Comment ces moules se sont-elles rendues jusqu’à l’étang du Musée?

Vers 2005, Noel Alfonso, le coordonnateur du programme de surveillance environnementale du Musée canadien de la nature (PSE), avait déjà remarqué la présence de coquilles de moules autour de l’étang de l’édifice de la recherche et des collections du Musée à Gatineau, au Québec.

Ce n’est toutefois qu’en 2015 que ces grosses moules, appelées grandes anodontes, ont été officiellement recensées par les stagiaires du programme. Pendant deux étés consécutifs, nous avons fait des petits tours à l’étang à quelques semaines d’intervalle pour collecter les coquilles que les rats musqués avaient abandonnées sur les berges après s’en être régalé.

Cette collecte régulière et l’analyse des spécimens nous ont fourni une approximation de la population et de son âge.

Une coquille de moule vide, ouverte.

Grande anodonte, Pyganodon grandis, collectée sur les berges de l’étang du Campus du patrimoine naturel. Image : Carly Casey © Musée canadien de la nature

Comme l’étang du Campus du patrimoine naturel n’existait pas avant 1997, ces moules y sont apparues en un court lapse de temps compte tenu de l’âge de certains spécimens.

Cette découverte ne manque pas d’intérêt puisque, dans la collection du Musée, les spécimens de grandes anodontes, Pyganodon grandis, trouvées le plus près du Campus proviennent du lac des Fées dans le parc de la Gatineau.

Mais comment ces moules ont-elles bien pu se déplacer sur plusieurs kilomètres pour atteindre l’étang? Ce ne peut être une tâche facile pour ces animaux qui se traînent sur les fonds des lacs et des cours d’eau à l’aide de leur « pied extensible »!

Un étang entouré de végétation.

Cet étang se trouve sur le terrain du Campus du patrimoine naturel à Gatineau, au Québec, qui abrite les installations de recherche et de collections du Musée. Image : Carly Casey © Musée canadien de la nature

En fait, les moules se font aider! Les grandes anodontes libèrent dans l’eau des larves qui se fixent sur les branchies et les nageoires des poissons.

Une fois parvenues à l’état juvénile, les jeunes moules se détachent de leur hôte et s’installent sur le substrat où elles atteindront l’âge adulte.

La grande anodonte est une espèce généraliste, qui peut s’accommoder de faibles niveaux d’oxygène dissous et d’une variété de substrats. Et c’est la même chose pour le choix des poissons sur lesquels se fixent les larves.

Des 27 espèces hôtes potentielles, on en trouve cinq dans l’étang du Campus. Le scénario le plus probable est donc que les anodontes ont profité d’un transport gratuit sur certains de ces poissons.

De petits poissons nageant en eau peu profonde.

Des poissons nageant à contre-courant dans le fossé longeant le chemin Pink, sur lequel se trouve l’édifice de la recherche et des collections du Musée. Image : Geoffrey Carter © Musée canadien de la nature

Une excursion au lac des Fées nous a confirmé que les grands anodontes s’y trouvent encore. Mais même pour les poissons du lac des Fées, ce n’est pas une mince affaire de se rendre à l’étang.

Ils doivent d’abord monter le ruisseau Betty à contre-courant, puis prendre vers l’ouest, toujours contre le courant, dans le fossé du chemin Pink pour atteindre l’étang.

Ce fossé est en général inondé, mais il peut être difficile de naviguer en certains endroits surtout par un été sec comme celui qu’on vient de connaître.

La vidéo ci-desous vous montre un aperçu de ce parcours.

L’odyssée d’une larve de moule dans le fossé du chemin Pink

Une carte comportant des tracés de couleurs différentes.

Cette carte montre la route de colonisation la plus probable de la grande anodonte vers l’étang. Image : Geoffrey Carter © Musée canadien de la nature. Source : Esri, DigitalGlobe, GeoEye, Earthstar Geographics, CNES/Airbus DS, USDA, USGS, AEX, Getmapping, Aerogrid, IGN, IGP, swisstopo et les utilisateurs du SIG.

On peut estimer l’âge de ces moules assez facilement, un peu à la façon dont on compte les anneaux d’un arbre : une rayure foncée sur la coquille marque chaque saison de croissance.

Avec cette technique, on peut toutefois sous-estimer l’âge réel d’une moule de la moitié. Certains de nos spécimens pourraient donc avoir jusqu’à 20 ans. Ce qui signifie qu’il se serait écoulé très peu de temps entre la création de l’étang en 1997 et l’arrivée des premières moules.

Le tuyau d’un ponceau laissant passer un filet d’eau.

Un ponceau que les poissons auraient eu beaucoup de mal à franchir avec la sécheresse de cet été. Image : Carly Casey © Musée canadien de la nature

Tout un voyage ! On ne peut que s’émerveiller devant les efforts que déploient les poissons et les moules pour coloniser de nouveaux territoires.

Texte traduit de l’anglais.

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Des diatomées canadiennes « royales » de l’étang de Rideau Hall, à Ottawa

Un homme posant devant une fontaine et un édifice.

Joe Holmes devant la résidence du gouverneur général. Le drapeau canadien flottant au sommet de l’édifice indique que le gouverneur se trouve à l’extérieur de la ville. Autrement, c’est l’étendard royal (pourpre avec un lion) qui s’y déploie.
Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

En tant que bénévole au Musée canadien de la nature, je participe depuis le printemps 2016 à un projet visant à collecter des échantillons de diatomées dans plus de 80 sites dans la région d’Ottawa.

Nous avons visité lacs, rivières, canaux et étangs pour y collecter des diatomées. Celles-ci ont ensuite été traitées, photographiées et ajoutées à la collection du Musée qui compte déjà quelque 120 000 échantillons.

La préparation des échantillons, l’identification des espèces et la saisie des données et des photos dans la base de données de phycologie du Musée sont en cours.

Visite de Rideau Hall, la résidence du gouverneur général

Dans le cadre de ce projet, nous avons collecté des diatomées dans d’intéressants sites de la ville. En juin, j’ai visité Rideau Hall, la résidence principale du gouverneur général, Son Excellence le très honorable David Johnston, et de son épouse, Son Excellence Mme Sharon Johnston.

Une porte ouverte dans une grille de fer forgé au bord d’une route.

À Rideau Hall, la porte sud de la rue MacKay offre un accès public au terrain.
Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Alors que je faisais le tour de la propriété (qui fait 31,6 hectares), j’ai appris d’un membre du personnel qu’il y avait un étang sur le terrain. Il se trouvait toutefois dans la section privée et il fallait une permission spéciale pour y accéder. Comme Rideau Hall est un endroit d’intérêt national, je suis allé de l’avant et j’ai demandé au centre des visiteurs l’autorisation de me rendre à l’étang pour y recueillir des diatomées.

Une diatomée vue au microscope.

