu’ils puissent être déposés dans l’Herbier national du Canada du Musée. Chaque spécimen est la preuve que cette plante poussait à Arviat en 2016 (données précieuses pour les futurs chercheurs); et pour moi, ce sera l’agréable souvenir d’un mois bien rempli.

Maisons d’Arviat au premier plan et coucher du soleil en arrière plan.

À plus de 500 km au sud du cercle arctique, Arviat a comblé notre équipe en lui offrant de nombreux couchers de soleil spectaculaires pendant cette expédition d’un mois. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Publié dans Arctique, Plantes et algues, Sur le terrain | Tagué , , , | Laisser un commentaire

Ressusciter les mammouths

Pour les enfants élevés dans la région d’Ottawa-Gatineau, le Musée canadien de la nature est un lieu privilégié pour les sorties scolaires ou en famille. Plusieurs conservent d’heureux souvenirs des galeries d’exposition et des salles d’atelier. La plupart de nos visiteurs réguliers peuvent citer des spécimens et des expositions qui les ont marqués. Pour beaucoup, les répliques de mammouths laineux arrivent en tête de liste. Postés sur le terrain du Musée, les sculptures grandeur nature de deux adultes et d’un bébé ravissent les visiteurs et les passants.

Trois sculptures de mammouths laineux sur les terrains du Musée.

Nos mammouths laineux (Mammuthus primigenius) se trouvent maintenant à l’entrée des nouveaux Jardins des paysages du Canada du Musée. Image: Scott Rufolo © Musée canadien de la nature.

 

J’ai présenté récemment l’exposition botanique de la steppe à mammouths qui entoure les trois sculptures maintenant situées dans les Jardins des paysages du Canada. Dans ce blogue, je m’intéresserai à l’histoire des répliques elles-mêmes, dont la réalisation se fonde sur de vrais fossiles mis au jour en Alaska, au Yukon et en Sibérie.

Conçues et réalisées dans les ateliers du Musée, ces statues ont été inaugurées en août 1987 à l’occasion du 12e congrès international de l’Union for Quaternary Research. Cet évènement avait été organisé à Ottawa par le Conseil national de recherches et deux autres organisations canadiennes.

Une photo des trois sculptures de mammouth datant de 1998.

Cette photo de 1998 montre les réplique à leur emplacement d’origine dans la cour ouest du Musée. Lorsqu’elles y ont été installées en 1987, une rangée d’arbres formait un décor évoquant une forêt préhistorique. On avait également planté des plantes caractéristiques de la steppe à mammouths sur la plateforme supportant les statues. Quand cette photo a été prise, les mammouths étaient déjà des vedettes du Musée. On en avait fait des répliques pour l’inauguration du Centre d’interprétation de la Béringie à Whitehorse au Yukon en 1997. Image: Doug Watson © Musée canadien de la nature

La réalisation des sculptures comporte trois étapes : la production de la maquette à l’échelle 1:12 en argile à modeler; la fabrication des modèles grandeur nature en bois, mousse et plâtre, à partir desquels on produit les moules; le coulage de la fibre de verre dans ces moules pour produire les œuvres à exposer.

Un homme assis sur une chaise regarde des documents posés sur une table.

Une étape initiale importante dans la réalisation des sculptures de mammouth est la création de maquettes à échelle réduite à partir de fossiles authentiques. Ici, le modéliste Doug Watson consulte les documents qui lui permettront de réaliser une maquette à l’échelle 1:12 de Dima, le bébé mammouth. Image: Rick Day © Musée canadien de la nature

C. Richard (Dick) Harington, alors chef de la division de paléobiologie et actuellement chercheur associé, a veillé à ce que les répliques soient non seulement de grandeur nature mais présentent une apparence réaliste de mammouths vivants. On a d’abord tracé des ébauches et des dessins détaillés à l’échelle en s’appuyant sur des spécimens fossiles et des descriptions issues d’articles scientifiques. Après seulement ont pu commencer les diverses étapes de fabrication illustrées par ces photos.

Trois photos illustrant les étapes de fabrication d’un modèle de mammouth.

À gauche : Pour faire la maquette à échelle réduite, il faut d’abord fabriquer un squelette miniature avec du fil de fer, de la mousse, du papier mâché et de la résine époxide. On voit ici la structure interne du mammouth mâle. Au centre : après avoir consulté un taxidermiste et un paléontologue du Musée pour estimer l’emplacement et la masse des muscles, Doug Watson a ensuite modeler le corps du mammouth avec de l’argile. À droite : le résultat final après avoir habillé le squelette du mammouth mâle de ses tissus mous. Reste maintenant le travail de surface. Images: Doug Watson © Musée canadien de la nature

Les sculptures sont des répliques d’authentiques fossiles, tels les restes momifiés d’un bébé mâle dont la carcasse gelée a été mise au jour en Sibérie. Les traits externes, comme la musculature, la fourrure, la trompe, etc., ont été modelés en consultation avec des paléontologues russes et britanniques. On s’est également servi d’études scientifiques publiées et de dessins rupestres de mammouths apparaissant dans les sites préhistoriques de la Dordogne en France.

À gauche : Doug Watson incisant finement la fourrure sur une maquette à l’échelle réduite (1:12). Image: Rick Day © Canadian Museum of Nature. À droite : La maquette du mammouth mâle avec son pelage laineux. À partir de cette maquette, on a réalisé un moule de silicone afin de produire des modèles dont on a tiré les sculptures grandeur nature. Image: Doug Watson © Musée canadien de la nature

Le moulage de résine du mammouth mâle.

Le moulage de résine de polyester du mammouth mâle prêt pour le changement d’échelle dans une grille tridimensionnelle. Les moulages ont été sectionnés verticalement en tranches. Chaque tranche a été agrandie sous forme d’un gabarit de contreplaqué. Image: Doug Watson © Musée canadien de la nature

Trois images, dont l’une présente gabarits en contreplaqué d’une version grandeur nature du mammouth et les deux autres montrent des gens en train d’ajouter la styromousse et de sculpter le plâtre du modèle de mammouth.

À gauche : Assemblage des gabarits de contreplaqué formant la structure du mammouth mâle grandeur nature. Une fois en place, les gabarits sont fixés et couverts de styromousse. Au milieu : Doug Watson (sur l’échelle) et Grant Laturnus façonnent le revêtement de styromousse du mammouth mâle. À droite : La dernière étape consiste à enduire la styromousse d’un composé à joint. Ici, Doug Watson (sur l’échafaudage) et Sandra Taylor sculptent les détails dans le plâtre. Une fois terminés, ces modèles servent à fabriquer les moules qui serviront à la production des répliques finales. Images: © Musée canadien de la nature

La création de répliques si exactes était une entreprise de taille à l’époque et représentait un exploit technique qui n’avait encore jamais été tenté au Canada.

Deux images des sculptures des mammouths mâle et femelle.

À gauche : La sculpture finale du mammouth mâle témoigne de l’attention portée aux détails; sa création s’est inspirée des squelettes de plusieurs mammouths mis au jour en Alaska. Ron Séguin, le taxidermiste et artiste qui a supervisé l’étape de la réalisation des modèles grandeur nature, continue de retoucher les sculptures lorsque le besoin se fait sentir. À droite : La fourrure qui vole au vent et la défense brisée de la femelle donnent une impression de mouvement et une touche de réalisme. Cette sculpture se base sur un squelette complet de mammouth découvert en 1967 au bord de la rivière Whitestone au Yukon par le paléontologue du Musée C. Richard Harington. La défense droite était brisée probablement parce que l’animal avait tenté de soulever quelque chose de trop lourd. Images: Scott Rufolo © Musée canadien de la nature

Sculpture du bébé mammouth et restes authentiques exposés en Russie.