Cette diatomée a été collectée à Rideau Hall. Il s’agit de Caloneis silicula (taille : 47 µm × 7 µm). Les diatomées sont des algues unicellulaires microscopiques qui ont une coquille de silice. Il en existe de nombreuses espèces qui arborent des tailles et des formes diverses. On les trouve dans les boues des lits de tous les plans d’eau. Situées au bas du réseau alimentaire, les diatomées convertissent la radiation solaire et le CO2 en oxygène. Elles constituent la principale source d’alimentation de petites créatures, qui transmettent l’énergie aux échelons supérieurs du réseau. Les scientifiques et les botanistes utilisent les diatomées pour étudier l’ADN, les changements climatiques, l’évolution, la qualité de l’eau et la salubrité de l’environnement.
Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Peu de temps après, on me proposait une visite de l’étang pour collecter mes échantillons de diatomées. En juillet, un aimable employé m’a escorté vers un étang en forme de fer à cheval situé dans un boisé appelé l’Érablière à sucre. Cela se trouve juste à l’ouest de l’endroit où l’on installe la patinoire extérieure chaque hiver. L’étang semble isolé, il est donc vraisemblablement alimenté par les eaux de pluie ou par la nappe phréatique.

Un étang.

L’étang de Rideau Hall, situé dans un boisé dans la section privée de la propriété.
Image : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Résultats de l’échantillonnage

De retour au laboratoire, j’ai traité les échantillons de boue et préparé des lamelles pour microscope. J’ai photographié les diatomées avec un appareil monté sur microscope optique avec grossissement allant jusqu’à 1600. Dans l’ensemble, nos résultats ont été très satisfaisants; certaines diatomées correspondaient même à des espèces que j’avais recueillies en Irlande et à Vancouver, en Colombie-Britannique.

Ensemble de diatomées vues au microscope.

Certaines diatomées trouvées dans l’étang de Rideau Hall (1 µm = 1 micron = 1 millionième d’un mètre):
1. Diploneis ovalis (17 µm × 7 µm)
2. Gomphonema acuminatum (51 µm × 10 µm)
3. Gomphonema insigne (44 µm × 10 µm)
4. Pinnularia viridis (73 µm × 15 µm)
5. Rhopalodia gibba (65 µm × 7 µm)
6. Placoneis abiskoensis (44 µm × 10 µm)
7. Reimeria sinuata (36 µm × 7 µm)
8. Frustulia rhomboides (59 µm × 15 µm).
Images : Joe Holmes © Musée canadien de la nature

Comme le gouverneur général est le représentant de la reine Elizabeth II au Canada, les diatomées de Rideau Hall apporteront une « touche royale » à notre projet de diatomées d’Ottawa, qui englobe d’autres sites, notamment le canal Rideau, les rivières des Outaouais et Rideau, les lacs Mud et MacKay et la Mer bleue.

Notre projet bénéficiera aux étudiants et aux scientifiques du monde entier qui s’intéressent aux diatomées de la région d’Ottawa et de l’Amérique du Nord. Le Musée collabore souvent avec des étudiants de botanique de l’université Carleton, de l’Université d’Ottawa, ainsi que d’autres établissements qui étudient les diatomées.

Texte traduit de l’anglais.

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Balayés par les vents : Plantes et lichens collectés à Arviat

« Comment c’était dans l’Arctique ? », me demande-t-on invariablement à mon retour de notre expédition estivale annuelle ? Et je réponds normalement : « amusant » « infesté d’insectes » et « merveilleux ». Arviat était tout cela et encore plus. Je devrais ajouter : « plat » et « sympathique » pour rendre un portrait exact de cet incroyable collectivité arctique située sur les rives de la baie d’Hudson.

Deux femmes assises en train de collecter des plantes de la toundra.

Ruth Kaviok et l’étudiante diplômée Sam Godfrey en train de collecter des plantes dans ce qui sera le futur parc territorial Nuvuk à Arviat, au Nunavut. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

De fait, un panneau sur la route de l’aéroport proclame qu’Arviat est le village le plus sympa de l’Arctique et nous avons effectivement été accueillis les bras ouverts ! Nous avons eu l’occasion de tisser des liens avec les habitants : des mots échangés sur le bord des sentiers, des repas partagés sur la toundra (et agrémentés par la bannique locale) et un atelier où les anciens nous ont fait part de leurs connaissances sur les plantes locales. Apprenant que des « spécialistes de plantes » passaient devant chez elle, une enseignante est sortie pour nous montrer sa collection de plantes pressées et séchées.

Lynn Gillespie tient une plante qu’elle a collectée d’une main tout en se penchant vers une table où se trouvent des documents.

Chef d’expédition, Lynn Gillespie, Ph. D., examine la collecte de la journée. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Et pour être « plate», la toundra autour d’Arviat l’est, beaucoup, extrêmement… ce qui laisse le champ libre aux vents furieux mais aussi aux couchers de soleil spectaculaires et qui permet de repérer les ours blancs de loin.

Gros plan d’une plante avec des baies rouges.

Que vous l’appeliez Atungaujat, Kimminait, airelle vigne d’Ida ou airelle rouge, les baies du Vaccinium vitis-idaea ont toutes ce petit goût piquant. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Travaillant sur le terrain avec Ruth Kaviok, notre assistante de terrain locale, et David Beamer, le coordonnateur régional des Parcs territoriaux et endroits spéciaux du Nunavut, notre équipe a collecté plus de 150 espèces de plantes vasculaires dans le futur parc territorial Nuvuk, et plus de 50 autres dans différents types d’habitats des environs d’Arviat.

Trois personnes se tenant en demi-cercle dans la toundra.

Le lichénologue du Musée Troy McMullin, Ph. D., discute des lichens du futur parc Nuvuk avec le coordonnateur régional des parcs du Nunavut David Beamer et l’étudiante diplômée Sam Godfrey. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Les lichens de Troy McMullen et la myriade de mousses et d’algues qui s’ajoutent à notre collection fournissent un portrait plus complet de la flore balayée par les vents (et donc de petite taille) d’Arviat.

Gros plan de deux espèces de lichens de la toundra.

Beaucoup de sites près du futur parc Nuvuk sont dominés par des lichens comme cette longue et sinueuse thamnolie vermiculaire (Thamnolia vermicularis) et cette flavocétraire nivéale de couleur jaune pâle (Flavocetraria nivalis). Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Bien que nous n’ayons pas découvert de plantes nouvelles au Nunavut (nous n’avons toutefois pas terminé de les identifier), nous avons trouvé beaucoup de plantes du Bas-Arctique que peu de membres de l’équipe avait collectées dans le passé, comme la pédiculaire parviflore (Pedicularis parviflora) et l’euphraise de Wettstein (Euphrasia wettsteinii).

Gros plan de la pédiculaire parviflore.

Plus de 200 espèces de plantes à fleurs dont la colorée pédiculaire parviflore (Pedicularis parviflora), croissent sur les rives occidentales de la baie d’Hudson. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Un chercheur accroupi sur un versant en train de collecter des fougères.

L’associé de recherche Geoff Levin, Ph. D., collecte des fougères sur un versant près d’Arviat. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

Maintenant que nous sommes de retour à Ottawa et que nos presses sont rangées, nous allons finaliser l’identification de plus de 700 plantes collectées et préparer les spécimens afin qu’ils puissent être déposés dans l’Herbier national du Canada du Musée. Chaque spécimen est la preuve que cette plante poussait à Arviat en 2016 (données précieuses pour les futurs chercheurs); et pour moi, ce sera l’agréable souvenir d’un mois bien rempli.

Maisons d’Arviat au premier plan et coucher du soleil en arrière plan.

À plus de 500 km au sud du cercle arctique, Arviat a comblé notre équipe en lui offrant de nombreux couchers de soleil spectaculaires pendant cette expédition d’un mois. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature.

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Ressusciter les mammouths

Pour les enfants élevés dans la région d’Ottawa-Gatineau, le Musée canadien de la nature est un lieu privilégié pour les sorties scolaires ou en famille. Plusieurs conservent d’heureux souvenirs des galeries d’exposition et des salles d’atelier. La plupart de nos visiteurs réguliers peuvent citer des spécimens et des expositions qui les ont marqués. Pour beaucoup, les répliques de mammouths laineux arrivent en tête de liste. Postés sur le terrain du Musée, les sculptures grandeur nature de deux adultes et d’un bébé ravissent les visiteurs et les passants.

Trois sculptures de mammouths laineux sur les terrains du Musée.

Nos mammouths laineux (Mammuthus primigenius) se trouvent maintenant à l’entrée des nouveaux Jardins des paysages du Canada du Musée. Image: Scott Rufolo © Musée canadien de la nature.

 

J’ai présenté récemment l’exposition botanique de la steppe à mammouths qui entoure les trois sculptures maintenant situées dans les Jardins des paysages du Canada. Dans ce blogue, je m’intéresserai à l’histoire des répliques elles-mêmes, dont la réalisation se fonde sur de vrais fossiles mis au jour en Alaska, au Yukon et en Sibérie.

Conçues et réalisées dans les ateliers du Musée, ces statues ont été inaugurées en août 1987 à l’occasion du 12e congrès international de l’Union for Quaternary Research. Cet évènement avait été organisé à Ottawa par le Conseil national de recherches et deux autres organisations canadiennes.

Une photo des trois sculptures de mammouth datant de 1998.

Cette photo de 1998 montre les réplique à leur emplacement d’origine dans la cour ouest du Musée. Lorsqu’elles y ont été installées en 1987, une rangée d’arbres formait un décor évoquant une forêt préhistorique. On avait également planté des plantes caractéristiques de la steppe à mammouths sur la plateforme supportant les statues. Quand cette photo a été prise, les mammouths étaient déjà des vedettes du Musée. On en avait fait des répliques pour l’inauguration du Centre d’interprétation de la Béringie à Whitehorse au Yukon en 1997. Image: Doug Watson © Musée canadien de la nature

La réalisation des sculptures comporte trois étapes : la production de la maquette à l’échelle 1:12 en argile à modeler; la fabrication des modèles grandeur nature en bois, mousse et plâtre, à partir desquels on produit les moules; le coulage de la fibre de verre dans ces moules pour produire les œuvres à exposer.

Un homme assis sur une chaise regarde des documents posés sur une table.

Une étape initiale importante dans la réalisation des sculptures de mammouth est la création de maquettes à échelle réduite à partir de fossiles authentiques. Ici, le modéliste Doug Watson consulte les documents qui lui permettront de réaliser une maquette à l’échelle 1:12 de Dima, le bébé mammouth. Image: Rick Day © Musée canadien de la nature

C. Richard (Dick) Harington, alors chef de la division de paléobiologie et actuellement chercheur associé, a veillé à ce que les répliques soient non seulement de grandeur nature mais présentent une apparence réaliste de mammouths vivants. On a d’abord tracé des ébauches et des dessins détaillés à l’échelle en s’appuyant sur des spécimens fossiles et des descriptions issues d’articles scientifiques. Après seulement ont pu commencer les diverses étapes de fabrication illustrées par ces photos.

Trois photos illustrant les étapes de fabrication d’un modèle de mammouth.

À gauche : Pour faire la maquette à échelle réduite, il faut d’abord fabriquer un squelette miniature avec du fil de fer, de la mousse, du papier mâché et de la résine époxide. On voit ici la structure interne du mammouth mâle. Au centre : après avoir consulté un taxidermiste et un paléontologue du Musée pour estimer l’emplacement et la masse des muscles, Doug Watson a ensuite modeler le corps du mammouth avec de l’argile. À droite : le résultat final après avoir habillé le squelette du mammouth mâle de ses tissus mous. Reste maintenant le travail de surface. Images: Doug Watson © Musée canadien de la nature

Les sculptures sont des répliques d’authentiques fossiles, tels les restes momifiés d’un bébé mâle dont la carcasse gelée a été mise au jour en Sibérie. Les traits externes, comme la musculature, la fourrure, la trompe, etc., ont été modelés en consultation avec des paléontologues russes et britanniques. On s’est également servi d’études scientifiques publiées et de dessins rupestres de mammouths apparaissant dans les sites préhistoriques de la Dordogne en France.

À gauche : Doug Watson incisant finement la fourrure sur une maquette à l’échelle réduite (1:12). Image: Rick Day © Canadian Museum of Nature. À droite : La maquette du mammouth mâle avec son pelage laineux. À partir de cette maquette, on a réalisé un moule de silicone afin de produire des modèles dont on a tiré les sculptures grandeur nature. Image: Doug Watson © Musée canadien de la nature

Le moulage de résine du mammouth mâle.

Le moulage de résine de polyester du mammouth mâle prêt pour le changement d’échelle dans une grille tridimensionnelle. Les moulages ont été sectionnés verticalement en tranches. Chaque tranche a été agrandie sous forme d’un gabarit de contreplaqué. Image: Doug Watson © Musée canadien de la nature

Trois images, dont l’une présente gabarits en contreplaqué d’une version grandeur nature du mammouth et les deux autres montrent des gens en train d’ajouter la styromousse et de sculpter le plâtre du modèle de mammouth.

À gauche : Assemblage des gabarits de contreplaqué formant la structure du mammouth mâle grandeur nature. Une fois en place, les gabarits sont fixés et couverts de styromousse. Au milieu : Doug Watson (sur l’échelle) et Grant Laturnus façonnent le revêtement de styromousse du mammouth mâle. À droite : La dernière étape consiste à enduire la styromousse d’un composé à joint. Ici, Doug Watson (sur l’échafaudage) et Sandra Taylor sculptent les détails dans le plâtre. Une fois terminés, ces modèles servent à fabriquer les moules qui serviront à la production des répliques finales. Images: © Musée canadien de la nature

La création de répliques si exactes était une entreprise de taille à l’époque et représentait un exploit technique qui n’avait encore jamais été tenté au Canada.

Deux images des sculptures des mammouths mâle et femelle.