À gauche : Le bébé mammouth a été sculpté sur le modèle de la momie gelée du bébé mammouth trouvé en 1977 sur les berges d’un tributaire du fleuve Kolyma en Sibérie. Surnommé Dima, ce jeune mâle avait environ 8 mois quand il est mort. Image: Scott Rufolo © Musée canadien de la nature. Les restes de Dima exposés au Musée de zoologie de l’Académie des sciences de Russie à Saint-Pétersbourg. Image: Andrew Butko © Andrew Butko (CC BY 3.0)

Les efforts visant à recréer la steppe à mammouths sur une grande échelle en Russie et les discussions au sein de la communauté scientifique concernant la possibilité de cloner un mammouth à partir du matériel génétique contenu dans les tissus gelés sont autant d’éléments laissant espérer que nous pourrions peut-être un jour admirer ces majestueuses bêtes dans leur habitat. En attendant, nos répliques continueront de procurer une agréable expérience aux visiteurs du Musée et aux prochaines générations de résidents de la région de la capitale nationale.

Texte traduit de l’anglais.

Publié dans Arctique, Collections, Expositions | Tagué , , | Laisser un commentaire

Que cache un nom? Une année de taxonomie au Musée canadien de la nature

La taxonomie est la principale activité du Centre de découverte et d’étude des espèces du Musée canadien de la nature. C’est la science de la découverte, de l’appellation et de la classification des espèces végétales, animales et minérales. En 2015, les scientifiques du Musée ont décrit 34 nouvelles espèces et plusieurs ont même prêté leur nom à certaines espèces.

Quatre photos sous-marines de colonies d’une lime géante.

Photos in situ de la lime géante Acesta cryptadelphe. Jean-Marc Gagnon, Ph. D., conservateur des invertébrés au Musée, a décrit cette nouvelle espèce découverte dans des canyons sous-marins au large de la côte Est du Canada. Image : © Pêches et Océans Canada

Les scientifiques du Musée découvrent de nouvelles espèces en étudiant les collections ou en menant des expéditions sur le terrain au Canada ou à l’étranger. Ils scrutent les différences morphologiques, moléculaires ou cristallographiques du spécimen en question avec les espèces connues pour savoir s’il s’agit d’une espèce nouvelle. Il s’agit d’un processus parfois laborieux, mais une fois que l’espèce est reconnue comme nouvelle, le plaisir commence : on doit donner à cette espèce un nom scientifique qui lui est propre.

Un homme collecte des insectes.

L’entomologiste du Musée, Bob Anderson, Ph. D., collectant des insectes au Guatemala. Il a découvert de nombreuses nouvelles espèces de charançons et il existe même une espèce qui porte son nom. Image Jose Monzon Sierra © Jose Monzon Sierra.

Généralement, on choisit un nom qui décrit un trait morphologique distinctif de l’espèce – par exemple grand (grandis), rouge (rufus) – ou d’autres caractéristiques qui les distinguent de leurs plus proches parents. Certains scientifiques font référence à la situation géographique de l’espèce dans le nom, comme canadensis, brasiliensis ou manitobaite.

D’autres, peut-être dans l’espoir d’attirer l’attention dans les médias sociaux et dans la culture Pop, donnent à des espèces de plantes ou d’animaux le nom de personnalités (réelles ou fictives), de musiciens, de politiciens, d’acteurs ou même de personnages de films célèbres (comme Agra schwarzeneggeri, Agra katewinsletae, Trigonopterus chewbacca, Scaptia beyonceae, Aegrotocatellus jaggeri, Agathidium bushi et Phthitia mulroneyi). Mais cela ne se produit pas avec les espèces minérales, car les règles internationales d’appellation des minéraux interdisent les références à la culture Pop. Ces directives très rigides ont pour but d’éviter les pressions commerciales.

Trois photos d’un poisson fossile.

Cumbaaichythes oxyrhynchus. Ce poisson fossile du Crétacé, qui représente un nouveau genre et une nouvelle espèce, est nommé en hommage au chercheur associé du Musée canadien de la nature Stephen L. Cumbaa. (Échelle graphique = 5 mm). Image : Alison M. Murray © Alison M. Murray

Enfin, et c‘est le propos de ce blogue, on peut nommer des espèces d’après des patronymes, ou nom de personnes. Ce peut être celui d’un enfant, d’un conjoint ou d’autres membres de la famille ou encore d’un ami, mais le plus souvent c’est le nom d’un collègue dont on veut reconnaître la contribution à la découverte et à la description de l’espèce en question, ou encore pour souligner sa carrière exceptionnelle.