À gauche : La sculpture finale du mammouth mâle témoigne de l’attention portée aux détails; sa création s’est inspirée des squelettes de plusieurs mammouths mis au jour en Alaska. Ron Séguin, le taxidermiste et artiste qui a supervisé l’étape de la réalisation des modèles grandeur nature, continue de retoucher les sculptures lorsque le besoin se fait sentir. À droite : La fourrure qui vole au vent et la défense brisée de la femelle donnent une impression de mouvement et une touche de réalisme. Cette sculpture se base sur un squelette complet de mammouth découvert en 1967 au bord de la rivière Whitestone au Yukon par le paléontologue du Musée C. Richard Harington. La défense droite était brisée probablement parce que l’animal avait tenté de soulever quelque chose de trop lourd. Images: Scott Rufolo © Musée canadien de la nature

Sculpture du bébé mammouth et restes authentiques exposés en Russie.

À gauche : Le bébé mammouth a été sculpté sur le modèle de la momie gelée du bébé mammouth trouvé en 1977 sur les berges d’un tributaire du fleuve Kolyma en Sibérie. Surnommé Dima, ce jeune mâle avait environ 8 mois quand il est mort. Image: Scott Rufolo © Musée canadien de la nature. Les restes de Dima exposés au Musée de zoologie de l’Académie des sciences de Russie à Saint-Pétersbourg. Image: Andrew Butko © Andrew Butko (CC BY 3.0)

Les efforts visant à recréer la steppe à mammouths sur une grande échelle en Russie et les discussions au sein de la communauté scientifique concernant la possibilité de cloner un mammouth à partir du matériel génétique contenu dans les tissus gelés sont autant d’éléments laissant espérer que nous pourrions peut-être un jour admirer ces majestueuses bêtes dans leur habitat. En attendant, nos répliques continueront de procurer une agréable expérience aux visiteurs du Musée et aux prochaines générations de résidents de la région de la capitale nationale.

Texte traduit de l’anglais.

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Que cache un nom? Une année de taxonomie au Musée canadien de la nature

La taxonomie est la principale activité du Centre de découverte et d’étude des espèces du Musée canadien de la nature. C’est la science de la découverte, de l’appellation et de la classification des espèces végétales, animales et minérales. En 2015, les scientifiques du Musée ont décrit 34 nouvelles espèces et plusieurs ont même prêté leur nom à certaines espèces.

Quatre photos sous-marines de colonies d’une lime géante.

Photos in situ de la lime géante Acesta cryptadelphe. Jean-Marc Gagnon, Ph. D., conservateur des invertébrés au Musée, a décrit cette nouvelle espèce découverte dans des canyons sous-marins au large de la côte Est du Canada. Image : © Pêches et Océans Canada

Les scientifiques du Musée découvrent de nouvelles espèces en étudiant les collections ou en menant des expéditions sur le terrain au Canada ou à l’étranger. Ils scrutent les différences morphologiques, moléculaires ou cristallographiques du spécimen en question avec les espèces connues pour savoir s’il s’agit d’une espèce nouvelle. Il s’agit d’un processus parfois laborieux, mais une fois que l’espèce est reconnue comme nouvelle, le plaisir commence : on doit donner à cette espèce un nom scientifique qui lui est propre.

Un homme collecte des insectes.

L’entomologiste du Musée, Bob Anderson, Ph. D., collectant des insectes au Guatemala. Il a découvert de nombreuses nouvelles espèces de charançons et il existe même une espèce qui porte son nom. Image Jose Monzon Sierra © Jose Monzon Sierra.

Généralement, on choisit un nom qui décrit un trait morphologique distinctif de l’espèce – par exemple grand (grandis), rouge (rufus) – ou d’autres caractéristiques qui les distinguent de leurs plus proches parents. Certains scientifiques font référence à la situation géographique de l’espèce dans le nom, comme canadensis, brasiliensis ou manitobaite.

D’autres, peut-être dans l’espoir d’attirer l’attention dans les médias sociaux et dans la culture Pop, donnent à des espèces de plantes ou d’animaux le nom de personnalités (réelles ou fictives), de musiciens, de politiciens, d’acteurs ou même de personnages de films célèbres (comme Agra schwarzeneggeri, Agra katewinsletae, Trigonopterus chewbacca, Scaptia beyonceae, Aegrotocatellus jaggeri, Agathidium bushi et Phthitia mulroneyi). Mais cela ne se produit pas avec les espèces minérales, car les règles internationales d’appellation des minéraux interdisent les références à la culture Pop. Ces directives très rigides ont pour but d’éviter les pressions commerciales.

Trois photos d’un poisson fossile.

Cumbaaichythes oxyrhynchus. Ce poisson fossile du Crétacé, qui représente un nouveau genre et une nouvelle espèce, est nommé en hommage au chercheur associé du Musée canadien de la nature Stephen L. Cumbaa. (Échelle graphique = 5 mm). Image : Alison M. Murray © Alison M. Murray

Enfin, et c‘est le propos de ce blogue, on peut nommer des espèces d’après des patronymes, ou nom de personnes. Ce peut être celui d’un enfant, d’un conjoint ou d’autres membres de la famille ou encore d’un ami, mais le plus souvent c’est le nom d’un collègue dont on veut reconnaître la contribution à la découverte et à la description de l’espèce en question, ou encore pour souligner sa carrière exceptionnelle.

Les scientifiques du Musée canadien de la nature ne font pas exception et ont été ainsi reconnus depuis longtemps. Cette dernière année, plusieurs d’entre eux ont prêté leur patronyme à des espèces.

Cumbaaichythes : Allison Murray, qui a été assistante de recherche au Musée, a nommé ce fossile de poisson – qui constitue non seulement une nouvelle espèce mais un nouveau genre – en hommage au scientifique à la retraite Stephen L. Cumbaa, pour « sa remarquable contribution aux connaissances sur l’ichtyofaune fossile du Canada ».

Poulinea : Ici aussi il s’agit d’un nouveau genre. Cette diatomée gomphonémoïde, qui vit sur les tortues marines, a été nommée par des collègues internationaux en hommage au scientifique du Musée Michel Poulin, qui a consacré sa carrière à l’étude des diatomées marines.

Un gros plan microscopique d’une diatomée marine.

Poulinea lepidochelicola, un nouveau genre et une nouvelle espèce de diatomée marine collectée sur la carapace d’une tortue olivâtre. Son nom rend hommage au scientifique du Musée Michel Poulin, qui a collecté et étudié des diatomées de l’Arctique et de l’Antarctique. (Échelle graphique = 10 µm)

Capoeta coadi et Alburnoides coadi : Deux nouvelles espèces nommées par des collègues iraniens pour honorer Brian W. Coad, scientifique en ichtyologie.

Cheirimedon hendrycksi : Une nouvelle espèce d’amphipode marin d’Australie auquel on a donné le nom d’Ed Hendrycks, assistant de recherche en invertébrés marins.

Caccobius genierorum, Korynetes genieri, Pedaria genierorum et Platydema genieri : Quatre nouvelles espèces de charançons nommées en hommage à François Génier, gestionnaire des collections d’insectes.

Wattius andersoni : Une nouvelle espèce de coléoptère de Cuba qui a reçu le nom de Robert Anderson, entomologiste au Musée.

Pandeleteius anneae : Une nouvelle espèce de charançon de l’ouest de l’Inde nommée en l’honneur de la chercheure associée Anne T. Howden.

Deux photos d’un charançon agrandi.

Gros plan d’un Pandeleteius anneae. Image : François Génier © Musée canadien de la nature.

Les minéralogistes du Musée Scott Ercit, Joel Grice et Robert Gault ont aussi des espèces minérales qui portent leur nom : ercitite, griceite et gaultite, respectivement. (On découvre moins souvent des espèces minérales que des espèces végétales ou animales. Par ailleurs, on utilise rarement des patronymes pour nommer des minéraux et quand on le fait c’est pour souligner des réalisations remarquables sur une longue carrière.)

Nous félicitons tous les membres du personnel du Musée qui ont ainsi eu l’honneur de prêter leur nom à une espèce. Mais celui qui remporte la palme est sans conteste Stewart B. Peck. Ce chercheur associé et son épouse Jarmila, une paléoentomologiste accomplie, totalisent à eux deux près de 110 espèces nommées en leur honneur. De fait, les Peck seraient les personnes encore en vie les plus reconnues, si l’on en juge par le nombre d’espèces portant leur patronyme.

Le personnel du Musée de la nature a décrit 34 nouvelles espèces en 2015 :

Acesta cryptadelphe, une nouvelle espèce de lime géante découverte dans les canyons et les fiords sous-marins au large de la côte Est du Canada, par Jean-Marc Gagnon, conservateur des invertébrés.

Ainoa bella et Trapelia stipitata, deux nouvelles espèces de lichens du sud-est de l’Amérique du Nord, par le chercheur associé à la retraite Irwin Brodo.

Alectoria sorediosa et Chaenotheca balsamconensis, deux nouvelles espèces de lichens de l’Amérique du Nord, par Troy McMullin, scientifique en botanique.

Mastogloia aegyptiaca, une nouvelle espèce de diatomée fossile de la mer Rouge, par Michel Poulin, scientifique en botanique.

Orchestomerus eismani, Pandeleteius anneae, Pandeleteius metallicus et Pereskiophaga brasiliensis, quatre nouvelles espèces de charançons, par le scientifique Robert Anderson.

Le chercheur associé Andrew B.T. Smith a décrit 10 nouvelles espèces de scarabées du genre Phyllophaga provenant de Cuba dans un article scientifique. Dans un autre, il a décrit 3 nouveaux genres et 11 nouvelles espèces de scarabées d’Amérique du Sud.

Pour sa part, Joel Grice, chercheur associé en minéralogie, a décrit l’hydroterskite, un nouveau minéral de St-Amable, au Québec, et l’hydroxylgugiaite, un nouveau minéral découvert en Norvège.

Une nouvelle espèce minérale vue au microscope

La nouvelle espèce minérale hydroxylgugiaite décrite par Joel Grice. Image : Joel Grice © Musée canadien de la nature.

Albertosuchus knudsenii, une nouvelle espèce de crocodilien de la fin du Crétacé, décrite par Xiao-Chun Wu, scientifique en paléobiologie.

Texte traduit de l’anglais.

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À la recherche de moules perlières dans la rivière Rideau pendant les jours les plus chauds de l’été

Durant les jours les plus chauds de l’été, ma collègue Jacqueline Madill et moi-même avons mis notre équipement de plongée libre afin d’observer des moules d’eau douce indigènes (Unionidae) dans des rapides et des sites de forts courants de la rivière Rideau.

Un plongeur examine la rivière à travers un grand cadre qu’il tient dans l’eau.

Équipé d’un tuba, le scientifique André Martel, Ph.D., cherche des moules d’eau douce indigènes (de la famille des Unionidae) dans la rivière Rideau en Ontario. Il utilise pour l’échantillonnage un quadrat de 71 cm x 71 cm (0,5 m2). Image : Jacqueline Madill © Musée canadien de la nature

Entre 1999 et 2001, le Musée canadien de la nature a dirigé le Projet de biodiversité de la rivière Rideau qui a réuni une équipe pluridisciplinaire en collaboration avec des universités, des agences gouvernementales et autres. L’équipe des moules a sélectionné et décrit huit habitats propices aux moules indigènes entre Smiths Falls et Ottawa : Old Slys, Kilmarnock, Andrewsville, rapides Burritts, deux sites près de l’île de Manotick, Billings Bridge et la Côte-de-sable. Cet été, nous revisitons ces endroits.

Vue de la rivière Rideau.

Billings Bridge est reconnu comme un site privilégié pour les moules d’eau douce dans la rivière Rideau. Image : André Martel © Musée canadien de la nature

Cela soulève la question suivante : Puisque nous avons fait une recension en 1999 et 2000, pourquoi en faire une autre? Certains endroits étaient des hauts lieux de diversité et d’abondance de moules perlières indigènes, surtout dans les sites en amont qui n’ont pas subi les effets de l’invasion de la moule zébrée. Nos moules perlières indigènes représentent de bons indicateurs de la salubrité de l’environnement. En  2016, nous évaluerons la salubrité de la rivière Rideau en étudiant ces populations de mollusques et en faisant état des effets de l’invasion de la moule zébrée, et peut-être d’autres facteurs de stress, au cours des 16 dernières années.

Une moule dans la main d’une personne.

Une elliptio de l’Est vivante (Elliptio complanata, famille des Unionidae) dans la rivière Rideau à la hauteur du quartier Côte-de-Sable. Image : André Martel © Musée canadien de la nature


 
L’Amérique du Nord possède la faune de moules d’eau douce la plus riche au monde (300 espèces et sous-espèces). Au cours du siècle dernier, les populations de moules ont malheureusement décliné dans le monde entier. La pollution de l’eau, la dégradation des zones riveraines et humides, les retenues d’eau (barrages), l’envasement et les écoulements d’origine agricole, industrielle et urbaine sont autant de facteurs qui ont contribué au déclin des moules d’eau douce.

En Amérique du Nord, l’agent de stress le plus récent est l’introduction de la moule zébrée. Cette espèce envahissante est originaire de la région ponto-caspienne en Europe de l’Est et en Asie.

Un plongeur soulève des moules situées à l’intérieur d’un cadre posé au fond de la rivière.

Plongeant en apnée, André Martel soulève doucement les moules du lit de la rivière. Notez que les moules indigènes (famille des Unionidae) sont couvertes par de nombreuses moules zébrées (famille des Dreissenidae). Image : Jacqueline Madill © Musée canadien de la nature

La moule zébrée a eu des effets rapides depuis nos derniers sondages dans la rivière Rideau. En 2001, nous avions découvert que toutes les espèces de moules indigènes avaient disparu du secteur de la baie Mooneys de la rivière Rideau en une période de 8 ans (voir Martel et al, 2001). Alors que nos moules indigènes vivent partiellement enterrées dans les sédiments, la moule zébrée se fixe à n’importe quel objet dur : roches mais aussi coquilles des moules indigènes et conduites d’eau. Quand les moules zébrées s’attachent à nos moules perlières, ces dernières sont incapables de se déplacer librement pour manger le plancton et finissent par suffoquer.