Les scientifiques du Musée canadien de la nature ne font pas exception et ont été ainsi reconnus depuis longtemps. Cette dernière année, plusieurs d’entre eux ont prêté leur patronyme à des espèces.

Cumbaaichythes : Allison Murray, qui a été assistante de recherche au Musée, a nommé ce fossile de poisson – qui constitue non seulement une nouvelle espèce mais un nouveau genre – en hommage au scientifique à la retraite Stephen L. Cumbaa, pour « sa remarquable contribution aux connaissances sur l’ichtyofaune fossile du Canada ».

Poulinea : Ici aussi il s’agit d’un nouveau genre. Cette diatomée gomphonémoïde, qui vit sur les tortues marines, a été nommée par des collègues internationaux en hommage au scientifique du Musée Michel Poulin, qui a consacré sa carrière à l’étude des diatomées marines.

Un gros plan microscopique d’une diatomée marine.

Poulinea lepidochelicola, un nouveau genre et une nouvelle espèce de diatomée marine collectée sur la carapace d’une tortue olivâtre. Son nom rend hommage au scientifique du Musée Michel Poulin, qui a collecté et étudié des diatomées de l’Arctique et de l’Antarctique. (Échelle graphique = 10 µm)

Capoeta coadi et Alburnoides coadi : Deux nouvelles espèces nommées par des collègues iraniens pour honorer Brian W. Coad, scientifique en ichtyologie.

Cheirimedon hendrycksi : Une nouvelle espèce d’amphipode marin d’Australie auquel on a donné le nom d’Ed Hendrycks, assistant de recherche en invertébrés marins.

Caccobius genierorum, Korynetes genieri, Pedaria genierorum et Platydema genieri : Quatre nouvelles espèces de charançons nommées en hommage à François Génier, gestionnaire des collections d’insectes.

Wattius andersoni : Une nouvelle espèce de coléoptère de Cuba qui a reçu le nom de Robert Anderson, entomologiste au Musée.

Pandeleteius anneae : Une nouvelle espèce de charançon de l’ouest de l’Inde nommée en l’honneur de la chercheure associée Anne T. Howden.

Deux photos d’un charançon agrandi.

Gros plan d’un Pandeleteius anneae. Image : François Génier © Musée canadien de la nature.

Les minéralogistes du Musée Scott Ercit, Joel Grice et Robert Gault ont aussi des espèces minérales qui portent leur nom : ercitite, griceite et gaultite, respectivement. (On découvre moins souvent des espèces minérales que des espèces végétales ou animales. Par ailleurs, on utilise rarement des patronymes pour nommer des minéraux et quand on le fait c’est pour souligner des réalisations remarquables sur une longue carrière.)

Nous félicitons tous les membres du personnel du Musée qui ont ainsi eu l’honneur de prêter leur nom à une espèce. Mais celui qui remporte la palme est sans conteste Stewart B. Peck. Ce chercheur associé et son épouse Jarmila, une paléoentomologiste accomplie, totalisent à eux deux près de 110 espèces nommées en leur honneur. De fait, les Peck seraient les personnes encore en vie les plus reconnues, si l’on en juge par le nombre d’espèces portant leur patronyme.

Le personnel du Musée de la nature a décrit 34 nouvelles espèces en 2015 :

Acesta cryptadelphe, une nouvelle espèce de lime géante découverte dans les canyons et les fiords sous-marins au large de la côte Est du Canada, par Jean-Marc Gagnon, conservateur des invertébrés.

Ainoa bella et Trapelia stipitata, deux nouvelles espèces de lichens du sud-est de l’Amérique du Nord, par le chercheur associé à la retraite Irwin Brodo.

Alectoria sorediosa et Chaenotheca balsamconensis, deux nouvelles espèces de lichens de l’Amérique du Nord, par Troy McMullin, scientifique en botanique.