Une coquille de moule indigène à moitié couverte de petites moules zébrées.

Cette coquille de moule indigène un peu érodée, trouvée dans la rivière Rideau à Manotick, est couverte de moules zébrées. Image : Jacqueline Madill © Musée canadien de la nature

Autrefois, le bassin de la rivière Rideau jouissait d’une faune de moules perlières abondante et diversifiée (plus de 12 espèces connues). Nous le savons grâce aux spécimens de moules déposés dans la collection nationale de mollusques du Musée ainsi que grâce à des collectes et des sondages effectués au cours des années 1980 et 1990. La rivière Rideau détenait probablement une des plus riches populations de moules perlières de l’Est de l’Ontario.

Une moule. Une flèche pointe vers des soies noires attachées à sa coquille.

Cette moule vivante appelée lasmigone cannelée (Lasmigona costata, famille des Unionidae) a été trouvée près de Manotick. La flèche montre les bysses noirs ou soies que la moule zébrée utilise pour se fixer à la coquille. Image : André Martel © Musée canadien de la nature

Seize ans se sont écoulés depuis notre dernière recension et nous nous demandons comment a évolué la situation de la rivière et ce qui est advenu de sa riche faune indigène de moules. À quoi nous attendons-nous? Nous espérons que certaines de ces populations ont résisté à l’invasion des moules zébrées. Comment le pourraient-elles?

Des études révèlent que certaines populations indigènes peuvent se tirer d’affaire dans les habitats peu propices à la moule zébrée, c’est-à-dire des zones d’eau peu profonde, de sédiments meubles où croissent des plantes aquatiques. Là, les moules indigènes peuvent s’enterrer complètement pendant de longues périodes et ainsi faire suffoquer les moules zébrées qui se sont fixées à leur coquille. Après s’être débarrassée de ses hôtes indésirables, la moule indigène peut retourner à sa vie normale.

Vue de la rivière Rideau.

La rivière Rideau à la hauteur du parc David Bartleltt, à Manotick. Il s’agit d’un autre endroit où on a trouvé précédemment des moules d’eau douce. Image : André Martel © Musée canadien de la nature

On ne pourra éradiquer la moule zébrée, mais on espère qu’il restera dans la rivière Rideau quelques refuges où des populations de moules perlières indigènes pourront prospérer.

Ne manquez pas notre prochain blogue où nous ferons état de nos découvertes.

Texte traduit de l’anglais.

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Bioblitz, un rendez-vous pour les passionnés de nature

Le samedi 11 juin à 10 h commence une autre fin de semaine Ontario Bioblitz (site en anglais) : les exposants montent leurs kiosques, les bénévoles procèdent à l’inscription et des affiches plantées sur le site attirent les participants passionnés de plantes, d’insectes, de poissons, de lichens et de toutes sortes de créatures.

Un regroupement de plusieurs dizaines de personnes debout.

Dans leur t-shirt bleu officiel, les participants au Bioblitz (réunis ici pour la cérémonie d’ouverture) sont facilement reconnaissables lorsqu’ils travaillent dans le bassin versant. Image : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature

Leur but cette année est de compter autant d’espèces que possible dans 10 sites du bassin de la rivière Credit – géré principalement par la Credit Valley Conservation (site en anglais) – en 24 heures.

Carte du bassin de la rivière.

Le bassin de la rivière s’étend de la région d’Orangeville jusqu’au lac Ontario, en passant par Mississauga. Image : © Ontario BioBlitz 2016

Ces fous de la nature étudiant avidement leurs cartes interrompaient volontiers leur travail pour accueillir les visiteurs. Même s’ils partageaient la même affiche qu’une horde de 50 botanistes s’intéressant aux fleurs, aux arbres et aux fougères, les quatre* membres de l’équipe des bryophytes (mousses et hépatiques) ont réussi à se rassembler.

Une pancarte sur laquelle il est écrit : Plantes & bryophytes.

Les affiches disséminées sur le site Bioblitz aident les naturalistes à trouver leur domaine d’intérêt. Image : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature

Puis ce fut le coup d’envoi : une mer de t-shirts bleus dominée par un essaim de caméras drones. Et puis les gens se sont éparpillés.

L’équipe des bryophytes, qui s’était approchée discrètement de l’auto pendant les discours, a quitté précipitamment le quartier général pour son premier site. Une fois qu’on est dans la nature, loin des autos, notre attention est tout entière accaparée par notre chasse et tout ralentit.

Un homme assis par terre écrit sur un sac de papier.

Allan Aubin, un bryologue de Simcoe, fait une inscription sur un sac de collecte juste quelques minutes après le lancement du blitz. Image : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature

Ceux qui étudient les mousses sont vivement critiqués pour leur lenteur, mais quand il pousse une dizaine d’espèces sur un seul morceau de bois, il est impossible de se déplacer vite tout en les remarquant tous (et si vous pensez que nous sommes lents, attendez de voir les lichénologues).

Nous avions une mission bien précise : il y a 60-120 ans, ce bassin de la Credit a abrité des espèces rares, selon les spécimens des collections comme l’Herbier national du Canada.

Collage de deux étiquettes identifiant des spécimens.

Deux étiquettes de nos spécimens d’herbier datant de 1892 (en haut) et de 1941 (en bas). Images : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature

La présence aujourd’hui de ces espèces rares peut nous renseigner énormément sur la façon dont leur écosystème réagit aux changements de paysages et aider les spécialistes de la conservation à mieux connaître les ressources qu’ils gèrent. Avec cela en tête, nous sommes très vigilants. Leanne Wallis, biologiste à la Credit Valley Conservation et membre de l’équipe des mousses du Bioblitz, nous a fourni des renseignements historiques (où les botanistes en provenance de Toronto pouvaient-ils bien descendre du train en 1941?), des listes d’espèces connues dans la région et une fourchette de sites prometteurs.

Une femme assise par terre dans la forêt.

Leanne Wallis, biologiste à la Credit Valley Conservation, connaît le bassin et ses espèces comme sa poche! Image : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature

L’échéance est le dimanche à midi ! Même à notre rythme ralenti, nous avons recueilli plus de 100 espèces de bryophytes et empaqueté des dizaines d’autres que nous devons examiner sous le microscope avant de les ajouter à notre liste. C’est le record du nombre d’espèces de bryophytes jamais comptées à un Bioblitz de l’Ontario, depuis ses débuts au bassin de la rivière Rouge, qui fera l’objet du prochain blitz en 2017.

Cinq personnes posent assises sur le bord ou les pieds dans une fontaine décorative.

Après le gros blitz, l’équipe des mousses composée (gauche à droite) de Leanne Wallis, Jennifer Doubt, David d’Entremont, Allan Aubin, Linda Ley et du biologiste de CVC David d’Entremont qui s’est joint à eux pour l’occasion, devant une fontaine avant de se séparer jusqu’à l’an prochain. Image : © Musée canadien de la nature

De concert avec des partenaires nationaux comme l’Alliance des musées d’histoire naturelle du Canada, le programme Ontario BioBlitz prévoit de lancer un réseau national Bioblitz en 2017 (site en anglais), à l’occasion du 150e anniversaire du Canada – dont l’un s’effectuera au Musée canadien de la nature. Restez à l’écoute pour en savoir plus !

*En 2013, nous avons atteint notre record de huit. On vous invite à vous joindre à nous … si vous pouvez suivre notre pas (de tortue) !

Texte traduit de l’anglais.

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À vos marques!

À titre d’adjointe administrative pour la Recherche et les collections dans le musée national d’histoire naturelle du Canada, je travaille avec un vaste groupe de collègues : scientifiques, adjoints à la recherche, conservateurs, directeurs de collection et techniciens. Mon travail n’est jamais ennuyeux. En fait, il me stimule et chaque jour j’apprends de nouvelles choses.

Il y a un certain temps, j’ai écrit un blogue à propos de mon aventure sur le terrain avec le conservateur adjoint en minéralogie. Cette fois-ci, je voulais partager mon aventure au champ de tir.

Un homme tire à la carabine en prenant appui sur une table.

Le scientifique Noel Alfonso s’exerce avec une carabine à levier de calibre 45/70. Alan McDonald, technicien des collections de paléontologie du Musée mais aussi notre officier de sécurité en matière d’armes à feu, se tient tout près. Image : Lory Beaudoin © Musée canadien de la nature

Qu’est-ce qu’une adjointe administrative du Musée canadien de la nature fabrique à un champ de tir? Eh quoi? Qu’est-ce qu’un groupe de scientifiques y fabrique? J’assimile des connaissances et de l’expérience de première main en vue du travail sur le terrain dans l’Arctique canadien. Cette année, notre équipe de botanique se rend à Arviat au Nunavut pendant quatre semaines pour recueillir des spécimens de plantes et en apprendre davantage sur la biodiversité de l’Arctique canadien. Ses études sur le terrain s’inscrivent dans le cadre d’un grand projet appelé Flore de l’Arctique canadien. Deux autres scientifiques se préparent pour l’Expédition arctique 2016 (site en anglais) de l’organisme Students on Ice.

Mis à part la paperasse interminable pour obtenir des permis de collecte dans l’Arctique, les préparatifs pour nourrir une équipe de 5, l’achat de matériel de terrain, les premiers soins et l’entraînement en milieu sauvage, il faut également se préparer au maniement sécuritaire des armes à feu. La connaissance des armes à feu est importante parce qu’en travaillant sur le terrain dans l’Arctique, les scientifiques s’introduisent dans le réseau alimentaire. Ils doivent donc être prêts à se protéger des ours blancs. Après avoir réussi un cours de maniement d’armes à feu et obtenu un permis de port d’arme de la GRC, il est indispensable de s’exercer au maniement adéquat d’une arme à feu.

Quatre hommes en rangée tirent à la carabine.

De gauche à droite : Mark Graham, Troy McMullin, Paul Sokoloff et Geoff Levin s’exercent au champ de tir. Image : Lory Beaudoin © Musée canadien de la nature

Me voilà donc un vendredi, par une chaude après-midi, conduisant jusqu’au champ de tir pour rejoindre mes collègues qui se préparent à cet aspect de leur travail sur le terrain. Je m’enregistre et on me remet des lunettes de sécurité et une protection pour les oreilles. Mon collègue et notre agent de sécurité, Alan McDonald, m’explique comment charger et décharger un fusil de chasse à pompe de calibre 12. « Le rouge signifie la mort », qui fait référence à un point rouge près de la gâchette, m’est resté en tête pour me rappeler à quel moment le cran de sûreté du fusil est engagé. Je m’exerce avec quelques rondes de grenaille (une sorte de munition), puis je passe aux balles, la munition utilisée pour se protéger des ours.

Des hommes examinent les cibles devant eux.

De gauche à droite : Kieran Shepherd, Mark Graham, Paul Sokoloff, Troy McMullin, Geoff Levin, Alan McDonald et Noel Alfonso vérifient les cibles après une ronde pour s’exercer. Image : Lory Beaudoin © Musée canadien de la nature

Ma visée semblait très défaillante. Je tirais trop haut, puis trop à gauche. Le fusil de chasse avait un puissant recul qui m’a rougi l’épaule, puis l’a laissée joliment tuméfiée. J’ai essayé la carabine à levier de calibre 45/70. C’est un autre choix de fusil populaire pour se défendre contre les ours. Elle avait moins de recul que le fusil de chasse. J’ai mis mon coude sur la table devant moi pour stabiliser mon bras et mieux viser. Après une ronde d’exercice, j’ai déposé le fusil avec la glissière ouverte et j’ai marché les 25 verges jusqu’à la cible. Elle n’avait pas la moindre marque! J’avais besoin de m’exercer, mais je me demandais si mon épaule survivrait.

Une cible de tir intacte.

Ma cible… sans la moindre marque 🙁. Image : Lory Beaudoin © Musée canadien de la nature

Quand j’ai signé le registre de sortie au champ de tir plus tard dans l’après-midi, je suis partie en sachant un peu mieux ce qui se passe au Service de la recherche et des collections du musée et comment il faut s’y prendre pour effectuer des recherches dans le vaste Grand Nord du Canada. J’ai une nouvelle admiration et un nouveau respect pour mes collègues.

Texte traduit de l’anglais.

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Le métabolisme d’un musée

Voici ma définition préférée d’un musée : un organisme qui ingère sans ne jamais excréter1. Cette métaphore biologique vient parfois souligner le fardeau des conservateurs et des gestionnaires de musée toujours à la recherche d’espace pour abriter leurs collections grandissantes. Mais elle ne raconte qu’une partie de l’histoire.

Bien sûr, tous les musées collectent des objets, mais ils font beaucoup plus que cela. Attardons-nous à certains principes de base des musées d’histoire naturelle. Chaque année, les scientifiques découvrent et décrivent quelque 15 000 espèces de plantes et d’animaux2 et une centaine de nouveaux minéraux3. En 2015, les scientifiques du Musée canadien de la nature ont décrit 34 nouvelles espèces.

Vue agrandie d’un cristal de arisite-(Ce).

Le cristal principal dans cette photo est un nouveau minéral, arisite-(Ce), provenant de Namibie (juin 2010). Il a été découvert par Paula Piilonen, Joel Grice, Ralph Rowe et Bob Gault. Le champ de visée est de 2 mm. La photo a été prise par William Lechner, coauteur de l’article décrivant le nouveau minéral. Vous pouvez lire l’article complet (en anglais). Image : William Lechner © William Lechner

Pour chaque découverte et chaque recherche, on choisit le spécimen qui sera le meilleur représentant de l’espèce, souvent le premier trouvé. C’est le spécimen-type. Pour qu’une nouvelle espèce soit acceptée comme telle par la communauté scientifique, il faut publier un article la décrivant dans une revue à comité de lecture et conserver le spécimen-type dans un musée.