Mastogloia aegyptiaca, une nouvelle espèce de diatomée fossile de la mer Rouge, par Michel Poulin, scientifique en botanique.

Orchestomerus eismani, Pandeleteius anneae, Pandeleteius metallicus et Pereskiophaga brasiliensis, quatre nouvelles espèces de charançons, par le scientifique Robert Anderson.

Le chercheur associé Andrew B.T. Smith a décrit 10 nouvelles espèces de scarabées du genre Phyllophaga provenant de Cuba dans un article scientifique. Dans un autre, il a décrit 3 nouveaux genres et 11 nouvelles espèces de scarabées d’Amérique du Sud.

Pour sa part, Joel Grice, chercheur associé en minéralogie, a décrit l’hydroterskite, un nouveau minéral de St-Amable, au Québec, et l’hydroxylgugiaite, un nouveau minéral découvert en Norvège.

Une nouvelle espèce minérale vue au microscope

La nouvelle espèce minérale hydroxylgugiaite décrite par Joel Grice. Image : Joel Grice © Musée canadien de la nature.

Albertosuchus knudsenii, une nouvelle espèce de crocodilien de la fin du Crétacé, décrite par Xiao-Chun Wu, scientifique en paléobiologie.

Texte traduit de l’anglais.

Publié dans Collections, Découverte et étude des espèces, Recherche | Tagué , , , | Laisser un commentaire

À la recherche de moules perlières dans la rivière Rideau pendant les jours les plus chauds de l’été

Durant les jours les plus chauds de l’été, ma collègue Jacqueline Madill et moi-même avons mis notre équipement de plongée libre afin d’observer des moules d’eau douce indigènes (Unionidae) dans des rapides et des sites de forts courants de la rivière Rideau.

Un plongeur examine la rivière à travers un grand cadre qu’il tient dans l’eau.

Équipé d’un tuba, le scientifique André Martel, Ph.D., cherche des moules d’eau douce indigènes (de la famille des Unionidae) dans la rivière Rideau en Ontario. Il utilise pour l’échantillonnage un quadrat de 71 cm x 71 cm (0,5 m2). Image : Jacqueline Madill © Musée canadien de la nature

Entre 1999 et 2001, le Musée canadien de la nature a dirigé le Projet de biodiversité de la rivière Rideau qui a réuni une équipe pluridisciplinaire en collaboration avec des universités, des agences gouvernementales et autres. L’équipe des moules a sélectionné et décrit huit habitats propices aux moules indigènes entre Smiths Falls et Ottawa : Old Slys, Kilmarnock, Andrewsville, rapides Burritts, deux sites près de l’île de Manotick, Billings Bridge et la Côte-de-sable. Cet été, nous revisitons ces endroits.

Vue de la rivière Rideau.

Billings Bridge est reconnu comme un site privilégié pour les moules d’eau douce dans la rivière Rideau. Image : André Martel © Musée canadien de la nature

Cela soulève la question suivante : Puisque nous avons fait une recension en 1999 et 2000, pourquoi en faire une autre? Certains endroits étaient des hauts lieux de diversité et d’abondance de moules perlières indigènes, surtout dans les sites en amont qui n’ont pas subi les effets de l’invasion de la moule zébrée. Nos moules perlières indigènes représentent de bons indicateurs de la salubrité de l’environnement. En  2016, nous évaluerons la salubrité de la rivière Rideau en étudiant ces populations de mollusques et en faisant état des effets de l’invasion de la moule zébrée, et peut-être d’autres facteurs de stress, au cours des 16 dernières années.

Une moule dans la main d’une personne.

Une elliptio de l’Est vivante (Elliptio complanata, famille des Unionidae) dans la rivière Rideau à la hauteur du quartier Côte-de-Sable. Image : André Martel © Musée canadien de la nature


 
L’Amérique du Nord possède la faune de moules d’eau douce la plus riche au monde (300 espèces et sous-espèces). Au cours du siècle dernier, les populations de moules ont malheureusement décliné dans le monde entier. La pollution de l’eau, la dégradation des zones riveraines et humides, les retenues d’eau (barrages), l’envasement et les écoulements d’origine agricole, industrielle et urbaine sont autant de facteurs qui ont contribué au déclin des moules d’eau douce.