En plus du spécimen-type soigneusement conservé, il existe souvent bien d’autres spécimens de la même espèce collectés au même moment et au même endroit. On offre souvent ces autres bons exemples de l’espèce à d’autres musées en vue de partager les connaissances et d’assurer la préservation des spécimens. En plus « d’ingérer » les essentiels spécimens-types, les musées d’histoire naturelle conservent donc d’autres spécimens sur lesquels se fondent des milliers de recherches scientifiques dans le monde entier.

Les collections d’histoire naturelle ne cessent de croître. Selon un sondage du Musée canadien de la nature, les 17 grands musées d’histoire naturelle au Canada ont accru leurs collections de 35 millions à près de 38 millions d’objets depuis 2014–2015.

Un homme fouille dans un tapis de feuilles mortes à l’aide d’une truelle.

Robert Anderson, entomologiste du Musée, a effectué récemment un voyage de recherche à Cuba. Il y a fouillé les couches de feuilles mortes à la recherche de coléoptères, et plus particulièrement de charançons, sa spécialité. Bob a découvert et décrit des dizaines de nouvelles espèces au cours de sa carrière. Image : Robert Anderson © Musée canadien de la nature

Le Musée canadien de la nature, qui faisait partie de ce sondage, a acquis 435 000 spécimens. Les données associées aux spécimens sont librement accessibles à la communauté scientifique.

Des spécimens qui voyagent

Si « l’ingestion » demeure leur activité principale, il arrive aussi que les musées « excrètent » des spécimens, mais en petit nombre et dans des conditions bien précises. Nos spécimens sont régulièrement utilisés par nos chercheurs, mais aussi par des dizaines de scientifiques et d’étudiants qui viennent les consulter sur place. Le Musée en prête aussi à d’autres établissements de recherche.

L’an dernier, nous avons accordé 38 prêts au Canada et 56 autres dans 12 pays. Un total de 5300 spécimens que le Musée avait ingérés ont ainsi pris la route pour servir à diverses études. La plupart d’entre eux nous reviendront.

Une femme manipule une feuille d’herbier sur une table.

La préparation d’un spécimen de botanique pour un prêt par Micheline Bouchard (aujourd’hui à la retraite), une activité courante à l’Herbier du Canada. Image : Jennifer Doubt © Musée canadien de la nature

Nous faisons tout ce que nous pouvons pour conserver nos collections le plus longtemps possible. Toutefois, pour en tirer des données qui s’ajouteront au corpus de connaissances sur le monde naturel, les chercheurs doivent parfois faire une utilisation destructrice de certains éléments.

Par exemple, nous utilisons souvent une minuscule partie d’un spécimen animal ou végétal à des fins d’analyse génétique, un outil précieux pour identifier et décrire des spécimens. Des morceaux d’autres tissus comme les os, les plumes, les écailles, des fragments de fossile servent aussi à déterminer l’âge, le taux de polluants et autres éléments qui nous fournissent des renseignements d’ordre écologique. Dans le cas des minéraux, on sacrifie souvent un fragment du spécimen pour en analyser la structure cristalline et la composition chimique.

Une femme assise à une table prélève un échantillon de plumes sur un spécimen d’Eider.

La bénévole du Musée Carol German prélève un échantillon de plumes sur un spécimen d’Eider pour une analyse des isotopes stables. Ce processus permet d’obtenir des données importantes, mais il entraîne la destruction de l’échantillon. Image : Michel Gosselin © Musée canadien de la nature

Bien que tous ces exemples ne correspondent pas vraiment à « l’excrétion » d’un modèle biologique, cela rend l’idée qu’un musée normal, dynamique et sain possède un métabolisme actif.

De nombreux exemples provenant de notre ingestion régulière de spécimens sont exposés à l’Édifice commémoratif Victoria. Y figure notre dernier repas : le dinosaure Judith, Spiclypeus shipporum. Vous pouvez obtenir des renseignements sur le reste de nos collections dans nature.ca sous l’onglet Recherche et collections.

1 Keene, S. 2005. Fragments of the World: Uses of Museum Collections. Oxford: Elsevier, Butterworth-Heinemann. (Notre traduction.)

2 Thomsons Reuters. (2016). Index to Organism Names (ION). Récupéré de la base de données Zoological Record. http://www.Organismnames.com/metrics.htm?pages=graphs

3 International Minerological Association. http://www.ima-mineralogy.org/Minlist.htm

Texte traduit de l’anglais.

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Expédition estivale dans l’Arctique canadien accessible

L’été, chacun a son rituel. Certains vont à la mer, d’autres se font bronzer sur leur terrasse. Notre équipe de botanistes, elle, mettra ses presse-plantes dans ses bagages et partira pour le Grand Nord comme elle l’avait fait en 2014 et en 2015, à la recherche de plantes arctiques.

Cette année, nous explorerons la collectivité d’Arviat (site en anglais), dont le leitmotiv touristique est « l’Arctique canadien accessible ». Et c’est finalement vrai : ce hameau de la baie d’Hudson est la localité continentale habitée la plus méridionale du Nunavut, à un court vol de Winnipeg.

Deux cartes. Une de l’Arctique et l’autre de la collectivité d’Arviat.

La collectivité d’Arviat se situe sur une petite péninsule de la côte occidentale de la baie d’Hudson (voir carte en médaillon). Le site proposé pour le parc territorial Nuvuk (approximativement dans le carré orange) occupe la moitié est de la péninsule. Image : © 2015, IBCAO, Landsat, Data SIO, NOAA, U.S. Navy, NGA, GEBCO; carte © 2015 Google (modifiée par P. Sokoloff)

Juste à côté d’Arviat se trouve l’aire proposée du futur parc territorial Nuvuk. Ce parc protègera une grande diversité d’habitats, comme des zones côtières, des étangs d’eau douce, une toundra arbustive, autant d’écosystèmes abritant un vaste éventail de plantes.

Cinq personnes sourient à la caméra.

L’équipe de terrain d’Arviat. De gauche à droite : Lynn Gillespie, Troy McMullin, Sam Godfrey, Geoff Levin et Paul Sokoloff. Image : Paul Sokoloff © Musée canadien de la nature

Cette année, l’équipe de terrain comprend la botaniste du Musée Lynn Gillespie, Ph. D., l’associé de recherche Geoff Levin, Ph. D., le lichénologiste Troy McMullin, Ph. D., l’étudiante de niveau supérieur Sam Godfrey, et moi-même. Nous projetons de cataloguer la diversité des plantes vasculaires et des lichens de Nuvuk afin de fournir aux gestionnaires du parc un inventaire exhaustif comme point de départ.

Un champ de fleurs blanches.

Les linaigrettes (Eriophorum sp.) se balancent au vent près d’Arviat, au Nunavut. Image : Mike Beauregard © Mike Beauregard (CC-BY-2.0)

Contrairement à la plupart des autres expéditions, nous logerons surtout dans la station de recherche de l’Institut de recherche du Nunavut (site en anglais) à l’extérieur d’Arviat. Cela nous donnera l’occasion de collaborer étroitement avec les autorités des parcs territoriaux et avec les membres de la collectivité. Nous aurons donc la chance inouïe d’échanger des connaissances avec les Nunavummiuts (le peuple du Nunavut).

Texte traduit de l’anglais.

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