En Amérique du Nord, l’agent de stress le plus récent est l’introduction de la moule zébrée. Cette espèce envahissante est originaire de la région ponto-caspienne en Europe de l’Est et en Asie.

Un plongeur soulève des moules situées à l’intérieur d’un cadre posé au fond de la rivière.

Plongeant en apnée, André Martel soulève doucement les moules du lit de la rivière. Notez que les moules indigènes (famille des Unionidae) sont couvertes par de nombreuses moules zébrées (famille des Dreissenidae). Image : Jacqueline Madill © Musée canadien de la nature

La moule zébrée a eu des effets rapides depuis nos derniers sondages dans la rivière Rideau. En 2001, nous avions découvert que toutes les espèces de moules indigènes avaient disparu du secteur de la baie Mooneys de la rivière Rideau en une période de 8 ans (voir Martel et al, 2001). Alors que nos moules indigènes vivent partiellement enterrées dans les sédiments, la moule zébrée se fixe à n’importe quel objet dur : roches mais aussi coquilles des moules indigènes et conduites d’eau. Quand les moules zébrées s’attachent à nos moules perlières, ces dernières sont incapables de se déplacer librement pour manger le plancton et finissent par suffoquer.

Une coquille de moule indigène à moitié couverte de petites moules zébrées.

Cette coquille de moule indigène un peu érodée, trouvée dans la rivière Rideau à Manotick, est couverte de moules zébrées. Image : Jacqueline Madill © Musée canadien de la nature

Autrefois, le bassin de la rivière Rideau jouissait d’une faune de moules perlières abondante et diversifiée (plus de 12 espèces connues). Nous le savons grâce aux spécimens de moules déposés dans la collection nationale de mollusques du Musée ainsi que grâce à des collectes et des sondages effectués au cours des années 1980 et 1990. La rivière Rideau détenait probablement une des plus riches populations de moules perlières de l’Est de l’Ontario.

Une moule. Une flèche pointe vers des soies noires attachées à sa coquille.

Cette moule vivante appelée lasmigone cannelée (Lasmigona costata, famille des Unionidae) a été trouvée près de Manotick. La flèche montre les bysses noirs ou soies que la moule zébrée utilise pour se fixer à la coquille. Image : André Martel © Musée canadien de la nature

Seize ans se sont écoulés depuis notre dernière recension et nous nous demandons comment a évolué la situation de la rivière et ce qui est advenu de sa riche faune indigène de moules. À quoi nous attendons-nous? Nous espérons que certaines de ces populations ont résisté à l’invasion des moules zébrées. Comment le pourraient-elles?

Des études révèlent que certaines populations indigènes peuvent se tirer d’affaire dans les habitats peu propices à la moule zébrée, c’est-à-dire des zones d’eau peu profonde, de sédiments meubles où croissent des plantes aquatiques. Là, les moules indigènes peuvent s’enterrer complètement pendant de longues périodes et ainsi faire suffoquer les moules zébrées qui se sont fixées à leur coquille. Après s’être débarrassée de ses hôtes indésirables, la moule indigène peut retourner à sa vie normale.

Vue de la rivière Rideau.

La rivière Rideau à la hauteur du parc David Bartleltt, à Manotick. Il s’agit d’un autre endroit où on a trouvé précédemment des moules d’eau douce. Image : André Martel © Musée canadien de la nature

On ne pourra éradiquer la moule zébrée, mais on espère qu’il restera dans la rivière Rideau quelques refuges où des populations de moules perlières indigènes pourront prospérer.

Ne manquez pas notre prochain blogue où nous ferons état de nos découvertes.

Texte traduit de l’anglais.

Publié dans Animaux, Découverte et étude des espèces, Recherche, Sur le terrain | Tagué , | Laisser un commentaire